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Interview du photographe Philippe Bolle

Photographe animalier depuis une vingtaine d'années, Philippe Bolle a fait des voyages photo sa grande spécialité. De l'Afrique aux îles Galapagos en passant par le Spietzberg, il a appris à organiser ses expéditions pour en tirer le meilleur. Dans cet épisode, il partage son expérience, de ses débuts à l'époque de l'argentique jusqu'à ses pratiques actuelles. Il livre de précieux conseils pour bien préparer un voyage : comment choisir une agence, quel matériel emporter, comment le transporter en toute sécurité et comment gérer ses milliers de clichés au retour. Un guide pratique pour tous les photographes voyageurs.

photographe animalier, les secrets d'un voyage photo réussi

Des vapeurs du révélateur à l’instant décisif

Philippe Bolle raconte ses débuts en photographie, marqués par les odeurs des produits chimiques de la chambre noire. Il se souvient de l’attente et de l’émotion si particulières au développement des pellicules argentiques, une époque où chaque cliché comptait. Cette pratique, bien que révolue, a profondément influencé sa manière de travailler aujourd’hui. Il explique avoir gardé un « réflexe argentique » : il ne déclenche que lorsque c’est le bon moment, privilégiant l’instant décisif à la rafale systématique. Cette approche lui permet de se concentrer sur l’essentiel et de limiter le nombre de photos par voyage, à contre-courant de la tendance numérique.

« Quand j’appuie sur le déclencheur, en règle générale, c’est parce que c’est le bon moment, parce que c’est l’instant décisif. »

L’école de la patience

Ce qui attire Philippe Bolle dans la photographie de nature et animalière, c’est avant tout le contact avec l’environnement, les odeurs de la forêt et la solitude. Pour lui, la photographie est indissociable de l’observation et du plaisir d’être en pleine nature. Il lui arrive même, absorbé par un moment magique, d’oublier de déclencher. Il souligne le caractère très aléatoire de cette discipline : la nature reste maîtresse des lieux. Un affût peut durer des heures sans qu’aucun animal n’apparaisse, et un voyage peut être perturbé par des conditions météorologiques difficiles, comme lors de son séjour en Alaska où il a connu six jours de pluie sur neuf.

Cette incertitude fait partie du charme de la photographie animalière et impose une grande humilité et une bonne préparation mentale.

Bien choisir son expédition

Fort de son expérience, Philippe Bolle insiste sur l’importance de la préparation d’un voyage photo. S’il est possible d’organiser son séjour seul, cela demande un temps considérable et des connaissances approfondies. Pour des destinations complexes comme l’Afrique, il recommande de passer par des agences spécialisées. Le choix du prestataire et, surtout, de l’accompagnateur, est crucial. Un bon guide doit être un photographe compétent, mais avant tout un accompagnateur dévoué au groupe, et non quelqu’un qui fait plus de photos que ses clients. Il cite plusieurs organismes et guides avec qui il a eu de bonnes expériences, comme Objectif Nature, Melting Spot Safari ou Photographe du Monde.

Il conseille de se fier au bouche-à-oreille et de bien se renseigner sur la personne qui encadrera le voyage pour éviter toute frustration.

Le matériel en voyage, du sac cabine au disque dur

La gestion du matériel est un autre point clé d’un voyage réussi. Philippe Bolle détaille sa stratégie pour transporter ses 17 à 23 kilos d’équipement en avion, un défi face aux restrictions des compagnies aériennes. Son conseil : privilégier un bagage cabine aux bonnes dimensions, quitte à dépasser légèrement le poids autorisé, et alléger le sac en plaçant de petits objectifs ou accessoires dans les poches d’un gilet de photographe. Il emmène systématiquement deux boîtiers pour être plus réactif et parer à toute panne. Une fois sur place, la gestion des photos est primordiale : il décharge chaque jour ses cartes sur un ordinateur portable et effectue une seconde sauvegarde sur un disque dur externe.

Enfin, il recommande de ne jamais trier ses photos dans l’émotion du retour, mais d’attendre plusieurs jours, voire plusieurs mois, pour avoir un regard plus objectif.

Souvenirs de voyages

Parmi toutes ses expéditions, Philippe Bolle retient deux voyages qui l’ont particulièrement marqué. Le premier est son tout premier grand voyage photographique aux îles Galapagos avec Objectif Nature. Il se souvient d’une organisation parfaitement adaptée aux photographes, avec des débarquements aux meilleures heures pour la lumière, à l’aube et au crépuscule. Le second est un voyage plus récent au Spietzberg, une destination qu’il a tellement appréciée qu’il prévoit d’y retourner pour la découvrir en hiver. Il souligne que si ces voyages représentent un coût certain, la qualité d’une expérience en petit groupe sur un bateau adapté n’a rien de comparable avec les voyages de masse.

