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Bien choisir ses jumelles avec JL. Dauvergne et G.Blanchard

Comment bien choisir sa paire de jumelles ? Pour répondre à cette question, Régis Moscardini reçoit deux des plus grands spécialistes de l'optique : Jean-Luc Dauvergne, journaliste scientifique au magazine Ciel et Espace, et Guillaume Blanchard, ingénieur en optique. Co-auteurs du guide de référence « Observer avec des jumelles », ils partagent leur expertise pour nous guider dans cet achat important. L'épisode explore les critères techniques essentiels, de la signification des chiffres (10x42) à l'importance des traitements optiques, en passant par l'adaptation du matériel à son usage, que ce soit pour la photographie animalière, l'ornithologie ou l'astronomie. Un véritable cours magistral pour faire le bon choix, quel que soit son budget.

Jean-Luc Dauvergne et Guillaume Blanchard, les secrets d'experts pour choisir la bonne paire de jumelles

Deux experts, une passion commune

Pour cet épisode consacré au choix des jumelles, Régis Moscardini accueille un duo d’experts reconnus : Guillaume Blanchard, ingénieur en optique avec plus de vingt ans d’expérience dans la fabrication optique et l’astronomie, et Jean-Luc Dauvergne, journaliste au célèbre magazine Ciel et Espace, où il est notamment en charge des tests de matériel. Passionnés d’observation et de photographie, ils unissent leurs compétences complémentaires pour écrire des ouvrages de référence. Guillaume apporte sa rigueur scientifique et technique, tandis que Jean-Luc mène le travail d’enquête et de rédaction journalistique.

Leur collaboration, qu’ils décrivent comme un échange fructueux, leur permet de recouper les informations et d’offrir un contenu à la fois précis et accessible. « On est très complémentaires là-dessus », explique Jean-Luc Dauvergne.

La genèse d’un guide de référence

Leur dernier livre, « Observer avec des jumelles » publié aux éditions Belin, est né d’un constat : il manquait un guide complet et objectif sur le sujet en librairie. Les tests existants leur paraissaient souvent simplistes ou potentiellement influencés par les marques. L’idée a germé il y a près de huit ans, mais le projet a mis du temps à se concrétiser, notamment pour trouver un éditeur prêt à se lancer dans l’aventure d’un ouvrage technique. Ils ont finalement convaincu Belin, après un refus de leur éditeur habituel qui craignait une obsolescence rapide des modèles présentés.

Le livre, fruit d’un an de travail intensif, se veut un outil pour donner aux lecteurs les clés d’un choix éclairé, en séparant les critères mesurables et objectifs des aspects plus subjectifs liés à l’utilisation personnelle de chacun.

Une histoire plus riche qu’il n’y paraît

L’une des surprises du livre est sa partie historique très dense, qui démystifie certaines idées reçues. Contrairement à une croyance populaire, ce n’est pas Galilée qui a inventé la lunette, mais un Hollandais en 1609. Les jumelles, ou plutôt leur ancêtre le « binocle », sont apparues à la même époque. Guillaume Blanchard, passionné d’histoire, a mené un travail de recherche approfondi sur ce sujet peu documenté. Il raconte avoir eu entre les mains des pièces exceptionnelles, comme une paire de jumelles datant de 1776 ayant appartenu à Louis XIV.

L’histoire des jumelles est marquée par deux grandes révolutions techniques : l’apparition des jumelles de théâtre en 1825, et surtout, à la fin du XIXe siècle, l’invention des prismes redresseurs par des firmes comme Carl Zeiss. Cette innovation a permis d’augmenter le champ d’observation et le grossissement, ouvrant la voie aux jumelles modernes, dont les progrès ont souvent été liés aux développements militaires.

Choisir selon son usage

Le cœur de l’épisode est consacré aux critères de choix. Les fameux chiffres, comme « 10×42 », indiquent le grossissement (10 fois) et le diamètre de l’objectif en millimètres (42 mm), qui détermine la quantité de lumière captée. Mais le choix ne s’arrête pas là. « C’est vraiment l’utilisation qui va guider le choix d’une paire de jumelles », insistent les deux experts. Les besoins varient énormément entre la randonnée, l’astronomie, la chasse ou l’ornithologie.

Pour la photographie animalière, un grossissement de 8 ou 10 fois est généralement privilégié. La robustesse, l’étanchéité et la luminosité sont également des critères cruciaux. Les invités expliquent la notion de « pupille de sortie » (diamètre divisé par le grossissement), un indicateur clé de la performance en basse lumière. Pour un photographe déjà lourdement chargé, le poids devient aussi un facteur déterminant, pouvant justifier l’investissement dans un modèle plus compact mais doté d’une meilleure transmission lumineuse.

Le juste prix de la qualité

Pourquoi une paire de jumelles peut-elle coûter plus de 2000 euros ? La différence de prix entre le bas et le très haut de gamme (Leica, Zeiss, Swarovski) est largement justifiée. Si la plupart des jumelles offrent une qualité honorable au centre de l’image, les modèles premium se distinguent par une netteté exceptionnelle sur l’ensemble du champ. Cet exploit est le résultat d’un design optique complexe, de verres spéciaux coûtant parfois dix fois plus cher, et de traitements antireflets sophistiqués pouvant compter jusqu’à 72 couches sur une seule face de prisme.

