Wave Storia se consulte en mode portrait sur téléphone.
Merci de retourner votre appareil.

Proposer un podcast Produire mon podcast
Wave Storia

Vanessa von Zitzewitz

Photographe internationale installée à Monaco, Vanessa von Zitzewitz a un parcours aussi audacieux que ses clichés. De ses débuts inattendus à la Parsons School à ses projets monumentaux pour Cartier ou au cœur d'un orphelinat à Bangkok, elle raconte une vie guidée par la passion et une détermination sans faille. Au micro de Geneviève Berti, elle partage les coulisses de ses portraits iconiques, de Gianni Agnelli à Victoria Beckham, sa relation fusionnelle avec les chevaux et son regard critique mais passionné sur l'évolution de son art. Un entretien intime sur la créativité, l'empathie et la magie de l'instant capturé.

photographe des âmes, des chevaux et des projets hors-normes

La photographie par hasard

Née en Allemagne mais élevée entre Paris et Monaco, Vanessa von Zitzewitz se destinait à la publicité. C’est un cours de photographie imposé à l’université américaine Parsons, qu’elle suivait sans enthousiasme, qui a changé sa vie. Un professeur décèle son talent et lui conseille de se lancer. Elle découvre alors sa voie, presque par accident, en réalisant ses premiers portraits en noir et blanc de personnes âgées dans un marché en Sicile. Elle y comprend l’importance du contact humain, cette capacité à « voler un instant » et à capturer l’âme de ses sujets.

« On peut vraiment trouver sa voie par hasard, comme moi je l’ai fait », confie-t-elle.

L’art du portrait

L’une de ses photos les plus emblématiques, et l’une des rares qu’elle conserve chez elle, est un portrait de Gianni Agnelli pris à 21 ans dans son avion privé. Réalisé avec timidité, en seulement trois clichés, ce portrait capture la force et le caractère secret de l’industriel italien, jusqu’au détail de sa montre portée sur sa chemise. Pour Vanessa von Zitzewitz, un bon portrait naît d’une relation de confiance. C’est pourquoi elle demande toujours à rencontrer ses sujets la veille de la séance, pour briser la glace et dépasser la barrière de « cet œil noir », l’objectif.

Ce lien lui permet de saisir une part de vérité, parfois même « quelque chose que les personnes ne veulent pas montrer ».

Défis et détermination

Les anecdotes de tournages complexes ne manquent pas. Elle raconte la séance photo avec Lisa Marie Presley pour un livre Cartier, organisée avec un éléphant. Entre une météo capricieuse, des flashs défaillants et un animal imprévisible, le shooting a viré au cauchemar logistique. Pourtant, la photo de couverture a été réussie, grâce à une part de « magie ». Un autre projet monumental fut un livre sur les chevaux de pur-sang pour le Qatar, qui a nécessité deux ans de travail et la sélection de 300 clichés parmi 23 000. Un travail d’édition si intense qu’il lui a valu sa première paire de lunettes.

Signe du taureau, elle se décrit comme une « bête à cornes » : une fois qu’elle a décidé quelque chose, elle s’y consacre à 100 %, avec une discipline de fer.

Un regard engagé

Au-delà du glamour, son travail révèle une profonde empathie. Elle a consacré six ans à son livre « Slaughterhouse Angels » (« Les anges de l’abattoir »), vivant deux mois par an dans un orphelinat de Bangkok auprès d’enfants malades, pour la plupart séropositifs. Une expérience humaine qui l’a marquée à jamais, créant des liens forts avec certains d’entre eux jusqu’à leurs derniers instants. Cette fibre philanthropique s’exprime aussi dans son amour pour les animaux. Cavalière passionnée, elle a sauvé de nombreux animaux, dont un cheval de calèche à Naples, nommé Napoli, qu’elle a racheté pour lui offrir une retraite paisible.

« Ce qui me rend heureuse, c’est de donner et pas de recevoir », explique-t-elle, une valeur qu’elle s’efforce de transmettre à son fils.

