Définir le mindset
Pour Raphaël Taurel, le mindset, ou état d’esprit, est bien plus qu’un simple concept de développement personnel. Il le définit comme l’ensemble des croyances et des expériences internes qui façonnent nos pensées, nos actions et, in fine, les résultats que nous obtenons dans notre business. Selon lui, la stratégie et le mindset ne sont pas deux domaines séparés, mais intimement liés, car toute action part de notre cerveau, avec ses conditionnements, ses peurs et ses insécurités. Travailler son mindset permet de s’attaquer à la racine des blocages plutôt que de simplement poser des pansements.
« Ça te permet de déraciner toutes les croyances qui t’empêchent d’avancer et de planter des graines qui sont beaucoup plus saines. »
Un levier pour grandir
Raphaël Taurel identifie trois raisons, pas toujours évidentes, pour lesquelles le mindset est indispensable aux entrepreneurs. D’abord, c’est la clé d’une vie épanouissante, car mieux se connaître permet de construire un business aligné avec ses forces et ses valeurs. Ensuite, c’est un accélérateur de résultats : en identifiant en amont sa vision et ses peurs, on évite de perdre du temps à tester des stratégies inadaptées. Enfin, il voit le travail sur soi comme un défi ludique et permanent, une exploration constante qui permet non seulement de grandir personnellement, mais aussi d’emmener ses propres clients plus loin.
« Tu ne peux emmener tes clients qu’aussi loin que tu es allé toi », souligne-t-il, résumant l’impact direct de son propre développement sur son accompagnement.
La concurrence, un bon signe
La première pépite de Raphaël Taurel concerne la concurrence, souvent perçue comme une menace paralysante par les entrepreneurs débutants. Il invite à changer de perspective : « Pas de concurrence égale pas de besoin ». Loin d’être un jeu à somme nulle où la part de l’un est prise à l’autre, le business est un jeu infini où le marché grandit pour tout le monde. La présence de concurrents est donc une validation qu’il existe une demande et un marché pour son offre. Le plus grand risque n’est pas la concurrence, mais de créer un service dont personne ne veut.
Il encourage même à générer des conversations avec ses concurrents pour co-construire, s’inspirer et créer des partenariats, citant sa propre rencontre avec Aline comme un exemple parfait.
Gagner sa vie, un acte altruiste
Le rapport à l’argent est un blocage majeur, surtout dans les métiers d’accompagnement. Raphaël Taurel déconstruit la croyance selon laquelle facturer cher serait malhonnête ou égoïste. Au contraire, sa deuxième punchline est que « bien gagner sa vie, c’est un des actes les plus altruistes qu’on puisse faire ». Il explique que pour servir les autres et avoir un impact durable, il est impératif de prendre soin de soi en premier. Un entrepreneur épuisé, démotivé ou qui a l’impression de se faire avoir ne peut aider personne efficacement.
Fixer des tarifs justes permet de se donner les moyens (temps, énergie, argent) de maximiser son impact, sans tomber en burn-out.
L’échec comme moteur
La troisième pépite s’attaque à la peur de l’échec, un héritage du système scolaire qui pénalise l’erreur. En entrepreneuriat, le paradigme est inversé : « Plus tu fais des erreurs, plus vite tu réussiras ». L’objectif, surtout au début, n’est pas de tout réussir du premier coup, mais de tenter, d’expérimenter et d’apprendre très vite. Les entrepreneurs qui réussissent sont ceux qui se sont « cassé la gueule » de nombreuses fois, ont appris de leurs erreurs et se sont améliorés rapidement. Le véritable danger n’est pas l’échec, mais la paralysie et l’inaction.
Il suggère de ne pas labelliser une expérience comme un « échec », mais comme une opportunité d’apprentissage pour faire mieux la prochaine fois.
S’autoriser à réussir
Pour trouver sa place et se différencier, une étape est fondamentale : se donner à soi-même le droit d’avoir du succès. Raphaël Taurel observe que beaucoup d’entrepreneurs sont freinés par un discours interne qui leur dit qu’ils ne méritent pas de réussir. Cette croyance mène à l’auto-sabotage, comme l’illustre l’exemple d’une de ses clientes qui a refusé une mission de rêve par peur de ne pas être à la hauteur. Il met en garde contre le fait d’externaliser sa propre validation, c’est-à-dire d’attendre un signe extérieur pour se sentir légitime.
« Ce droit, il n’y a que nous-mêmes qui pouvons nous le donner », insiste-t-il. C’est une décision interne qui est à la racine de toute action.
Le mythe du travail acharné
La dernière pépite est sans doute la plus percutante : mériter son succès n’a rien à voir avec la quantité de travail qu’on s’impose. Raphaël Taurel dénonce la croyance très répandue selon laquelle il faudrait « en chier » pour mériter de réussir. Si le succès est trop facile, il devient suspect. Cette idée pousse de nombreux entrepreneurs à surcomplexifier leurs actions, ce qui mène à la paralysie et à la procrastination. Il est possible de développer un business à la fois kiffant, aligné et rentable, sans s’épuiser.
Il invite à questionner ces injonctions, souvent héritées de notre éducation ou de la « hustle culture », pour choisir consciemment un mode de travail qui nous ressemble.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Aline, Raphaël Taurel, Gary Vee.
