Des sommets alpins à l’image
Originaire de la vallée de la Maurienne, Guillaume Collombet a grandi au cœur des Alpes, parcourant la montagne depuis son plus jeune âge. C’est pour témoigner de ses rencontres rares avec la faune locale, comme le tétras-lyre ou le gypaète barbu, qu’il se tourne vers la photographie. Poussé par des photographes amateurs locaux, il crée un blog à 11 ou 12 ans et les retours positifs l’encouragent à persévérer. Totalement issu de la génération numérique, il apprend sur le terrain, en solitaire, développant une approche intime de la nature qui l’entoure.
Ce qui le motive, c’est un ensemble de choses : le plaisir d’être seul dans les grands espaces, la force des rencontres animales sans dérangement, et le partage de ces moments. « Quand on arrive à s’effacer, à disparaître dans le milieu, […] je crois que c’est là où ça devient un petit peu magique dans les photos. »
L’art de l’ambiance
Plutôt que de chercher le portrait animalier toujours plus serré, Guillaume Collombet s’attache à capturer une atmosphère. Il préfère composer ses images « comme un tableau », en intégrant l’animal dans son environnement pour le mettre en valeur. Cette recherche artistique le distingue et guide ses choix, comme celui d’utiliser un zoom 100-400 mm qui lui offre plus de flexibilité pour varier ses cadrages en montagne. Cette philosophie se retrouve dans l’organisation de son portfolio, classé par ambiances et milieux plutôt que par espèces.
Après des études dans l’environnement, notamment des BTS en gestion forestière et en gestion et protection de la nature, il intègre l’IFCAM, l’école de cinéma animalier de Ménigoute. Cette formation lui ouvre les portes de la vidéo, un médium plus complexe où il apprend à raconter des histoires, à maîtriser le montage et la prise de son.
La quête du lièvre blanc
Guillaume Collombet consacre actuellement l’essentiel de son temps à son premier long métrage : « Le Lièvre Blanc, histoire de photographe animalier ». Le film suit un double récit : sa propre tentative de faire de sa passion son métier, et sa quête pour filmer un animal particulièrement discret et méconnu. Le choix du lièvre blanc n’est pas anodin : c’est une espèce oubliée, difficile à observer, qui vit dans des conditions extrêmes jusqu’à 3000 mètres d’altitude. Cette difficulté renforce la narration de la quête, emblématique du métier de photographe animalier.
Le projet, autoproduit grâce au soutien de partenaires et d’un appel aux dons, lui offre une totale liberté créative. Pour la bande sonore, il collabore avec le compositeur Anthony Touzalin, qui s’est imprégné des lieux du tournage pour créer une musique originale, utilisant même des sons enregistrés dans la nature (bois, pierres) pour enrichir ses compositions.
Les références de l’épisode
- Personnes : Régis Moscardini, Michel Doutremont, Bastien Riu, Anthony Touzalin, Ronan Fournay-Crystal, Yanis Dumoutier.
- Œuvres : le film « Le Lièvre Blanc, histoire de photographe animalier ».
- Lieux et institutions : les Alpes, la vallée de la Maurienne, l’IFCAM (Institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute), le festival du film animalier de Ménigoute, l’Université de Poitiers, le Parc National des Écrins.
- Matériel : appareils Canon 7D et 50D, objectifs Canon 100-400 mm, 17-50 mm et 70 mm macro.
- Espèces animales : lièvre blanc (ou lièvre variable), tétras-lyre, coq de bruyère, gypaète barbu, bouquetin, chevreuil, lapin de Garenne.
Au fil de l’épisode
- Les origines de Guillaume Collombet, montagnard né dans les Alpes.
- Le déclic pour la photographie : le désir de partager ses observations naturalistes.
- L’équilibre entre la solitude sur le terrain et le plaisir du partage avec le public.
- Son parcours de formation, entre études sur l’environnement et l’école de cinéma animalier IFCAM.
- Les contraintes spécifiques de la photographie en montagne l’hiver : poids du matériel, déplacement dans la neige et risques d’avalanche.
- Son choix de matériel Canon et sa préférence pour le zoom afin de composer avec le paysage.
- Sa philosophie photographique : privilégier l’ambiance et l’animal dans son décor plutôt que le portrait serré.
- Présentation de son projet de long métrage, « Le Lièvre Blanc ».
- Pourquoi avoir choisi le lièvre blanc, un animal méconnu et très difficile à approcher.
- Ses conseils techniques pour débuter en vidéo animalière : stabilité, variation des plans et importance du son.
- La collaboration avec le compositeur Anthony Touzalin pour la bande originale du film.
FAQ
Qui est Guillaume Collombet ?
Guillaume Collombet est un jeune photographe et cinéaste animalier français. Originaire des Alpes, il est spécialiste de la faune de montagne. Après des études dans le domaine de l’environnement, il s’est formé au cinéma animalier à l’IFCAM. Son travail se caractérise par une approche artistique qui privilégie l’ambiance et l’intégration de l’animal dans son milieu naturel. Il réalise actuellement son premier long métrage sur le lièvre blanc.
Quelle est la particularité de l’approche photographique de Guillaume Collombet ?
Son approche se distingue par une recherche artistique centrée sur l’ambiance plutôt que sur la performance technique. Il cherche moins à réaliser un portrait très serré de l’animal qu’à le mettre en valeur dans son environnement. Il compose ses images comme des tableaux, en jouant avec les décors, les lignes et les lumières pour créer une émotion et raconter une histoire, considérant que cela glorifie l’animal.
De quoi parle le film « Le Lièvre Blanc » ?
« Le Lièvre Blanc, histoire de photographe animalier » est un film documentaire qui suit une double trame narrative. D’une part, il raconte la quête de Guillaume Collombet pour observer et filmer le lièvre blanc, un animal très discret des montagnes. D’autre part, le film se penche sur son propre parcours et les défis rencontrés par un jeune photographe qui tente de faire de sa passion son métier.
Quelle formation Guillaume Collombet a-t-il suivie ?
D’abord autodidacte en photographie, Guillaume Collombet a suivi un parcours orienté vers la nature. Il a obtenu un BTS en gestion forestière, puis un BTS en gestion et protection de la nature. Ces diplômes lui ont ensuite permis d’intégrer l’IFCAM, l’unique école publique de cinéma animalier en Europe, située à Ménigoute, où il s’est formé à la réalisation de documentaires.
Quels conseils Guillaume Collombet donne-t-il pour la vidéo animalière ?
Il insiste sur trois points essentiels. Premièrement, la stabilité : l’usage d’un trépied est quasi obligatoire avec un téléobjectif. Deuxièmement, la narration : il faut penser en séquences et varier les valeurs de plan (plan large, gros plan) pour dynamiser le montage. Enfin, le son est crucial : une bonne prise de son ou une musique bien choisie peut transformer la perception d’une vidéo.
