Du rêve à la réalité
Thierry Manni raconte la genèse de Stajvelo, née d’une volonté de construire son propre projet après une longue carrière dans l’industrie automobile. La marque se positionne d’emblée sur le haut de gamme, avec une identité forte et un design identifiable. « Quand on croise un stage vélo, on ne le rate pas », souligne-t-il. Le premier projet, très ambitieux, visait à créer le premier vélo en plastique, une véritable prouesse technique. Mais l’aventure a failli tourner court : l’arrêt de la production du moteur spécifique par son fournisseur, le groupe Continental, a rendu le projet caduc.
Face à cette page blanche, Thierry Manni a pensé tout arrêter. C’est son équipe qui l’a convaincu de persévérer, capitalisant sur l’expérience acquise pour repartir sur de nouvelles bases.
Convaincre par l’essai
Le positionnement premium de Stajvelo a représenté un défi commercial majeur. Thierry Manni explique avoir d’abord cru au modèle de la vente directe sur internet, avant de comprendre que pour un achat aussi impliquant, la relation humaine et le conseil étaient indispensables. La stratégie a alors pivoté pour se concentrer sur l’essai du produit. « On a un taux de conversion de l’ordre de 80 % », révèle-t-il. Les clients qui testent le vélo sont convaincus de sa valeur.
Cette stratégie s’est avérée payante. La marque a mis en place un système où chaque revendeur dispose d’un vélo de test, ce qui a fait « boule de neige ». Le succès s’est d’abord construit localement, à Monaco, avant de s’étendre grâce à un réseau d’une quarantaine de magasins en Europe et à des partenariats avec des entreprises.
L’ADN monégasque et la personnalisation
Thierry Manni insiste sur un point auquel il tient particulièrement : « 100 % de nos vélos sont assemblés à Monaco ». Chaque vélo porte le drapeau monégasque, un ancrage qui fait partie de l’ADN de la marque. Cette production locale oriente naturellement le marché vers l’Europe, pour des raisons logistiques. L’autre grande force de Stajvelo est son service « Atelier », qui permet une personnalisation quasi totale du vélo, du choix des composants au design.
Cette customisation répond à une vraie tendance du marché et représente aujourd’hui près de la moitié des ventes. Pour l’entrepreneur, voir sortir de l’atelier un vélo unique, son « bébé », est une immense fierté, tout comme lire la satisfaction des clients sur les réseaux sociaux.
L’héritage familial
Avant Stajvelo, Thierry Manni a passé vingt ans chez Mecaplast, l’entreprise familiale fondée par son père, Charles Manni. Il décrit ce dernier comme un patron d’une autre époque, entièrement dévoué à son entreprise. Ayant grandi en voyant la pression que cela représentait, il n’a jamais souhaité, au départ, travailler avec lui. Après des études de commerce et une expatriation de trois ans aux États-Unis, il est pourtant rattrapé par l’entreprise familiale, presque par hasard, pour gérer un client majeur : General Motors.
Il reconnaît que le statut de « fils à papa » est à double tranchant : formateur, mais aussi exigeant, car on vous attend « doublement au tournant ». Il prend alors en charge le développement international, une période passionnante mais intense, avant que l’entreprise ne soit reprise par un fonds d’investissement, le poussant à prendre un nouveau départ.
La famille, un moteur
Ce tournant professionnel coïncide avec une période personnelle difficile, marquée par la perte successive de son père, de son frère Hervé, puis de sa mère. L’arrivée de son premier fils en 2012 change ses perspectives et le pousse à vouloir se consacrer à sa famille. C’est de cette réflexion qu’est née l’envie de créer son propre projet, Stajvelo. Il évoque avec pudeur son rôle d’oncle auprès de ses neveux, Charles, Arthur et Lorenzo Leclerc, après la disparition de leur père.
Aujourd’hui, la passion du sport automobile se transmet à son propre fils, André, qui fait du karting à haut niveau. Thierry Manni partage les défis que cela représente : un monde exigeant, des sacrifices, mais surtout une école de vie. Son objectif principal reste l’équilibre, veillant à ce que sa famille soit toujours sa priorité.
Les références de l’épisode
- Stajvelo
- Mecaplast
- Charles Manni (père de l’invité)
- Hervé Manni (frère de l’invité)
- Charles Leclerc (neveu de l’invité)
- Arthur Leclerc (neveu de l’invité)
- Lorenzo Leclerc (neveu de l’invité)
- André, Jules et Romy Manni (enfants de l’invité)
- Continental (équipementier)
- General Motors
- Peugeot
- Renault
- Mercedes
- Banque Rothschild
- Télis
- Decathlon
- Tour de France
- La Vuelta (grand tour cycliste)
- Ricardo Giraudi
- Aleco Keusseoglou
- Collège Franciscain (aujourd’hui FANB)
- Frère Patrick et Père Michel
Au fil de l’épisode
- La genèse de Stajvelo, un projet personnel pour matérialiser ses rêves.
