Wave Storia se consulte en mode portrait sur téléphone.
Merci de retourner votre appareil.

Proposer un podcast Produire mon podcast
Wave Storia

# 32 – Sarah Daninthe, championne du monde d’escrime – « Faire quelque chose d’extraordinaire » – 1/2

Sarah Daninthe est une escrimeuse française au palmarès exceptionnel : médaillée de bronze aux Jeux Olympiques de 2004 et double championne du monde par équipe. Mais au-delà de la technique de l'épée, c'est le mental et la stratégie d'une athlète de haut niveau qu'elle nous dévoile. Dans cet épisode, elle raconte comment, dès l'adolescence, elle a bâti un véritable « plan » pour atteindre son rêve de médaille olympique. Un récit sincère sur la discipline, la résilience face aux épreuves — blessures, maladies, décisions difficiles — et la force d'un objectif qui devient une évidence.

le plan pour faire quelque chose d'extraordinaire

Le plan, une évidence

Inspirée par une citation de Tony Robbins, « La seule limite à ton impact sur le monde est ton imagination et ton engagement », Sarah Daninthe raconte comment cette philosophie a guidé sa vie. Élevée en Guadeloupe par des parents qui lui ont appris que tout était possible à force de travail, elle a très tôt intégré cette puissance de la volonté. Pour elle, la motivation n’est pas un concept abstrait, mais le résultat d’un objectif si fort qu’il « fait partie de ton ADN ». Le déclic a lieu à 16 ans, aux Jeux Olympiques d’Atlanta, lorsqu’elle voit Laura Flessel, une proche qu’elle a connue enfant, devenir championne olympique. À cet instant, le rêve devient une certitude : « ce jour-là, je savais que j’allais être médaillée olympique. »

Ce n’est pas de la prétention, mais une prise de conscience. La possibilité étant prouvée, il ne restait plus qu’à construire le chemin pour y parvenir.

Construire son chemin

Loin de se laisser porter par le talent, Sarah Daninthe a mis en place un véritable plan stratégique, un processus qu’elle utilise encore aujourd’hui. Elle a commencé par décomposer son objectif ultime en étapes concrètes : se faire repérer par l’entraîneur national, intégrer l’équipe de France, étudier le jeu de ses concurrentes. Ce rétro-planning lui a permis de mesurer le chemin à parcourir et d’ajuster sa trajectoire. Mais ce parcours n’a pas été linéaire. Après avoir brillé en junior, elle décide de quitter le pôle de Bordeaux, sentant qu’elle n’y progressait plus. Une décision qui lui coûte cher : la fédération la menace de mettre un terme à sa carrière. « Si tu pars de Bordeaux, l’escrime pour toi maintenant, ça va être de l’escrime loisir. »

S’ensuit une période d’isolement et de grandes difficultés financières, une épreuve qui lui a permis de voir qui étaient ses vrais soutiens.

L’épreuve invisible

Quelques années plus tard, alors qu’elle est au sommet, sa carrière est de nouveau menacée, cette fois par la maladie. Après des mois de symptômes inexpliqués, on lui diagnostique une tumeur bénigne. Elle choisit de traverser cette épreuve seule, sans en parler à sa famille pour ne pas l’inquiéter. « Ça ne faisait pas partie du plan », confie-t-elle. Son combat le plus dur n’est pas tant contre la maladie que contre un système médical qu’elle décrit comme déshumanisé. Contre l’avis des médecins, qui lui déconseillent le sport de haut niveau, elle continue l’escrime, son exutoire, sa manière de « rester en vie ». Une décision qui lui a probablement coûté de nombreuses blessures par la suite, mais qu’elle ne regrette pas.

Cet épisode douloureux a renforcé sa détermination et sa capacité à surmonter les obstacles, même les plus intimes.

Le choix de la difficulté

La vocation de Sarah Daninthe pour l’escrime est née d’un curieux hasard. Destinée par sa mère à la danse classique, elle découvre ce sport grâce à son grand frère, qui l’emmène à l’un de ses cours un jour où sa professeure de danse est absente. C’est une révélation. Après un pacte avec sa mère, elle peut enfin s’y consacrer. Pourtant, l’escrime n’était pas son sport de prédilection. Excellente dans les sports collectifs comme le basket, elle choisit l’épée précisément parce que c’était plus difficile pour elle. « Si c’est trop facile, ça ne t’intéresse pas », explique-t-elle. Cette recherche permanente de défi et cette volonté de sortir de sa zone de confort sont au cœur de sa réussite.

C’est cette mentalité de guerrière, observée chez son frère et Laura Flessel, qui l’a attirée et qu’elle a faite sienne pour atteindre les sommets.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Tony Robbins, Seth Godin, Laura Flessel, Andre Agassi, Michael Jordan, Tina Turner, Didier Deschamps, Maureen Nizima, Agnalka Akira Lepico, Maître Stéphane Ribou.
  • Lieux : Guadeloupe, Bordeaux, Paris, Atlanta, Athènes.
  • Événements : Jeux Olympiques d’Atlanta (1996), Jeux Olympiques d’Athènes (2004), Championnats du monde d’escrime (2005, 2008).