Pour lui, il vaut mieux investir dans un voyage mémorable tous les trois ans plutôt que de multiplier les expériences décevantes.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Régis Moscardini, Tony Crosceta, Simon (pisteur), Gilles Martin, Benoît Clouet, Yves Vallier.
  • Organisations : Objectif Nature, Melting Spot Safari, Photographe du Monde, BBC.
  • Lieux : Îles Galapagos, Spietzberg, Afrique, USA, Kenya, Ouganda, Australie, Alaska, Inde.
  • Site mentionné : Art Nature Passion 78.

Au fil de l’épisode

  • Présentation de Philippe Bolle, photographe animalier depuis une vingtaine d’années.
  • Souvenirs de la photographie argentique et de l’ambiance de la chambre noire.
  • Comment la pratique de l’argentique a forgé son approche de l’« instant décisif ».
  • Ce qui l’attire dans la photographie de nature : l’observation, les ambiances et la solitude.
  • La composition en groupe lors des voyages organisés.
  • L’importance de bien préparer un voyage photo, seul ou avec une agence.
  • Les prestataires qu’il recommande : Objectif Nature, Melting Spot Safari avec Tony Crosceta, Photographe du Monde avec Benoît Clouet.
  • Le rôle essentiel du guide et de l’accompagnateur.
  • Le caractère aléatoire de la photographie animalière : la nature reste maîtresse.
  • L’anecdote de son voyage en Alaska avec six jours de pluie sur neuf.
  • La préparation physique et mentale nécessaire pour certaines expéditions, comme pour voir les gorilles des montagnes en Ouganda.
  • L’importance de se documenter avant de partir, tout en gardant à l’esprit que les conditions ne sont pas celles des documentaires de la BBC.
  • Conseils pratiques pour le transport du matériel photo en avion et la gestion du poids en cabine.
  • L’utilité d’emporter deux boîtiers pour être plus réactif et avoir une solution de secours.
  • Sa méthode pour sauvegarder ses photos en voyage : un ordinateur portable et un disque dur externe.
  • Pourquoi il faut attendre que l’émotion retombe avant de trier ses photos.
  • Le voyage qui l’a le plus marqué : son premier, aux îles Galapagos.
  • Son dernier voyage coup de cœur au Spietzberg, où il prévoit de retourner.
  • Réflexion sur le coût des voyages et la valeur d’une expérience en petit groupe.

FAQ

Qui est Philippe Bolle ?

Philippe Bolle est un photographe spécialisé dans la photographie animalière et de nature depuis une vingtaine d’années. Passionné de voyages, il organise des expéditions photographiques à travers le monde, notamment en Afrique, aux îles Galapagos ou au Spietzberg. Il partage dans cet épisode son expérience, de ses débuts à l’époque de l’argentique à sa pratique actuelle du numérique, marquée par la recherche de l’instant décisif.

Quels conseils donne Philippe Bolle pour préparer un voyage photo ?

Pour réussir un voyage photo, Philippe Bolle conseille de bien se renseigner sur la destination et de choisir avec soin son mode d’organisation. Il recommande de passer par des agences spécialisées pour les destinations complexes et de s’assurer de la qualité de l’accompagnateur. Il insiste aussi sur la préparation mentale : il faut accepter le caractère imprévisible de la nature et les défis physiques que certaines expéditions peuvent imposer.

Quel matériel photo emporter en voyage selon Philippe Bolle ?

Philippe Bolle est partisan d’emporter tout son matériel, quitte à ne pas tout utiliser. Il recommande vivement d’avoir deux boîtiers : un pour la réactivité, en évitant de changer d’objectif, et l’autre comme solution de secours en cas de panne. Il donne des astuces pour gérer le poids du sac en cabine, comme utiliser les poches d’un gilet pour les petits objectifs ou les accessoires.

Quelles destinations recommande Philippe Bolle pour la photo animalière ?

Parmi ses nombreux voyages, Philippe Bolle a été particulièrement marqué par deux destinations. Il recommande les îles Galapagos pour une première grande expédition photographique, un lieu qu’il a découvert avec un excellent accompagnateur. Il a également eu un coup de cœur pour le Spietzberg, pour ses paysages et sa faune uniques, un voyage qu’il considère comme exceptionnel malgré son coût élevé.

Pourquoi ne faut-il pas trier ses photos de voyage tout de suite ?

Selon Philippe Bolle, il est essentiel de laisser retomber l’émotion du voyage avant de sélectionner ses photos. Trier ses clichés immédiatement au retour, c’est prendre le risque de faire des choix influencés par le souvenir encore frais de l’expérience. En attendant quelques jours, voire quelques mois, on porte un regard plus objectif sur son travail. Ce recul permet parfois de redécouvrir des images intéressantes qu’on avait initialement écartées.

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