Un parcours d’autodidacte
Photographe animalier de renom, Fabrice Cahez est particulièrement célèbre pour ses images de mammifères carnivores, notamment le chat forestier et le renard. Avant de se consacrer pleinement à sa passion, il a exercé le métier d’enseignant spécialisé, une activité qu’il a quittée il y a quelques années pour se tourner vers des engagements bénévoles. Son apprentissage de la photographie, comme celui de la nature, s’est fait entièrement sur le terrain. Il se définit comme un « autodidacte complet », ayant débuté à une époque où les ressources pour se former étaient rares, bien loin de l’abondance actuelle de magazines, festivals et forums en ligne.
Né photographiquement avec l’argentique, il raconte que le passage au numérique n’a pas changé sa manière de photographier, mais a considérablement alourdi son travail de post-production. « Avec le numérique, je passe encore plus de temps à trier des fichiers sur l’ordinateur », confie-t-il, soulignant que le coût des diapositives l’obligeait autrefois à être plus sélectif à la prise de vue.
L’art de la collaboration
Fabrice Cahez évoque longuement son livre « Sous l’aile du temps », sorti fin 2011, qu’il co-signe pour la première fois avec un autre photographe, Philippe Mouès. Cette collaboration est née d’une admiration mutuelle et d’une vision partagée de la photographie de nature. Le projet s’est construit sur un principe de démocratie absolue : les deux auteurs n’ont pas réalisé les prises de vue ensemble, mais ont pioché dans leurs archives respectives et produit de nouvelles images chacun de leur côté. La sélection finale ne retenait que les clichés qui faisaient l’unanimité. « Si on n’était pas tous les deux d’accord, on ne prenait pas », explique-t-il. Cette règle stricte a permis d’aboutir à un ouvrage où les contributions de chacun sont équilibrées, à près de 50-50.
Leur volonté n’était pas de se démarquer à tout prix, mais de rester fidèles à leur propre sensibilité. Le livre se veut avant tout un livre d’ambiances, privilégiant la dimension artistique à l’approche purement documentaire. « Notre livre est surtout un livre d’ambiance avec des couleurs et des ambiances très particulières, la brume, le brouillard, la pluie, la neige… »
Une vision artistique et engagée
Interrogé sur sa démarche, Fabrice Cahez explique naviguer entre les photos qu’il a envie de faire et celles qui sont « commercialement intéressantes ». Il reconnaît qu’un beau portrait classique d’animal avec une belle lumière reste une valeur sûre pour les publications et permet de financer des projets plus personnels ou des déplacements. Il insiste sur l’importance de savoir regarder et de ne jamais revenir bredouille, quitte à photographier une simple fleur de pommier si le renard n’était pas au rendez-vous.
L’entretien se conclut sur une note plus personnelle. Si on lui donnait le pouvoir d’un ministre de la Nature, sa toute première décision serait de faire disparaître la notion d’espèce « nuisible » de la législation. Après une période intense de promotion de ses derniers livres, il annonce faire une pause dans les festivals pour se consacrer entièrement à la photographie de terrain, promettant de futures belles images d’ici un an ou deux.
Les références de l’épisode
- Personnes : Philippe Mouès, Jean-François et Nicolas.
- Livre : « Sous l’aile du temps » de Fabrice Cahez et Philippe Mouès.
- Magazines : Nat’Images, Images et Nature.
- Marques et outils : Nikon, Nikon View, Nikon Capture.
- Lieux : la Camargue, la Scandinavie, les Vosges.
- Événement : Fécival Nature Image.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Fabrice Cahez, spécialiste de la photographie de mammifères carnivores.
- Son ancien métier d’enseignant et ses activités bénévoles actuelles.
- Son apprentissage de la photographie en autodidacte à l’ère de l’argentique.
- La transition vers le numérique et l’augmentation du temps passé en post-traitement.
- La genèse de son livre « Sous l’aile du temps », co-signé avec le photographe Philippe Mouès.
- Le processus de collaboration et la règle de sélection unanime des images.
- Sa méthode personnelle pour trier et organiser ses milliers de fichiers photo.
- L’équilibre entre les projets personnels et les photos à potentiel commercial.
- L’ambition artistique du livre, centré sur les ambiances, les couleurs et le temps qui passe.
- Sa première mesure s’il était nommé ministre de la Nature : abolir le terme « nuisible ».
- Sa décision de faire une pause dans les festivals pour se consacrer à la prise de vue.
FAQ
Qui est Fabrice Cahez ?
Fabrice Cahez est un photographe animalier français, reconnu comme un spécialiste des mammifères sauvages et farouches, notamment le chat forestier et le renard. Ancien enseignant spécialisé, il est un photographe autodidacte qui a débuté à l’époque de la photographie argentique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Sous l’aile du temps », co-signé avec Philippe Mouès, qui met en avant une approche artistique et d’ambiance de la nature.
Comment Fabrice Cahez a-t-il appris la photographie ?
Fabrice Cahez est un photographe entièrement autodidacte. Il a appris la photographie et la connaissance de la nature par lui-même, sur le terrain. Il a commencé sa pratique à une époque où les ressources pour se former, comme les magazines spécialisés ou les festivals, étaient très rares. Il a donc dû maîtriser les aspects techniques comme le diaphragme et la vitesse d’obturation en mode manuel, sans les aides automatiques des appareils modernes.
De quoi parle le livre « Sous l’aile du temps » ?
Co-écrit avec Philippe Mouès, « Sous l’aile du temps » est un livre d’art photographique qui se concentre sur les ambiances de la vie sauvage. Plutôt qu’un ouvrage documentaire, il propose une vision artistique de la nature à travers des images de faune, de paysages et de végétaux, regroupées par couleurs et atmosphères (brume, neige, pluie). Le titre évoque à la fois le temps météorologique et le temps que le photographe passe à l’affût.
Comment Fabrice Cahez et Philippe Mouès ont-ils collaboré sur leur livre ?
Leur collaboration a été entièrement démocratique. Ils n’ont pas réalisé de prises de vue ensemble sur le terrain. Ils ont d’abord regroupé leurs images existantes, puis ont travaillé chacun de leur côté pour combler les manques. La règle de sélection était simple et stricte : une photo n’était conservée que si les deux auteurs étaient d’accord. Ce processus a abouti à un ouvrage final équilibré, que chacun des photographes assume pleinement.