Ce coût s’explique aussi par la recherche et développement, la fabrication européenne et la durabilité des matériaux. Acheter une paire de jumelles haut de gamme est un investissement sur le long terme. « Une paire de jumelles de 2500 va durer 10 ans. […] Plutôt que d’acheter 3 paires ou 4 paires de jumelles à 500 euros, il vaut mieux prendre une paire de jumelles à 2500 euros », conclut Guillaume Blanchard.

Les références de l’épisode

  • « Observer avec des jumelles » — Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne, éditions Belin
  • « Observer avec une lunette et un télescope » — Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne, éditions Delachaud et Niestlé (2009)
  • « Photographier le ciel » — Jean-Luc Dauvergne, éditions Delachaud et Niestlé (2009)
  • « Guide d’astronomie » — Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne, éditions Delachaud et Niestlé
  • Personnes mentionnées : Galilée, Louis XIV, Émile Littré
  • Marques et entreprises : Ciel et Espace, Belin, Delachaud et Niestlé, Carl Zeiss, Leica, Swarovski, Meopta, Bushnell, Kite, Canon, Nikon
  • Lieux : Patagonie, Iéna (Allemagne), Musée des arts et métiers (CNAM) à Paris

Au fil de l’épisode

  • Présentation des invités, Guillaume Blanchard (ingénieur en optique) et Jean-Luc Dauvergne (journaliste à Ciel et Espace).
  • Leur parcours respectif et la complémentarité de leurs compétences pour l’écriture de livres techniques.
  • La naissance de leur guide « Observer avec des jumelles » face à un manque en librairie.
  • Le choix du format de poche, pratique pour le terrain.
  • L’histoire méconnue des jumelles : non, Galilée n’a pas inventé la lunette.
  • Les deux révolutions technologiques majeures : les jumelles de théâtre (1825) et l’arrivée des prismes redresseurs (fin du 19e siècle).
  • L’anecdote d’une paire de jumelles de 1776 ayant appartenu à Louis XIV.
  • Que faire des vieilles jumelles retrouvées dans un grenier ?
  • Comprendre les chiffres sur une paire de jumelles (ex : 10×42).
  • L’importance de définir son usage principal avant tout achat.
  • Les caractéristiques essentielles pour la photographie animalière et l’ornithologie.
  • Le concept de pupille de sortie pour évaluer la luminosité.
  • Le compromis poids/performance pour les photographes.
  • Conseils pour un budget de 400-500€ et l’importance de la provenance (marques européennes ou japonaises).
  • L’intérêt des jumelles stabilisées pour les forts grossissements.
  • Pourquoi les jumelles haut de gamme sont-elles si chères ? L’impact du design optique, de la qualité des verres et des traitements de surface.
  • La différence de qualité d’image, surtout en bord de champ.
  • La justification du prix par la R&D, la durabilité et les coûts de fabrication en Europe.
  • Le parallèle avec le prix des téléobjectifs professionnels en photographie.
  • Considérer l’achat de jumelles comme un investissement à long terme.
  • L’importance de tester le matériel et de soutenir les revendeurs spécialisés.

FAQ

Qui sont Jean-Luc Dauvergne et Guillaume Blanchard ?

Jean-Luc Dauvergne est journaliste scientifique au magazine de référence Ciel et Espace, où il est spécialiste des tests de matériel d’observation. Guillaume Blanchard est un ingénieur en optique avec plus de 20 ans d’expérience, notamment dans le domaine de l’astronomie. Ensemble, ils ont co-écrit plusieurs guides techniques, dont « Observer avec des jumelles », alliant l’expertise journalistique de l’un à la rigueur scientifique de l’autre pour rendre l’optique accessible à tous.

Comment choisir une paire de jumelles pour la photo animalière ?

Pour la photographie animalière ou l’ornithologie, il est conseillé de choisir un grossissement de 8 ou 10 fois. Un diamètre d’objectif de 42 mm (comme dans les 10×42) offre un bon compromis entre luminosité et poids. Il faut également privilégier des modèles robustes et étanches pour une utilisation sur le terrain. La qualité des traitements optiques est primordiale pour garantir une bonne transmission de la lumière, surtout à l’aube ou au crépuscule.

Que signifient les chiffres sur des jumelles, comme 10×42 ?

Ces deux chiffres sont les caractéristiques principales d’une paire de jumelles. Le premier, ici 10, correspond au facteur de grossissement : un objet situé à 100 mètres apparaîtra comme s’il n’était qu’à 10 mètres. Le second chiffre, 42, est le diamètre en millimètres des lentilles avant (les objectifs). Un diamètre plus grand collecte plus de lumière, rendant les jumelles plus performantes dans des conditions de faible luminosité.

Pourquoi les jumelles haut de gamme coûtent-elles si cher ?

Le prix élevé des jumelles haut de gamme (marques comme Zeiss, Leica, Swarovski) se justifie par plusieurs facteurs. Il y a d’abord la qualité supérieure des matériaux, comme des verres spéciaux et des traitements de surface complexes (parfois plus de 70 couches) qui assurent une transmission lumineuse maximale et une image nette sur tout le champ de vision. La recherche et développement, la précision de l’assemblage et une fabrication souvent localisée en Europe contribuent aussi à ce coût, qui garantit performance et durabilité.

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