- Organisations et programmes : TheBBoost, BSB Académie.
- Lieux : New York, Madrid.
- Outils et plateformes : LinkedIn, Zoom, Instagram.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Raphaël Taurel, coach mindset de la BSB Académie.
- La rencontre entre Aline et Raphaël : un « coup de foudre professionnel » initié sur LinkedIn.
- Le parcours de Raphaël : 7 ans dans la publicité à New York avant de devenir coach certifié à Madrid.
- La définition du mindset : l’ensemble des croyances qui déterminent nos pensées et nos actions.
- Première raison de travailler son mindset : la connaissance de soi pour construire un business aligné.
- Deuxième raison : un accélérateur de résultats qui évite de tester des stratégies inadaptées.
- Troisième raison : un défi ludique et permanent pour grandir et mieux accompagner ses clients.
- Première pépite : « Pas de concurrence égale pas de besoin ». La concurrence valide l’existence d’un marché.
- Le business comme un jeu infini où tout le monde peut grandir, et non un gâteau à se partager.
- L’importance de créer du lien avec ses concurrents pour s’inspirer et collaborer.
- Deuxième pépite : « Bien gagner sa vie, c’est un des actes les plus altruistes qu’on puisse faire ».
- Déconstruire la croyance qu’il est malhonnête de facturer cher dans les métiers d’aide.
- L’analogie du masque à oxygène : on ne peut aider les autres si on est soi-même épuisé.
- L’histoire de l’investissement de Raphaël dans son premier coaching, et comment cela l’a poussé à réussir.
- Troisième pépite : « Plus tu fais des erreurs, plus vite tu réussiras ».
- Le vrai risque en entrepreneuriat n’est pas l’échec, mais la paralysie et l’inaction.
- Les trois questions à se poser après chaque action pour créer une boucle d’apprentissage.
- Comment les mots que l’on emploie créent notre réalité : ne pas labelliser une expérience comme un « échec ».
- Quatrième pépite : « Le premier pas vers ton succès, c’est de t’en donner le droit ».
- L’auto-sabotage comme conséquence du sentiment d’illégitimité.
- Le danger d’attendre une validation extérieure pour se lancer.
- Comment les blocages dans le business sont souvent le reflet de schémas présents dans d’autres sphères de la vie.
- Cinquième pépite : « Mériter son succès n’a rien à voir avec la quantité de travail qu’on s’impose ».
- Le mythe selon lequel un succès facile est suspect et non mérité.
- La tendance à surcomplexifier les choses par peur de la simplicité.
- L’influence de la « hustle culture » et des loyautés inconscientes envers notre éducation.
- Considérer son énergie comme un outil de travail à préserver.
FAQ
Qui est Raphaël Taurel ?
Raphaël Taurel est un coach certifié spécialisé en mindset pour les entrepreneurs. Après avoir travaillé pendant sept ans dans une agence de marketing et de publicité à New York, il s’est installé à Madrid, en Espagne. Il accompagne les solopreneurs à développer leur business en travaillant sur leurs croyances, leurs peurs et leur connaissance de soi. Il est également le coach mindset officiel de la BSB Académie, le programme de formation d’Aline.
Qu’est-ce que le mindset selon Raphaël Taurel ?
Selon Raphaël Taurel, le mindset est l’ensemble des croyances, des conditionnements et des expériences qui déterminent nos pensées quotidiennes, les actions qui en découlent et les résultats que nous obtenons. Pour lui, la stratégie business et le mindset sont indissociables, car toutes nos décisions partent de notre cerveau. Travailler son état d’esprit permet donc d’agir à la racine des blocages pour construire une entreprise plus saine et alignée.
Pourquoi la concurrence est-elle un bon signe pour un entrepreneur ?
Pour Raphaël Taurel, la présence de concurrents est un signe très positif car elle prouve qu’il existe un marché et une demande pour le type de service ou de produit que l’on propose. Il explique que le plus grand risque n’est pas d’avoir des concurrents, mais de créer une offre dont personne ne veut. Voir la concurrence comme une source d’inspiration et une opportunité de créer des partenariats est une approche plus constructive que de la percevoir comme une menace.
En quoi le fait de bien gagner sa vie peut-il être altruiste ?
Raphaël Taurel explique que bien gagner sa vie est un acte altruiste car cela permet de prendre soin de soi en premier, ce qui est une condition indispensable pour pouvoir aider les autres durablement. Un entrepreneur qui s’épuise avec des tarifs trop bas ne peut pas servir ses clients efficacement. Disposer de ressources financières, de temps et d’énergie permet au contraire de maximiser son impact positif sur le monde, sans tomber en burn-out.
Comment transformer la peur de l’échec en moteur de réussite ?
Pour transformer la peur de l’échec, il faut changer de perspective et considérer que chaque erreur est une opportunité d’apprentissage. Raphaël Taurel affirme qu’en entrepreneuriat, plus on fait d’erreurs, plus on apprend vite et donc, plus on réussit vite. Le véritable danger n’est pas l’échec, mais l’inaction causée par la peur de mal faire. En dédramatisant l’erreur et en l’analysant pour s’améliorer, on entre dans une boucle de progression continue.
