Un instructeur français au cœur de l’armée mexicaine
Une fois n’est pas coutume : dans cet épisode, c’est le coopérant qui a traversé l’Atlantique pour venir au micro. Officier des troupes de marine, le lieutenant-colonel Sébastien raconte avoir commencé sa carrière au 1er régiment d’infanterie de marine, servi sur blindés, effectué un séjour à Djibouti, puis s’être porté volontaire pour la coopération : d’abord au Togo, comme conseiller du centre d’entraînement aux opérations de maintien de la paix puis du chef d’état-major de l’armée de terre togolaise ; depuis près de deux ans à Mexico, comme coopérant militaire technique auprès du CECOPAM, le centre d’entraînement conjoint aux opérations de maintien de la paix de l’armée mexicaine. Sa mission comporte deux volets. Le premier, le plus important selon lui, consiste à apporter l’expertise française à la préparation d’une unité mexicaine appelée à se déployer sous mandat des Nations unies ; il y est instructeur des cours ONU destinés aux observateurs et aux officiers d’état-major. Le second est l’enseignement du français en milieu spécialisé. Les cours des Nations unies, précise-t-il, sont normalisés, et l’organisation fournit l’intégralité des ressources afin que tous les contingents soient formés de la même manière, quelle que soit leur nationalité. La contribution proprement française tient alors à autre chose : l’ancienneté de l’engagement de la France dans le maintien de la paix — il cite la FINUL, au Liban, où se trouve le plus gros détachement français — et ce qu’il appelle la réversibilité du soldat français, capable de couvrir un spectre allant du maintien de la paix jusqu’à la coercition.
Son autre chantier, le cours de français, a été profondément modernisé pour devenir directement exploitable : après quinze jours de stage, dit-il, les stagiaires savent interagir avec une population francophone lors d’une patrouille ou d’un recueil de besoins. Le Mexique en a fait état devant les autres pays disposant d’un centre de maintien de la paix ; la Colombie en bénéficie depuis six mois, l’Équateur commence à le demander.
Pour aller plus loin
- La coopération de sécurité et de défense sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
- La chaîne YouTube de la DCSD
- Mieux connaître le CECOPAM
Les références de l’épisode
- La DCSD, Direction de la coopération de sécurité et de défense, qui met en œuvre la coopération structurelle de la France en matière de défense, de sécurité intérieure et de protection civile
- Le CECOPAM, centre d’entraînement conjoint aux opérations de maintien de la paix du Mexique, décidé en 2018 et inauguré en 2020
- Le 1er régiment d’infanterie de marine, où le lieutenant-colonel Sébastien a commencé sa carrière
- Le centre d’entraînement aux opérations de maintien de la paix du Togo, où il a été conseiller avant de l’être auprès du chef d’état-major de l’armée de terre togolaise
- La FINUL, l’opération des Nations unies au Liban, à laquelle la France participe depuis de nombreuses années
- La MINURSO, mission des Nations unies au Sahara occidental, l’un des théâtres pour lesquels le CECOPAM prépare des contingents
- L’École des langues de l’armée mexicaine, avec laquelle le contact a été repris
Au fil de l’épisode
- 01:04 — Le coopérant en poste à Mexico est venu, pour une fois, jusqu’au micro du podcast
- 02:08 — Son parcours : troupes de marine, 1er régiment d’infanterie de marine, Djibouti, puis la coopération au Togo
- 03:19 — Les deux volets de sa mission au Mexique : préparer une unité au maintien de la paix, enseigner le français
- 04:03 — Ce qui distingue la formation aux opérations de maintien de la paix d’une formation militaire classique
- 05:22 — Les cours normalisés des Nations unies et les ressources fournies aux contingents
- 05:41 — La « French touch » : l’expérience de la FINUL et la réversibilité du soldat français
- 06:56 — La modernisation du cours de français en milieu spécialisé et ses résultats après quinze jours
- 08:18 — Les échanges entre coopérants en Amérique latine, l’intérêt de la Colombie et de l’Équateur
- 09:13 — Le CECOPAM : création, missions et profil des stagiaires
- 10:40 — Sa place au centre : conseiller du chef de centre et instructeur invité, hors chaîne hiérarchique
- 11:25 — Deux projets : une formation de formateurs en espagnol et un français technique de niveau intermédiaire
- 12:21 — Les réussites du cours de français et le défi de la persévérance dans le temps
- 14:18 — Ce que cette coopération peut ouvrir à l’échelle de l’Amérique latine
- 15:49 — Les bénéfices mutuels : ce que la France gagne à cette coopération
- 17:07 — Ce que deux missions de coopération ont changé chez lui
- 18:18 — Son message à un officier qui hésite à se porter volontaire
- 19:07 — « Êtes-vous un coopérant heureux ? »
FAQ
Qui est le lieutenant-colonel Sébastien ?
Le lieutenant-colonel Sébastien est un officier français des troupes de marine, coopérant militaire technique en poste à Mexico depuis près de deux ans. Après un début de carrière au 1er régiment d’infanterie de marine, un séjour à Djibouti et une première coopération au Togo, il conseille aujourd’hui le CECOPAM, centre mexicain de préparation aux opérations de maintien de la paix.
Qu’est-ce que le CECOPAM ?
Le CECOPAM est le centre d’entraînement conjoint aux opérations de maintien de la paix du Mexique. Décidé en 2018 et inauguré en 2020, il forme, pour une partie de l’Amérique latine, les contingents et les militaires isolés appelés à se déployer sous mandat des Nations unies, notamment vers la MINURSO au Sahara occidental et vers des missions en Afrique.
En quoi consiste la mission d’un coopérant militaire technique au Mexique ?
Elle comporte deux volets. Le premier, le plus important selon lui, est d’apporter l’expertise française à la préparation d’une unité mexicaine appelée à se déployer en opération de maintien de la paix ; il y est instructeur des cours ONU destinés aux observateurs et aux officiers d’état-major. Le second est l’enseignement du français en milieu spécialisé.
Pourquoi enseigne-t-on le français aux militaires mexicains ?
Pour leur permettre de servir un jour aux côtés d’unités françaises ou francophones en opération. Le cours a été modernisé afin d’être directement exploitable : après quinze jours, sans parler couramment la langue, les stagiaires savent interagir avec une population francophone lors d’une patrouille ou d’un recueil de besoins sanitaires, éducatifs ou alimentaires.
Qu’est-ce que la France gagne à cette coopération avec le Mexique ?
Selon le lieutenant-colonel Sébastien, la France y gagne un allié et un partenaire dans la zone : des forces armées qui savent se parler, qui se connaissent et avec lesquelles un engagement commun devient possible, dans une opération de maintien de la paix comme dans une opération de plus grande ampleur.
