Un parcours balisé, une quête intérieure
Séverine raconte un cheminement qui semble d’abord tout tracé. Marquée enfant par la signature d’une charte du développement durable, elle s’oriente vers des études en sciences économiques puis en communication et marketing, toujours avec cette fibre environnementale. Elle travaille sur la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), mais finit par ressentir un décalage et une forme d’impuissance. Ce sentiment la pousse à beaucoup voyager pour ses études et ses premières expériences, notamment à Londres, au Danemark et à Montréal, sans jamais se sentir complètement à sa place ni s’autoriser la vie nomade qui l’attire.
Issue d’un milieu conventionnel, elle est longtemps freinée par ses peurs et le poids des attentes familiales, cherchant la sécurité plutôt que l’alignement avec ses désirs profonds.
La double révélation du chamanisme et de la terre
Le premier tournant a lieu à Paris, lorsqu’elle travaille dans une Biocoop. Des collègues l’initient au chamanisme lors d’une cérémonie organisée par Patrick Daquet. L’expérience est déroutante : elle ne ressent rien sur le moment, avant de s’effondrer en larmes pendant deux heures, libérant des années de blocages émotionnels. Profondément marquée, elle mettra pourtant sept ans à oser s’engager sur cette voie. Parallèlement, la vision d’une vidéo sur une céramiste provoque en elle un déclic fulgurant : « J’ai trouvé ma voie ». Mais les peurs sont encore trop fortes.
Un projet de vie avec son compagnon de l’époque s’effondre, et elle développe alors une polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune qu’elle analyse aujourd’hui comme une manifestation physique de ses blocages. Cette épreuve, suivie d’une dépression, la conduit finalement à saisir l’opportunité d’une rupture conventionnelle pour tout quitter.
S’autoriser à être soi
Libérée de ses obligations, Séverine renoue avec ses deux aspirations : la terre et la montagne. Elle se lance dans une formation chamanique qui s’avère transformatrice. Elle y découvre la puissance du « clan », un groupe de soutien qui lui permet de baisser les armes et d’explorer ses sentiments profonds, elle qui craignait tant de se mettre à nu. Cette initiation lui ouvre les portes de l’invisible et des synchronicités, comme cette histoire d’une affiche de cheval blanc vue juste avant que le nom de son clan ne soit révélé : le clan du cheval blanc. Elle évoque avec lucidité son enfance dans un mouvement sectaire, qui a longtemps nourri sa méfiance envers la spiritualité.
Aujourd’hui, elle aborde ses croyances comme un choix conscient qui lui fait du bien, sans chercher à convaincre. Cette démarche de réappropriation de son histoire lui permet de « remettre du sacré » dans sa vie, un respect qu’elle retrouve dans la pratique de la poterie, une école de patience et d’humilité.
La liberté en van
Le choix de la vie en van s’inscrit dans cette logique de libération. Plus qu’un mode de vie, c’est un apprentissage du minimalisme et du lâcher-prise. En choisissant un petit camion, elle a dû faire des choix drastiques sur ce qui était essentiel, un processus qui l’a aidée à se délester du superflu et à accepter de ne pas tout contrôler. Pour elle, la vanlife est une porte d’entrée vers la confiance en la vie et la reconnexion à la bienveillance des autres.
Consciente des peurs que peut susciter le voyage en solitaire pour une femme, elle conseille d’y aller pas à pas, en commençant par de courtes escapades. Elle témoigne que la richesse des expériences et des rencontres l’emporte largement sur les craintes, et que cette vie nomade reconnecte profondément à l’humain et à la nature.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Patrick Daquet, chaman
- Biocoop Le Retour à la Terre (Paris)
- La polyarthrite rhumatoïde
- La RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises)
- Lieux cités : Londres, Danemark, Montréal, Brésil
- Personnalités citées : Nicolas Cage
Au fil de l’épisode
- Le parcours de Séverine, en quête de sens et de cohérence.
- L’impact d’une charte du développement durable signée à l’école.
- Des études en économie et marketing à contre-courant de ses aspirations.
- La désillusion face au concept de développement durable en entreprise.
- Ses premières expériences nomades à Londres, au Danemark et à Montréal.
- Le poids d’un milieu familial conventionnel et la peur de décevoir.
- La découverte du chamanisme grâce à des collègues d’une Biocoop à Paris.
- Le récit de sa première cérémonie chamanique, une expérience intense et déroutante.
- Le déclic pour la céramique en regardant une vidéo sur YouTube.
- L’apparition d’une maladie, la polyarthrite rhumatoïde, comme un blocage physique de ses peurs.
- Une dépression et une rupture conventionnelle qui devient une opportunité de tout changer.
- L’initiation chamanique avec Patrick Daquet et l’importance du soutien du « clan ».
- L’ouverture à l’invisible et aux synchronicités, comme l’histoire du cheval blanc.
- Son rapport à la spiritualité, marqué par une enfance dans un mouvement sectaire.
- La décision de « choisir de croire » ce qui lui fait du bien.
- Le lien entre la poterie, le sacré, la patience et le respect.
- Le choix de la vie en van comme une quête de liberté et de minimalisme.
- Le processus de tri et de renoncement pour vivre dans un petit espace.
- Son expérience de femme voyageant seule en van et ses conseils pour surmonter la peur.
FAQ
Qui est Séverine ?
Séverine est l’invitée de cet épisode. Après un début de carrière dans la communication et le marketing axé sur le développement durable, elle a opéré un changement de vie radical. Poussée par une quête de sens, elle a exploré le chamanisme et s’est tournée vers la céramique. Elle a fait le choix d’une vie nomade et vit aujourd’hui dans un van aménagé, un mode de vie qui incarne sa recherche de liberté et de reconnexion à l’essentiel.
Pourquoi Séverine a-t-elle quitté le marketing ?
Elle a quitté le monde de l’entreprise car elle ressentait un profond manque de cohérence entre les discours sur le développement durable et la réalité économique. Elle avait l’impression que ses actions n’étaient pas suffisantes et que le système dans lequel elle évoluait était déconnecté d’un véritable respect de l’environnement. Cette désillusion l’a poussée à chercher une voie plus authentique et alignée avec ses valeurs personnelles.
Qu’est-ce que le chamanisme pour Séverine ?
Pour Séverine, le chamanisme est avant tout une reconnexion au vivant, aux éléments et à la nature. C’est une pratique qui l’a aidée à se libérer de ses peurs et de ses blocages émotionnels. Elle le décrit comme une ouverture à une dimension invisible, faite de messages et de synchronicités, qui l’a aidée à trouver sa place et à s’autoriser à être elle-même. C’est une voie spirituelle qui a structuré sa transformation personnelle.
Comment a-t-elle commencé la vie en van ?
Son passage à la vie en van a été progressif. Elle a d’abord fait des essais en aménageant sa voiture pour des week-ends, puis des séjours de plus en plus longs. Ces expériences positives l’ont convaincue que ce mode de vie lui apportait du bonheur et de la liberté. L’achat de son van a concrétisé ce choix, l’obligeant à un important travail de minimalisme pour ne garder que l’essentiel, un processus qu’elle a vécu comme une véritable libération.
