Une enfance africaine
Sandra-Bérénice Michel raconte son enfance, dont les six premières années se sont déroulées en Côte d’Ivoire. Loin des clichés de la savane, elle a grandi en ville mais passait ses étés dans la nature avec son père, chasseur et pêcheur. Cette expérience a forgé son rapport au monde sauvage, fondé sur une pratique de subsistance et non de loisir. Elle explique comment cette vision a durablement influencé son approche de la faune en France, et notamment sa perception de la chasse, qu’elle distingue radicalement de ce qu’elle a connu enfant.
Cette immersion précoce a nourri son amour pour toutes les formes de vie, des plus majestueuses aux plus communes comme la mésange.
De l’observation à l’image
Adolescente, la photographie s’est imposée à elle comme un moyen de conserver une trace de ses évasions dans la nature. C’est d’abord la volonté de photographier les orages qui la pousse à maîtriser la technique et le mode manuel. Elle décrit son parcours d’autodidacte, fait de nombreux essais et d’erreurs, et souligne combien les formations peuvent aujourd’hui accélérer cet apprentissage. Pour elle, l’acte photographique est une forme de « trophée de chasse » moderne et respectueux, qui immortalise l’instant sans nuire à l’animal.
« J’avais envie de prendre des photos, de garder des morceaux, des instants en tout cas de ce que je voyais pour les ramener simplement chez moi. »
Photographier en montagne
Spécialiste des milieux d’altitude, Sandra-Bérénice Michel explique que la principale différence avec la photographie en plaine est l’engagement physique. La montagne exige une bonne condition, de la rigueur et une préparation minutieuse. Elle détaille le contenu de son sac, qui allie matériel photo et équipement de sécurité indispensable (trousse de secours, eau, vêtements adaptés). Elle explique comment utiliser le relief pour faciliter les approches et se poster en affût, tout en insistant sur l’importance capitale de la direction du vent pour ne pas se faire repérer.
Pour les débutants, elle conseille de commencer au printemps ou en été, lorsque les animaux sont moins vulnérables, et de se concentrer sur des espèces comme le chevreuil.
Une éthique non négociable
Le respect de la faune est au cœur de la démarche de Sandra-Bérénice Michel. Bénévole dans un centre de sauvegarde de la LPO, elle est témoin des conséquences des dérangements humains. Elle insiste sur la nécessité de connaître les espèces et leurs comportements pour ne pas nuire, citant l’exemple très sensible des photos de renardeaux au terrier, une pratique qu’elle déconseille fortement. Cette conviction la conduit à refuser les stages purement animaliers, préférant une approche plus globale de la photo de nature pour ne pas créer de pression sur la faune.
Elle aborde également la récente polémique autour de photos d’animaux soupçonnés d’être mis en scène après leur mort, y voyant une dérive liée à la course aux « likes » sur les réseaux sociaux.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Nicolas Hulot, Erwann Balança, Marie Wilde, Adrien Coquel (Pose Nature), Fabien Gréban, Romain Doucelin.
- Organisations et médias : LPO (Ligue de Protection pour les Oiseaux), Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, Ushuaïa Nature, Arte, Instagram.
- Lieux : Côte d’Ivoire, Alpes, Occitanie, Andorre.
- Sites et ouvrages : Atmosphère Sauvage (site de l’invitée), Auxois Nature (site de l’hôte), « Faune sauvage de France Biologie, Habitat et Gestion » (livre), « La photo de nature » (livre d’Erwann Balança).
Au fil de l’épisode
- Le quotidien de Sandra-Bérénice Michel, entre stages photo et reportages.
- Son enfance en Côte d’Ivoire et l’influence de son père sur son rapport à la nature.
- La réalité de la faune africaine, loin des clichés des grands mammifères de la savane.
- L’importance de conserver un regard d’enfant sur la nature qui nous entoure.
- Ses débuts en photographie, motivés par le désir de capturer les orages.
- Le parallèle entre l’acte photographique et un instinct de chasse respectueux.
- Son apprentissage technique en autodidacte et l’intérêt des formations.
- Sa formation en cours pour devenir accompagnatrice en montagne et animatrice nature.
- La place des femmes dans le milieu de la photographie animalière.
- La principale différence de la photo en montagne : l’exigence physique.
- Les précautions à prendre avant une sortie : météo, matériel de sécurité, condition physique.
- Comment gérer la cohabitation entre photo de paysage et photo animalière.
- L’utilisation du relief et du vent pour réussir ses approches.
- L’animal qui la fait rêver : le loup, qu’elle piste depuis plusieurs années.
- Conseils pour débuter en montagne : privilégier le chevreuil, et éviter l’hiver.
- Son engagement pour la protection de la faune, notamment via la LPO.
- Pourquoi elle refuse de proposer des stages 100 % animaliers.
- Les dangers du dérangement, illustrés par le cas des renardeaux au terrier.
- Réflexion sur la polémique des photos de mulots mis en scène et la pression des réseaux sociaux.
- Son actualité : une exposition à venir et le suivi du loup dans les Alpes.
FAQ
Qui est Sandra-Bérénice Michel ?
Sandra-Bérénice Michel est une photographe professionnelle et formatrice spécialisée dans la photographie animalière et de nature en montagne. Marquée par une enfance en Afrique, elle a développé un profond respect pour la faune sauvage. Son travail allie la pratique de l’image, la randonnée et la pédagogie, avec une forte dimension éthique pour assurer la protection des animaux et de leur milieu.
Quelles sont les spécificités de la photographie en montagne ?
Selon Sandra-Bérénice Michel, la principale spécificité est la dimension physique. La montagne demande une bonne condition pour porter le matériel sur des terrains parfois difficiles avec du dénivelé. Une préparation rigoureuse est essentielle : consulter la météo, prévoir de l’eau, une trousse de secours et des vêtements adaptés. La connaissance du terrain est aussi un atout pour utiliser le relief lors des approches.
Pourquoi l’éthique est-elle si importante en photographie animalière ?
L’éthique est cruciale car un dérangement, même involontaire, peut avoir des conséquences graves pour les animaux : stress, abandon des petits, dépense d’énergie fatale en hiver. Pour Sandra-Bérénice Michel, il s’agit de respecter la faune en tant qu’êtres vivants et de ne jamais faire passer la photo avant le bien-être de l’animal. Cela implique de bien connaître les espèces, de garder ses distances et de renoncer à une image si elle présente un risque.
Comment débuter la photographie animalière en montagne ?
Sandra-Bérénice Michel conseille de commencer au printemps ou en été, car les animaux sont moins vulnérables qu’en hiver où ils luttent pour leur survie. Le chevreuil est une bonne espèce pour s’initier, en privilégiant l’affût. Il est primordial de maîtriser les bases : se poster avant l’arrivée de l’animal, faire attention à la direction du vent pour ne pas être détecté, et surtout, ne jamais déranger.
