Un détour par l’Australie pour redécouvrir la Belgique
Camille Meunier, jeune photographe et vidéaste belge de 24 ans, partage son parcours singulier. Après avoir entamé des études de cinéma, elle décide de tout arrêter pour partir voyager un an en Australie. Elle raconte que ce voyage initiatique a provoqué un déclic inattendu à son retour : celui de redécouvrir la nature de son propre pays avec un œil neuf. Cette expérience lui a permis de voir la beauté des forêts belges, comme si c’était la première fois, et a fait naître sa passion pour la faune sauvage locale.
« C’est partir pour mieux revenir en fait, c’est vraiment ça », confie-t-elle.
« Forêt, mon amour », une ode à la sensibilité
Au cœur de sa démarche artistique se trouve sa vidéo « Forêt, mon amour », réalisée pour une exposition. Ce court-métrage, qui a touché un large public, est le reflet de son approche : un mélange instinctif de fiction et de documentaire, où l’émotion prime sur le spectaculaire. Camille Meunier explique qu’elle ne cherche pas à créer des œuvres classiques, mais plutôt à témoigner de ce qu’elle ressent au contact du vivant. Pour elle, partager ces émotions est une évidence, une façon de transmettre un message de respect pour la nature.
« Je pense réellement que si on regarde et qu’on observe réellement la nature comme elle est, alors on ne pourrait que la respecter. »
La nature comme une méditation
L’épisode explore la notion de « bain de forêt », que Camille Meunier définit comme une pratique de pleine conscience. Il ne s’agit pas d’une démarche spirituelle complexe, mais simplement d’« être présent », d’observer et d’écouter ce qui nous entoure. Elle explique que l’affût photographique, et plus particulièrement la rencontre avec un animal sauvage, est un moment puissant où le temps semble s’arrêter, nous forçant à nous ancrer dans l’instant. Cette pratique, selon elle, a des bienfaits qui se prolongent dans la vie quotidienne, en nous aidant à apprécier les petites choses.
La photographie devient alors un prétexte et un outil pour cultiver cette présence au monde.
Dépasser la frustration du photographe
Tous les photographes animaliers connaissent la frustration d’une sortie sans la photo espérée. Camille Meunier reconnaît que ce sentiment est naturel et inévitable. Cependant, elle propose une autre approche pour mieux le vivre : changer son état d’esprit au départ. Plutôt que de partir avec un objectif de résultat précis, elle conseille de faire des sorties « sans but », juste pour le plaisir d’être là, d’observer et de voir ce qui se passe. Cette démarche permet de se libérer de la pression et de s’ouvrir à la surprise, à la sérendipité.
En se détachant de l’obligation de « réussir », le photographe peut vivre l’expérience bien plus sereinement.
Matériel et camouflage : les aspects pratiques
Camille Meunier détaille également son équipement. Pour la photo, elle utilise un appareil hybride Sony Alpha 7 avec un téléobjectif Sigma 150-600mm, un choix initialement motivé par la légèreté. Elle confie cependant envisager un retour au reflex traditionnel pour un autofocus plus performant. Pour la vidéo, elle privilégie une caméra Canon C100 qui lui offre un rendu plus cinématographique. Elle aborde aussi ses techniques de camouflage, essentielles pour ne pas être repérée : une tenue 3D de type « ghillie suit », une cagoule et un filet, en insistant sur l’importance de dissimuler le visage et les mains, et de casser la silhouette humaine.
Un équipement pensé pour se fondre dans le décor et observer sans être vu.
Une éthique du respect
Au-delà de la technique, la photographe insiste sur une dimension fondamentale de sa pratique : l’éthique. Pour elle, le respect de l’animal passe avant tout. Cela implique de savoir garder ses distances, de ne pas chercher à obtenir une image à tout prix et, surtout, de savoir renoncer si l’approche risque de déranger la faune, en particulier les mères avec leurs petits. Elle met en garde contre les dérives liées à la popularisation de certaines espèces, qui peuvent entraîner une sur-fréquentation des sites et des comportements irrespectueux. Son message est clair : la première mission du photographe est de ne pas nuire.
« On veut transmettre la beauté de la nature, alors il faut la respecter. »
Les références de l’épisode
- « Forêt, mon amour », vidéo de Camille Meunier
- Michel Doutremont, photographe
- Vincent Munier, photographe
- Les Ardennes (Belgique)
- Harfang des neiges
- Appareil photo Sony Alpha 7
- Caméra Canon C100
- Objectif Sigma 150-600mm
- Appareils photo reflex Canon 5D et 1D X
- INRAC, école de cinéma
Au fil de l’épisode
- Présentation de Camille Meunier, 24 ans, photographe et vidéaste belge.