Au fil de l’épisode

  • La citation de Tony Robbins qui guide sa philosophie de vie.
  • L’éducation de ses parents et la conviction que tout est possible avec du travail.
  • Le déclic à 16 ans en voyant Laura Flessel devenir championne olympique à Atlanta.
  • La mise en place d’un « plan » et d’un rétro-planning pour atteindre son objectif.
  • Sa décision de quitter le pôle de Bordeaux et le conflit avec la fédération.
  • La période d’isolement et de difficultés financières qui a suivi.
  • Son enfance en Guadeloupe et son désir précoce d’« aider les gens ».
  • Le diagnostic d’une tumeur et le choix de faire face à la maladie seule.
  • Son expérience difficile avec le corps médical et le manque d’empathie.
  • Pourquoi elle a continué l’escrime contre l’avis des médecins : un moyen de survivre.
  • Sa découverte de l’escrime par hasard, en séchant un cours de danse.
  • Le pacte passé avec sa mère pour pouvoir continuer ce sport.
  • Pourquoi elle a choisi l’escrime : c’était le sport où elle excellait le moins.
  • Le sentiment d’invincibilité de l’équipe de France en 2004-2005.
  • Ses deux plus grands moments sportifs : sa première Marseillaise et la médaille olympique.
  • La saveur particulière de la médaille olympique, aboutissement d’un rêve collectif.
  • L’accident de voiture qui a mis fin à sa carrière sportive.
  • La longue et douloureuse convalescence, et la difficulté de gérer un handicap invisible.
  • Le processus d’acceptation pour ne pas finir sa carrière sur un sentiment de colère.

FAQ

Qui est Sarah Daninthe ?

Sarah Daninthe est une escrimeuse française originaire de la Guadeloupe, spécialiste de l’épée. Son palmarès est remarquable : elle a été médaillée de bronze par équipe aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, et a remporté deux fois le titre de championne du monde, également par équipe, en 2005 et 2008. Elle est reconnue pour sa détermination et sa force mentale.

Comment Sarah Daninthe a-t-elle planifié sa réussite sportive ?

Dès l’âge de 16 ans, elle a conçu ce qu’elle appelle un « plan ». Après avoir vu Laura Flessel gagner aux JO, elle a compris que c’était possible. Elle a alors décomposé son objectif de médaille olympique en étapes précises : se faire repérer, intégrer l’équipe de France, analyser ses adversaires. Ce rétro-planning lui a permis de rester focalisée et de mesurer ses progrès constants.

Quels obstacles majeurs a-t-elle rencontrés dans sa carrière ?

Sarah Daninthe a fait face à plusieurs épreuves. Elle a dû surmonter un conflit avec sa fédération qui menaçait sa carrière, des difficultés financières importantes, mais aussi une tumeur bénigne qu’elle a affrontée seule. Enfin, un grave accident de voiture a mis un terme brutal à sa carrière, l’obligeant à un long processus de reconstruction physique et mentale.

Pourquoi la médaille olympique est-elle si spéciale pour elle ?

Pour Sarah Daninthe, la médaille olympique est bien plus qu’un titre. C’est l’aboutissement de quatre années de travail acharné où l’objectif fait corps avec l’athlète. Elle la décrit comme une récompense collective, partagée avec sa famille, ses amis et tous ceux qui l’ont soutenue. Le moment sur le podium est une émotion si forte et fugace qu’aucun mot ne peut la décrire.

Comment a-t-elle commencé l’escrime ?

Sa rencontre avec l’escrime est un heureux hasard. Enfant, sa mère voulait qu’elle fasse de la danse classique. Un mercredi, sa professeure de danse étant absente, son frère aîné, qui donnait des cours d’escrime, l’a emmenée avec lui. Elle a immédiatement été fascinée par ce sport et, après avoir convaincu sa mère, n’a plus jamais quitté les pistes.

Épisodes similaires
Illustration de l'épisode sur le syndrome du sauveur au travail, avec Pauline Laigneau.
Le Podcast de Pauline Laigneau Comment arrêter d’aider tout le monde (et enfin se faire respecter) ? #Leçon252
Vous en faites toujours trop au travail ? Apprenez à dire non, à clarifier votre rôle et à vous recentrer sur vos vraies priorités.
4 août 2026 · 33 min
Écouter l'épisode
Portrait de Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, pour sa conversation sur la résilience et la psychologie
Le Podcast de Pauline Laigneau Traumatismes, confiance en soi, pervers narcissiques : Boris Cyrulnik répond aux grandes questions de la psychologie #220
Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, se livre sur la résilience, les traumatismes et les pervers narcissiques. Un épisode essentiel.
2 août 2026 · 1 h 21
Épisode 220
Écouter l'épisode
Que souhaitez-vous écouter maintenant ?
Choisissez un mot-clé, appuyez sur Entrée pour parcourir les épisodes.