Une éducation à dire oui
Aline raconte son histoire personnelle avec le « non », ou plutôt son absence. Élevée pour être la « gentille fille », aînée d’une fratrie de quatre, elle a été conditionnée à toujours dire oui, à faire passer les autres avant elle et à considérer le sacrifice comme une vertu. Cette programmation, si elle a paradoxalement contribué au succès rapide de son entreprise TheBBoost par un don de soi total, l’a aussi menée à l’épuisement et à un respect d’elle-même parfois malmené. Elle cite l’humoriste Josh Billings pour illustrer son propos : « La moitié des problèmes de votre vie proviennent du fait d’avoir dit oui trop vite et non trop tard. »
Le véritable déclic survient lors d’un événement professionnel début 2025. Invitée à une table ronde, elle se sent profondément rabaissée par un nouvel intervenant et, paralysée, n’ose pas exprimer son désaccord. Cette incapacité à poser ses limites sur le moment la pousse à annuler sa participation et, surtout, à entamer un travail de fond avec une coach en leadership pour développer son assertivité.
Le non comme outil stratégique
Ce cheminement personnel passe par une reconnexion profonde à elle-même : identifier ses valeurs, ses besoins et ses limites non négociables. Aline explique avoir dû réapprendre à écouter les signaux de son corps, qui sait souvent avant la tête ce qui n’est pas acceptable. « Si ta tête dit que c’est OK et que ton corps te dit que c’est pas OK, il faut l’écouter », résume-t-elle. Cette nouvelle connaissance de soi lui permet de comprendre que le « non » n’est pas qu’une affaire de bien-être, mais une compétence business fondamentale. Sa formule est simple : « Chaque oui remplit », que ce soit en travail ou en charge mentale, tandis que « chaque non libère » de l’espace, du temps et de l’énergie.
Pour rendre ce concept actionnable, elle partage une méthode concrète pour formuler un refus de manière constructive, en trois étapes : commencer par l’empathie envers son interlocuteur, énoncer un non clair, puis proposer une alternative. Cette technique permet de protéger ses propres ressources tout en préservant la relation professionnelle, transformant un acte de refus en une affirmation de ses priorités stratégiques.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Josh Billings, Guillaume Declair, Robert Cialdini.
- Entreprises et organismes : TheBBoost, Caisse des dépôts, CPF, URSAF, Apple Podcast, Spotify, TikTok, Instagram.
- Œuvres : le livre « La 25e heure » de Guillaume Declair, le livre « Influence et persuasion » de Robert Cialdini, le podcast « Je peux pas, j’ai business ».
- Concepts : les standards Calliope.
Au fil de l’épisode
- La citation de Josh Billings sur le fait de dire oui trop vite et non trop tard.
- 4:05 — L’histoire personnelle d’Aline avec le « non » et le « stop », marquée par son éducation.
- Le revers de la médaille : comment le fait de toujours dire « oui » a aussi contribué au succès de TheBBoost.
- 6:20 — Comment Aline a appris à dire « non » et « stop », suite à plusieurs prises de conscience.
- La citation marquante vue sur TikTok : « la manière dont tu te traites enseigne aux autres comment te traiter ».
- L’anecdote de la table ronde sur la formation professionnelle qui a servi de déclic.
- La décision d’annuler sa participation et la culpabilité ressentie.
- 12:41 — Le travail de fond pour réapprendre à se connaître : valeurs, besoins et limites non négociables.
- 15:26 — L’importance de se reconnecter à ses émotions et aux ressentis de son corps.
- 19:07 — Le bilan après six mois d’accompagnement en coaching sur l’assertivité.
- 19:52 — L’impact des « oui » et des « non » dans le business : chaque « oui » remplit, chaque « non » libère.
- Les bonnes et les mauvaises raisons de dire « oui » (saisir une opportunité vs agir par peur).
- Les bonnes et les mauvaises raisons de dire « non » (protéger ses priorités vs avoir peur de ne pas être à la hauteur).
- 24:38 — La méthode en trois étapes pour formuler un « non » de manière constructive : empathie, non, alternative.
- La différence entre dire « non » (refuser un nouvel engagement) et dire « stop » (revenir sur un engagement pris).
- Comment formuler un « stop » en s’appuyant sur un changement factuel dans la situation.
- 32:21 — Les trois grandes leçons à retenir de l’épisode.
FAQ
Pourquoi est-il si difficile de dire non pour un entrepreneur ?
Selon l’épisode, la difficulté à dire non vient souvent de peurs profondes et de conditionnements. Cela peut être la peur de décevoir, de rater une opportunité, de blesser l’autre ou de manquer d’argent. Pour Aline, son éducation l’avait poussée à toujours vouloir être la « gentille fille ». Ces croyances nous font dire « oui » à des choses qui nous épuisent ou nous détournent de nos véritables priorités, au détriment de notre bien-être et de notre entreprise.
En quoi savoir dire non est-il une compétence stratégique en business ?
Savoir dire non est stratégique car chaque « oui » consomme des ressources (temps, énergie, charge mentale) alors que chaque « non » en libère. Dire non permet de se concentrer sur les opportunités réellement alignées avec ses objectifs, de protéger sa productivité et d’éviter l’épuisement. C’est un outil essentiel pour poser ses limites, faire respecter sa valeur et construire un business durable, rentable et en accord avec soi-même, plutôt que de subir son agenda.
Comment dire non de manière professionnelle et constructive ?
Aline propose une méthode simple en trois étapes. D’abord, faire preuve d’empathie en reconnaissant le besoin de son interlocuteur (« Je comprends votre demande… »). Ensuite, formuler un non clair et direct, sans fausse excuse. Enfin, proposer une alternative ou une autre solution lorsque c’est possible. Cette approche permet de refuser fermement une demande tout en préservant la relation et en montrant une posture proactive et professionnelle.
Quelle est la différence entre dire non et dire stop ?
Dire « non » s’applique à une nouvelle demande, avant tout engagement. C’est poser une limite initiale. Dire « stop », c’est revenir sur un « oui » déjà donné et mettre fin à un engagement en cours. C’est une démarche souvent plus difficile, car elle peut générer un fort sentiment de culpabilité et l’impression de trahir sa parole. Pour dire « stop », Aline conseille de s’appuyer sur des éléments factuels, comme un changement dans les conditions initiales du projet.
Quel a été le déclic pour qu’Aline apprenne à dire non ?
Le principal déclic a été une expérience vécue lors de la préparation d’une table ronde professionnelle. Un nouvel intervenant a tenu des propos qu’elle a jugés rabaissants envers elle et son secteur. Sur le moment, elle n’a pas su réagir pour défendre sa position. Cette incapacité à poser ses limites l’a profondément marquée et l’a convaincue de la nécessité d’entreprendre un travail sur son assertivité avec l’aide d’une coach pour ne plus jamais se retrouver dans une telle situation.