- Son parcours : des études de cinéma interrompues pour un voyage d’un an en Australie.
- Comment ce voyage lui a permis de redécouvrir la nature en Belgique à son retour.
- Son rapport à la nature pendant l’enfance, entre randonnées en famille et une passion plus tardive pour la faune sauvage.
- La vidéo « Forêt, mon amour » : un projet né d’une exposition et d’un attachement aux forêts des Ardennes.
- Son approche cinématographique, entre fiction et documentaire, guidée par l’instinct et la sensibilité.
- Pourquoi elle ressent le besoin de partager les émotions fortes que la nature lui procure.
- Son rapport à la monétisation : une passion avant d’être un métier.
- Sa définition du « bain de forêt » : une forme de méditation et de pleine conscience.
- Le pouvoir de l’observation d’un animal sauvage pour s’ancrer dans l’instant présent.
- Comment la pratique de la pleine conscience dans la nature peut enrichir le quotidien.
- Le rôle de la photographie comme outil d’observation et de connexion.
- Gérer la frustration de ne pas obtenir la photo espérée.
- Le conseil de sortir sans objectif précis pour simplement profiter de l’instant.
- Le concept de sérendipité appliqué à la photographie.
- Son matériel photo : un hybride Sony Alpha 7 et un téléobjectif Sigma 150-600mm.
- Les raisons de son choix initial (légèreté) et ses limites (autofocus).
- Son matériel vidéo : une caméra Canon C100 pour un rendu cinématographique.
- Son avis sur l’objectif Sigma 150-600mm, un bon choix pour débuter.
- Ses techniques de camouflage : la tenue ghillie 3D, la cagoule et le filet.
- L’importance de cacher le visage, les mains et de casser la silhouette humaine.
- L’éthique du photographe animalier : ne pas déranger la faune.
- Savoir s’arrêter et renoncer à une photo pour respecter l’animal.
- Le risque de sur-fréquentation de certains sites suite à la popularisation d’une espèce.
- Son conseil principal pour progresser en photo : faire attention à la lumière et, surtout, pratiquer.
- Où retrouver le travail de Camille : YouTube, Instagram et Facebook.
FAQ
Qui est Camille Meunier ?
Camille Meunier est une jeune photographe et vidéaste belge spécialisée dans la nature et la faune sauvage. Elle est reconnue pour son approche artistique très personnelle, poétique et sensible, qui vise à transmettre les émotions ressenties au contact du vivant. Son travail, notamment sa vidéo « Forêt, mon amour », met en avant une connexion profonde avec la nature, loin de la simple performance technique.
Quelle est la philosophie de Camille Meunier en photographie ?
Pour Camille Meunier, la photographie est un moyen de pratiquer la pleine conscience et de s’ancrer dans l’instant présent. Plutôt que de se fixer des objectifs de résultat, elle privilégie l’expérience, l’observation et le ressenti. Sa démarche est guidée par le respect absolu de la nature et des animaux, considérant que la transmission de la beauté du monde sauvage passe d’abord par sa préservation.
Quel matériel photo et vidéo utilise Camille Meunier ?
Pour la photographie, Camille Meunier utilise un appareil hybride Sony Alpha 7, choisi pour sa légèreté, avec un téléobjectif Sigma 150-600mm. Pour ses projets vidéo, elle emploie une caméra dédiée, la Canon C100, qui lui offre un rendu plus cinématographique. Elle envisage cependant de se tourner vers un appareil reflex traditionnel pour la photo, afin de bénéficier d’un autofocus plus réactif.
Comment Camille Meunier se camoufle-t-elle en forêt ?
Elle utilise une tenue de camouflage 3D appelée « ghillie suit », qui imite le feuillage, complétée par une cagoule intégrale et un filet d’affût. Elle souligne l’importance de dissimuler les parties du corps les plus reconnaissables pour un animal, comme le visage et les mains, et de casser la silhouette humaine pour se fondre complètement dans l’environnement et observer sans déranger.
Quel est le principal conseil de Camille Meunier pour ne pas déranger la faune ?
Son conseil fondamental est de toujours faire passer le bien-être de l’animal avant la photographie. Cela signifie qu’il faut savoir garder ses distances, interpréter les signes de stress de l’animal et, surtout, être prêt à renoncer à une image si sa prise de vue risque de causer un dérangement. Le respect et la discrétion sont les maîtres-mots de sa pratique éthique.
