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La macrophotographie avec Lorraine Bennery

Photographe professionnelle et formatrice, Lorraine Bennery est avant tout une naturaliste passionnée. Dans cet épisode, elle partage sa vision de la photographie de nature, un domaine qu'elle aborde sans se cantonner à une seule spécialité. Elle revient sur son parcours, de ses études en gestion de la nature à son installation en tant que photographe. Lorraine Bennery dévoile sa philosophie en matière de matériel, expliquant pourquoi elle privilégie les objectifs au boîtier. Elle nous plonge ensuite dans le monde de la macrophotographie, avec des anecdotes tirées de son livre « Le Kamasutra des petites bêtes », et livre ses secrets pour réussir ses clichés d'insectes.

Lorraine Bennery, la photographie du tout petit avec un regard de naturaliste

Naturaliste avant tout

Avant d’être photographe, Lorraine Bennery se définit comme une naturaliste. C’est sa formation en gestion et protection de la nature qui l’a conduite à la photographie, d’abord comme un outil pour ses études. Refusant de piquer des insectes pour constituer une collection, elle a décidé de les photographier. Cette connaissance intime du terrain est, selon elle, sa plus grande force pour réaliser ses images. Elle lui permet de savoir où et quand trouver ses sujets, et surtout de sentir si sa présence dérange. Contrairement à de nombreux photographes qui se spécialisent, Lorraine Bennery revendique une pratique très large, touchant aussi bien à la macrophotographie qu’au paysage ou à la photo de mammifères et d’oiseaux. « Ce que j’aime par-dessus tout dans la nature, c’est sa diversité. Je ne vois pas pourquoi je me restreindrais à rentrer dans une seule catégorie. »

Cette polyvalence, si elle est un épanouissement personnel, la tient cependant à l’écart des grands concours photo, qui exigent souvent de passer des semaines sur un même sujet pour obtenir l’image exceptionnelle. Un investissement en temps qu’elle préfère consacrer à la diversité de ses projets, notamment pour ses livres.

L’objectif avant le boîtier

Interrogée sur son matériel, Lorraine Bennery partage une conviction forte : la priorité doit toujours être donnée aux objectifs. Elle raconte comment, au début de son activité professionnelle, elle a investi le pécule dont elle disposait dans des optiques de qualité, se contentant d’un boîtier d’entrée de gamme. « C’est l’optique qui fait la photo beaucoup plus que le boîtier. Le boîtier va nous apporter le confort de la prise de vue mais l’optique est indétrônable. » Une philosophie illustrée par son propre équipement : elle travaille avec un Canon 5D Mark III et un téléobjectif de 500 mm qu’elle possède depuis dix ans, preuve de la durabilité d’un bon objectif.

Elle surprend d’ailleurs en expliquant qu’elle utilise ce lourd téléobjectif principalement à main levée, sans trépied ni monopode. Cette pratique lui offre une liberté de mouvement et une réactivité indispensables pour saisir un oiseau en vol ou un chevreuil qui détale. Elle y trouve une stabilité qu’elle a appris à maîtriser avec le temps.

Dans l’intimité des petites bêtes

Lorraine Bennery est l’autrice du livre « Le Kamasutra des petites bêtes », un projet né d’un constat simple : au fil des années, elle avait accumulé une grande quantité de photos d’accouplements d’insectes. Loin d’être un simple album, l’ouvrage a été pensé avec un chapitrage précis pour être à la fois instructif et amusant, et toucher un public au-delà des cercles de photographes et de naturalistes. Pour ce livre, la netteté des images était primordiale afin de montrer les détails des appendices sexuels des insectes. Elle explique que pour y parvenir, sa technique ne repose pas tant sur une grande fermeture du diaphragme que sur le choix de l’angle de prise de vue.

« C’est plus dans la recherche du plan par lequel je vais aborder mon couple que je travaille. » En se positionnant parfaitement parallèle à son sujet, elle parvient à obtenir une netteté sur toute la zone d’intérêt, même avec une faible profondeur de champ. Sur le terrain, son principal ennemi n’est pas le vent, qu’elle arrive à gérer en attendant les accalmies, mais le soleil. Une lumière trop dure est difficile à gérer, et surtout, l’ombre projetée par le photographe en s’approchant est la première cause de fuite des insectes.

Des stages photo itinérants

En plus de son travail d’autrice, Lorraine Bennery est une formatrice reconnue. Elle propose des stages photo avec une particularité : c’est elle qui se déplace à travers la France, et non l’inverse. Des Vosges au Var en passant par l’Aveyron ou l’Île-de-France, elle va à la rencontre de ses stagiaires. Ce modèle lui permet d’explorer la richesse des biotopes français et d’offrir une grande diversité de sujets. Il fidélise également ses participants, dont certains la suivent d’une région à l’autre pour continuer à apprendre tout en découvrant de nouveaux territoires. « Mon record, il est de 13 stages. J’ai un stagiaire qui est venu 13 fois en stage avec moi. »

Cette organisation demande un travail de repérage conséquent, qu’elle effectue quelques jours avant chaque stage, en s’appuyant sur sa connaissance des lieux qu’elle fréquente depuis des années. Ses stages sont ouverts à tous les niveaux, du grand débutant au photographe averti. Sur le terrain, elle privilégie une approche individualisée, adaptant ses conseils au matériel, aux envies et au niveau de chacun.