Photographe à l’ère du numérique

Vanessa von Zitzewitz a longtemps résisté au passage au numérique, attachée au grain et à la magie de l’argentique. Elle se souvient avec nostalgie du suspense de la découverte des planches-contacts. Si le numérique offre un confort indéniable, elle déplore la banalisation de la photographie. L’avènement des smartphones a transformé tout le monde en photographe, entraînant selon elle une perte de respect pour le métier. Elle regrette que le public filme et photographie ses séances en extérieur, s’appropriant son travail créatif sans égards. Pour elle, les grands maîtres comme Helmut Newton, Richard Avedon ou Peter Lindbergh ont laissé une empreinte unique, reconnaissable entre mille.

Elle s’interroge sur la capacité de l’art photographique à conserver son caractère exceptionnel face à la facilité technologique et à l’intelligence artificielle.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Geneviève Berti, Gianni Agnelli, Lisa Marie Presley, Michael Jackson, Petra Nemkova, Jean Todt, Luciano Pavarotti, Renzo Piano, Diane Arbus, Man Ray, Mario Testino, Gisèle Bündchen, Peter Lindbergh, Richard Avedon, Helmut Newton, June Newton, Karl Lagerfeld, Valentino, Victoria Beckham, Elton John, Brigitte Bardot, Marcus Ehning.
  • Lieux et institutions : Monaco, Hambourg, Paris, Sicile (marché de la Voucherie), Turin, Florence, États-Unis, Londres, Qatar, Bangkok (Klangtoy), Naples, Arles, Parsons School, Fondation Luma.
  • Marques et œuvres : Cartier, Graf, Canon, Leica, Mare Terra, Concorde, Formule 1, « Les bronzés font du ski », « Le Père Noël est une ordure », « Slaughterhouse Angels ».

Au fil de l’épisode

  • Comment un cours obligatoire à l’université a révélé sa vocation de photographe.
  • Ses premiers portraits marquants, en noir et blanc, dans un marché en Sicile.
  • L’histoire de sa photo iconique de Gianni Agnelli, prise à 21 ans dans son avion privé.
  • L’importance de rencontrer ses sujets la veille d’une séance pour créer un lien.
  • Les coulisses du shooting compliqué avec Lisa Marie Presley et un éléphant pour un livre Cartier.
  • Le travail titanesque pour son livre sur les chevaux du Qatar : 23 000 photos pour 300 sélectionnées.
  • Sa personnalité de « taureau », déterminée et disciplinée.
  • Son rapport aux langues et sa préférence pour le français, la langue de son éducation à Monaco.
  • Ses origines familiales prussiennes et son lien presque génétique avec les chevaux.
  • La séance photo audacieuse où elle a amené son cheval sur la Place du Palais à Monaco.
  • Son regard critique sur l’intelligence artificielle qui remplace la créativité et la prise de risque en photographie.
  • Son projet « Slaughterhouse Angels » dans un orphelinat à Bangkok, auprès d’enfants malades.
  • Le passage de la photographie argentique au numérique et la perte de la « surprise ».
  • Le manque de respect du public qui photographie son travail lors des séances en extérieur.
  • Son admiration pour les grands photographes comme Helmut Newton, Richard Avedon et Peter Lindbergh.
  • Sa passion pour les animaux et le sauvetage d’un cheval de calèche à Naples.
  • Sa vision de la philanthropie : le bonheur de donner plutôt que de recevoir.
  • La différence entre photographier une célébrité et un anonyme.
  • Le coup de téléphone intimidant mais décisif à Luciano Pavarotti au début de sa carrière.
  • Son projet sur l’architecture de Mare Terra à Monaco, une première pour elle.
  • Son attachement particulier à Monaco, un « grand village » où elle a grandi.
  • Son prochain livre, consacré au grand cavalier allemand Marcus Ehning.
  • Comment elle a réussi à capturer un rare sourire de Victoria Beckham.

FAQ

Qui est Vanessa von Zitzewitz ?

