Une trilogie sous le signe du tarot
Le livre « L’arcane sans nom » vient clore une trilogie photographique conçue par Sabrina Biancuzzi. Le titre fait directement référence à la treizième carte du tarot, qui symbolise une rupture nécessaire, un besoin de « tout raser pour pouvoir imaginer quelque chose d’autre ». Ce projet fait suite à deux précédents ouvrages, « L’amoureux » et « Je suis le monde », qui correspondent eux aussi à des cartes majeures. L’ensemble forme une séquence symbolique : la rencontre, la naissance, puis la transformation. C’est un travail profondément personnel, que la photographe a entrepris alors qu’elle était enceinte de son deuxième enfant, une fille. Elle ressent alors le besoin de faire table rase de son histoire familiale pour ne pas la transmettre.
« Il fallait mettre au clair, il fallait faire table rase de toute cette histoire familiale pour s’en libérer, pour m’en libérer et pour libérer ma fille qui a naître. »
Enquête et libération
Pour réaliser ce livre, Sabrina Biancuzzi a mené une véritable enquête, interrogeant ses proches et reconstituant son arbre généalogique. Elle a ensuite collecté des boîtes entières de photographies de famille, des archives vernaculaires dans lesquelles elle s’est plongée de manière « frénétique et obsessionnelle ». L’œil collé au viseur de son appareil macro, elle a rephotographié ces images, entrant en dialogue avec le passé, rencontrant sa mère jeune, son parrain, sa grand-mère. Ce processus de réappropriation visuelle mêle les images d’archives recadrées à ses propres photographies contemporaines, brouillant les pistes entre hier et aujourd’hui. L’acte de créer ce livre devient alors un rituel, une forme de psychomagie inspirée de Jodorowsky, où le geste artistique permet de se libérer d’un karma familial pesant.
Ce voyage introspectif culmine dans une volonté de réécrire l’histoire, non seulement pour elle-même et sa fille, mais aussi pour ses ancêtres, en leur offrant symboliquement une autre vie à travers son œuvre.
Les références de l’épisode
- « L’arcane sans nom » de Sabrina Biancuzzi
- « L’amoureux » de Sabrina Biancuzzi
- « Je suis le monde » de Sabrina Biancuzzi
- Éditions Nonpareille
- Alejandro Jodorowsky
- Alfred Hitchcock
- Jean-Marie Donna
- Librairie La Comète
- Appareil photo Rolleiflex
Au fil de l’épisode
- Présentation du livre « L’arcane sans nom » à la librairie La Comète.
- Le titre du livre, une référence à la carte numéro 13 du tarot.
- L’ouvrage comme point final d’une trilogie photographique après « L’amoureux » et « Je suis le monde ».
- La genèse du projet pendant la grossesse de sa fille, un besoin de faire table rase du passé familial.
- Le travail d’enquête pour reconstituer son arbre généalogique.
- La collecte et l’exploration obsessionnelle des archives photographiques familiales.
- Le processus de re-photographier les images du passé pour y trouver des réponses.
- La narration qui naît du dialogue entre les images vernaculaires et ses photographies contemporaines.
- Le rôle de l’intuition dans la prise de vue et de l’éditing dans la construction du sens.
- L’acte photographique comme une démarche de psychomagie pour se libérer.
- Le rôle des acheteurs du livre, qui participent à un acte de psychomagie collectif.
- L’histoire de son oncle Albert et de sa femme, un couple uni par un amour absolu, une exception dans sa famille.
- Le symbolisme des ombres dans son travail, entre menace et nouveau départ.
- L’œuvre comme un cadeau pour sa fille, afin de la libérer d’un karma familial.
FAQ
Qui est Sabrina Biancuzzi ?
Sabrina Biancuzzi est une photographe dont le travail explore l’intime et la mémoire familiale. Comme elle l’explique dans cet épisode, elle utilise la photographie comme un outil d’enquête et de libération. À travers son dernier livre, « L’arcane sans nom », elle plonge dans ses archives personnelles pour questionner son héritage et réécrire son histoire, mêlant photographie vernaculaire, tarot et une approche qu’elle qualifie de psychomagie.
Qu’est-ce que « L’arcane sans nom » ?
« L’arcane sans nom » est un livre de la photographe Sabrina Biancuzzi, publié aux éditions Nonpareille. C’est le dernier volet d’une trilogie inspirée par le tarot, après « L’amoureux » et « Je suis le monde ». L’ouvrage est un voyage introspectif dans son histoire familiale, mêlant des photographies d’archives qu’elle a retravaillées et ses propres images contemporaines pour se libérer d’un passé pesant.
Pourquoi Sabrina Biancuzzi utilise-t-elle ses archives familiales ?
Sabrina Biancuzzi utilise ses archives familiales comme matière première pour une enquête personnelle et artistique. Son objectif est de comprendre une histoire familiale complexe, de « sortir les cadavres des placards » pour s’en affranchir. En rephotographiant ces images, elle se les réapproprie et cherche à briser un cycle de malheur pour elle-même et pour sa fille à naître, transformant un héritage lourd en une œuvre libératrice.
En quoi son travail est-il lié à la psychomagie ?
Le travail de Sabrina Biancuzzi est lié à la psychomagie par l’acte créatif lui-même. Pour elle, le fait d’enquêter sur son arbre généalogique, de rephotographier les images du passé et de créer un livre est un acte concret qui a un effet thérapeutique et symbolique. C’est une manière de réparer le passé et de transformer une souffrance en quelque chose de positif, un principe au cœur de la psychomagie popularisée par Jodorowsky.