Les références de l’épisode

  • Livre : « Le Kamasutra des petites bêtes » de Lorraine Bennery
  • Livre : « Le Kamasutra des demoiselles » de Marc Giraud
  • Personnes : Régis Moscardini, Vincent Munier, Philippe Mouès, Teddy Bracard, Tony Kroceta, Marc Giraud
  • Marques et matériel : Canon (5D Mark III, 500 mm, 100 mm macro), Sigma (150-600 mm)
  • Festivals photo : Montier-en-Der, Ménigoute
  • Lieux : Kenya, Madagascar, Loire, Aveyron, Hautes-Alpes, Embrun, Île Crémieux, Nord-Isère, Guiestre, Île-de-France, Sénart, Vosges, Orléans
  • Média : blog Oxonature.com, émission « Les Petits Bateaux » sur France Inter

Au fil de l’épisode

  • Présentation de Lorraine Bennery, photographe professionnelle et formatrice photo.
  • Son parcours de naturaliste, une compétence qu’elle juge essentielle pour la photographie de nature.
  • Comment la photographie est devenue un outil pour créer une collection d’insectes sans les tuer.
  • L’importance de la connaissance du terrain pour trouver les sujets et ne pas les déranger.
  • Sa volonté de ne pas s’enfermer dans une seule spécialité photographique (macro, animalier, paysage).
  • La difficulté de concilier cette approche généraliste avec les exigences des concours photo.
  • Présentation de son matériel photo, notamment son téléobjectif 500 mm qu’elle possède depuis 10 ans.
  • Sa philosophie : investir en priorité dans les objectifs plutôt que dans le boîtier.
  • Pourquoi elle utilise son 500 mm à main levée pour plus de réactivité et de liberté.
  • L’origine de son livre « Le Kamasutra des petites bêtes », né de sa collection de photos d’accouplements.
  • Le travail de chapitrage pour en faire un livre instructif et amusant.
  • Sa technique en macrophotographie pour obtenir une grande zone de netteté sur de très petits sujets.
  • L’importance du choix du plan de prise de vue par rapport au sujet.
  • Pourquoi le soleil et la lumière dure sont plus problématiques que le vent.
  • Comment l’ombre projetée par le photographe peut faire fuir les insectes.
  • Le concept original de ses stages photo : elle se déplace dans toute la France.
  • Les avantages de ce modèle itinérant pour elle et pour ses stagiaires.
  • La gestion des repérages et de la logistique dans les différentes régions.
  • Ses stages sont ouverts à tous les niveaux, du débutant à l’expert.
  • Son approche pédagogique individualisée sur le terrain.
  • Le conseil final de Lorraine : prendre son temps avec des sujets simples et accessibles pour progresser.

FAQ

Qui est Lorraine Bennery ?

Lorraine Bennery est une photographe professionnelle, formatrice et naturaliste. Spécialiste reconnue de la macrophotographie, elle pratique également la photographie animalière et de paysage. Son approche est fortement influencée par sa formation initiale en gestion de la nature. Elle est l’autrice du livre « Le Kamasutra des petites bêtes » et organise des stages photo itinérants dans toute la France.

Quelle est la philosophie de Lorraine Bennery sur le matériel photo ?

Selon elle, la qualité d’une photo dépend bien plus de l’objectif que du boîtier. Elle conseille d’investir en priorité dans de bonnes optiques, quitte à choisir un boîtier plus modeste. Elle-même utilise un téléobjectif de 500 mm depuis dix ans, prouvant que les objectifs sont un investissement durable. Pour elle, l’optique est « indétrônable » tandis que le boîtier apporte surtout un confort d’utilisation.

Comment Lorraine Bennery réussit-elle ses photos macro ?

Pour obtenir une grande netteté sur ses sujets, sa technique principale consiste à choisir son angle de prise de vue avec soin pour se placer sur le même plan que la zone qu’elle souhaite nette. Cette approche lui permet d’avoir une grande partie de l’insecte parfaitement nette, même en utilisant une faible profondeur de champ. Le placement du photographe est donc plus important que le seul réglage du diaphragme.

Pourquoi le soleil est-il un problème en macrophotographie selon elle ?

Lorraine Bennery explique que la lumière dure du soleil est son principal ennemi. Contrairement à la photographie de plantes où elle peut créer de l’ombre pour adoucir la lumière, faire de l’ombre à un insecte le fait souvent fuir. Les insectes sont très sensibles à l’apparition soudaine d’une ombre, qu’ils perçoivent comme une menace et qui les fait décoller instantanément.

En quoi ses stages photo sont-ils originaux ?

Lorraine Bennery a la particularité de se déplacer dans toute la France pour animer ses stages. Plutôt que de faire venir les participants dans un seul lieu, elle va à leur rencontre dans différentes régions comme les Vosges, l’Aveyron ou l’Île-de-France. Cette approche lui permet de proposer une grande diversité de sujets et de paysages, et de fidéliser ses stagiaires qui peuvent la suivre dans plusieurs régions.

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