Vanessa von Zitzewitz est une photographe internationale qui réside à Monaco. Reconnue pour ses images élégantes et audacieuses, elle est spécialisée dans le portrait, la mode et les projets artistiques d’envergure. Son travail l’a amenée à collaborer avec de grandes marques comme Cartier et à photographier de nombreuses célébrités. Elle est également une cavalière passionnée et une philanthrope engagée, notamment à travers son livre « Slaughterhouse Angels » sur un orphelinat à Bangkok.

Comment Vanessa von Zitzewitz est-elle devenue photographe ?

Sa carrière a débuté de manière inattendue. Alors qu’elle étudiait le design graphique à la Parsons School, elle a dû suivre un cours de photographie obligatoire qui ne l’intéressait pas. Son professeur a cependant remarqué son talent et l’a encouragée à poursuivre dans cette voie. Cette révélation l’a poussée à changer de cap et à faire de la photographie son métier, une voie qu’elle a découverte, selon ses propres mots, « par hasard ».

Quel est le lien de Vanessa von Zitzewitz avec les animaux ?

Vanessa von Zitzewitz entretient une relation très forte avec les animaux, en particulier les chevaux et les chiens. Elle est elle-même une cavalière passionnée depuis l’âge de 28 ans. Les chevaux sont un sujet récurrent dans son œuvre, comme en témoigne son livre consacré aux pur-sang du Qatar. Son engagement va au-delà de la photographie : elle a sauvé plusieurs animaux, dont un cheval de calèche maltraité à Naples, illustrant son profond attachement à leur bien-être.

Quels sont les projets les plus marquants de Vanessa von Zitzewitz ?

Parmi ses projets notables, on compte un livre pour le joaillier Cartier, pour lequel elle a réalisé un shooting mémorable avec Lisa Marie Presley et un éléphant. Son livre « Slaughterhouse Angels » est un témoignage poignant de son immersion pendant plusieurs années dans un orphelinat pour enfants malades à Bangkok. Elle a également réalisé un travail de longue haleine sur les chevaux de pur-sang du Qatar, qui a nécessité de trier plus de 23 000 clichés.

Que pense-t-elle de l’évolution de la photographie ?

Elle porte un regard nuancé sur l’évolution de son art. Ayant longtemps travaillé en argentique, elle regrette la perte du suspense et de la magie liés au développement des films. Si elle a adopté le numérique par nécessité, elle déplore que la technologie et les smartphones aient banalisé l’acte de photographier, entraînant une perte de respect pour le travail des professionnels. Elle s’inquiète que l’IA et la retouche facile diminuent la valeur de l’authenticité et de la prise de risque créative.

Pourquoi Vanessa von Zitzewitz est-elle attachée à Monaco ?

Ayant grandi en partie à Monaco, elle considère la Principauté comme un « grand village ». Elle apprécie la convivialité, la possibilité de connaître les commerçants et de croiser des visages familiers. Pour elle, la vie monégasque va bien au-delà de l’image de la Place du Casino. Elle met en avant la sécurité exceptionnelle, qui offre une grande liberté, et la qualité de vie qu’elle juge idéale pour élever son fils.

Épisodes similaires
Portrait de Laurent Puons, directeur de Monaco Mediax et président de la Fédération monégasque de Boxe
Monaco Info - Le Podcast Laurent Puons
Laurent Puons raconte les défis du Festival de Télévision de Monte-Carlo, ses rencontres avec les stars et sa passion pour la boxe.
26 juillet 2026 · 42 min
Écouter l'épisode
Portrait de l'acteur Gil Alma, invité du podcast de Monaco Info
Monaco Info - Le Podcast Gil Alma
Gil Alma se confie sur son parcours atypique, de la poissonnerie à la série « César Wagner » et sa nouvelle passion pour la réalisation.
19 juillet 2026 · 22 min
Écouter l'épisode
Que souhaitez-vous écouter maintenant ?
Choisissez un mot-clé, appuyez sur Entrée pour parcourir les épisodes.