- L’importance d’un design fort et identifiable pour se démarquer.
- Le projet initial et ambitieux d’un vélo en plastique.
- Le revers majeur avec l’arrêt de la production du moteur Continental.
- Le rôle décisif de son équipe pour relancer le projet après cet échec.
- Le défi de vendre un vélo haut de gamme sur un marché concurrentiel.
- L’échec de la stratégie initiale de vente 100 % en ligne.
- Le pivot stratégique vers l’essai client, avec un taux de conversion de 80 %.
- Le développement du réseau de revendeurs et des partenariats avec les entreprises.
- Les difficultés de la circulation à vélo en milieu urbain comme à Monaco.
- L’attachement à l’assemblage de 100 % des vélos en Principauté.
- Le service « Atelier » pour une personnalisation complète des vélos.
- Sa carrière précédente de 20 ans chez Mecaplast, l’entreprise familiale.
- Le portrait de son père, Charles Manni, un entrepreneur entièrement dévoué à son travail.
- Son expérience aux États-Unis et son entrée « par la petite porte » chez Mecaplast.
- Les défis et les apprentissages du statut de « fils de patron ».
- Son départ de Mecaplast suite à l’arrivée d’un fonds d’investissement.
- La période des épreuves personnelles avec la perte de ses proches.
- La naissance de son premier fils, un déclencheur pour changer de vie.
- Sa relation avec ses neveux, Charles, Arthur et Lorenzo Leclerc.
- La passion de son fils André pour le karting et les sacrifices que cela implique.
- Sa vision de parent d’un jeune sportif de haut niveau.
- Son attachement profond à Monaco, sa ville de toujours.
- L’évolution de son style de vie, symbolisée par l’abandon du costume.
- Sa priorité absolue aujourd’hui : le bien-être de sa famille.
FAQ
Qui est Thierry Manni ?
Thierry Manni est un entrepreneur monégasque, fondateur et PDG de Stajvelo. Avant de créer sa propre marque, il a travaillé pendant vingt ans dans l’entreprise familiale Mecaplast, un équipementier automobile de premier plan. Passionné de vélo et de technologie, il a lancé Stajvelo pour proposer des vélos électriques haut de gamme, entièrement assemblés à Monaco. Il est également l’oncle des pilotes de course Charles et Arthur Leclerc.
Qu’est-ce que Stajvelo ?
Stajvelo est une marque monégasque de vélos électriques haut de gamme fondée par Thierry Manni. Elle se caractérise par un design très identifiable, des composants de qualité et un assemblage réalisé en Principauté. La marque met l’accent sur la personnalisation, via son service « Atelier » qui permet de créer un vélo sur mesure, et sur une stratégie commerciale basée sur l’essai du produit pour convaincre les clients de sa valeur.
Quelle était l’activité de l’entreprise Mecaplast ?
Mecaplast, fondée par Charles Manni, le père de Thierry, était une entreprise spécialisée dans la fabrication de pièces en plastique, métalliques et peintes pour l’industrie automobile. En tant qu’équipementier, elle fournissait de grands constructeurs comme Peugeot, Renault, Mercedes ou encore General Motors. Thierry Manni y a longtemps occupé des fonctions de direction, notamment pour le développement international du groupe.
Quel est le lien entre Thierry Manni et Charles Leclerc ?
Thierry Manni est l’oncle de Charles Leclerc. Le frère de Thierry, Hervé Manni, était le père des pilotes Charles, Arthur et Lorenzo Leclerc. Dans l’épisode, Thierry Manni évoque sa relation avec ses neveux, le début de carrière de Charles et la passion familiale pour le sport automobile, qui se transmet aujourd’hui à son propre fils, André, pilote de karting.
Pourquoi l’essai est-il si important pour Stajvelo ?
L’essai est au cœur de la stratégie commerciale de Stajvelo. Face à un positionnement prix élevé et une marque nouvelle, Thierry Manni a constaté que la vente en ligne ne suffisait pas. Faire tester les vélos permet aux clients de se rendre compte par eux-mêmes de la qualité, du confort et des performances, justifiant ainsi l’investissement. Cette approche connaît un grand succès, avec un taux de conversion de 80 %.
