Virée en terre alternative
Pour poursuivre son expérience d’un mois sans supermarché, la journaliste Aurore Malval s’est rendue à Mouans-Sartoux, qu’elle décrit comme un « paradis de la consommation alternative ». Elle y a visité Boomerang, une épicerie zéro déchet qui vend tous ses produits en vrac, des pâtes aux shampoings. Le principe est simple : les clients viennent avec leurs propres contenants et achètent uniquement la quantité dont ils ont besoin. Selon les habitués, cette méthode permet de faire des économies substantielles, non pas sur le prix des produits, mais en luttant contre le gaspillage alimentaire. Tenue par un couple ayant quitté la région parisienne pour un projet porteur de sens, l’épicerie s’inscrit dans une dynamique locale forte.
Devant la boutique, un potager partagé, inspiré du mouvement des « Incroyables Comestibles », permet à quiconque de cultiver et de se servir. L’épicerie propose aussi les produits de la « cueillette solidaire » de Sophie Alain, une association qui récolte les fruits non ramassés chez les particuliers pour financer des emplois d’insertion.
Du jardin à la paillasse
L’exploration des circuits courts a mené Aurore Malval sur les hauteurs de Menton, au Jardin d’Ève, une exploitation de fleurs comestibles qui fournit les grands chefs de la Côte d’Azur. Elle y a découvert le goût acidulé des bégonias et la délicatesse des pensées, utilisées pour aromatiser subtilement les plats. La propriétaire, Ève, lui a expliqué son métier, un travail de précision où les fleurs doivent être cueillies à l’aube, avant que le soleil ne les abîme. « La beauté se mange », résume-t-elle joliment.
L’expérience s’est aussi transformée en atelier de chimie. Après un échec pour transformer du lierre en lessive, Aurore a tenté de fabriquer son propre liquide vaisselle à partir d’une recette trouvée en ligne. Le résultat, une mixture biphasée à base de savon noir et de bicarbonate, s’est avéré peu concluant mais fonctionnel. Cette quête l’a conduite jusqu’à la boutique Bérénice et Eglantine, dans le Vieux-Nice, où la gérante lui a livré des recettes bien plus simples et efficaces pour faire sa lessive et ses produits d’entretien, notamment à base de savon de Marseille.
Un bilan en demi-teinte
Au terme de ce mois, le bilan est clair : non, vivre sans supermarché ne coûte pas plus cher. En achetant précisément ce qu’elle consomme et en cuisinant tous les légumes de ses paniers AMAP, la journaliste a considérablement réduit le gaspillage. L’autre avantage majeur est humain : elle a rencontré des commerçants et des producteurs passionnés, renouant ainsi le lien avec l’origine de son alimentation. « Les supermarchés nous déconnectent complètement de notre alimentation », constate-t-elle, citant une consœur du Figaro ayant mené la même expérience.
Cependant, tout n’est pas rose. Le principal inconvénient est le temps. Courir d’une épicerie à un marché, puis aller chercher son panier de légumes à une heure précise demande une logistique et de nombreux déplacements, un vrai défi quand on n’habite pas en centre-ville. Si elle ne pense pas abandonner totalement les grandes surfaces, Aurore Malval est certaine d’une chose : elle a durablement changé son regard, et ne mangera plus de tomates en hiver.
Les références de l’épisode
- Épicerie Boomerang (Mouans-Sartoux)
- Les Incroyables Comestibles
- La cueillette solidaire de Sophie Alain
- Jardin d’Ève (Menton)
- Boutique Berenice et Eglantine (Vieux-Nice)
- AMAP Loubalico (Nice)
- La Ruche qui dit oui
- Épicerie 21 paysans
- commentéconomiser.fr
- Le Tawashi (éponge zéro déchet)
- Savon de Marseille
- Bicarbonate de soude
- Savon noir
Au fil de l’épisode
- Bilan de l’expérience d’un mois sans supermarché, après une parenthèse au Festival de Cannes.
- Visite de l’épicerie en vrac Boomerang à Mouans-Sartoux, un commerce zéro déchet.
- Le principe de l’achat en vrac : amener ses contenants pour acheter la juste quantité et éviter le gaspillage.
- L’histoire des propriétaires de l’épicerie, un couple en reconversion professionnelle.
- Découverte du potager partagé devant la boutique, inspiré des « Incroyables Comestibles ».
- Évocation de la « cueillette solidaire » de Sophie Alain, qui récolte les fruits des jardins privés.
- Immersion au Jardin d’Ève à Menton, une exploitation de fleurs comestibles pour les restaurateurs.
- Dégustation de bégonias et de pensées, et explication sur la cueillette matinale des fleurs.
- Conseils pour cultiver soi-même des fleurs comestibles comme les capucines ou les soucis.
- Retour sur l’échec de la fabrication de lessive au lierre.
- Tentative de création d’un liquide vaisselle maison avec une recette en ligne (bicarbonate, savon noir, huiles essentielles).
- La découverte du Tawashi, une éponge écologique fabriquée avec de vieilles chaussettes.
- Rencontre avec Bérénice, de la boutique Berenice et Eglantine à Nice.
- Le déclic de la grossesse, qui pousse de nombreuses clientes à se tourner vers des produits naturels.
- La recette ultra-simple de Bérénice pour faire 1,5 litre de lessive avec 50 grammes de savon de Marseille.
- Ses conseils pour un produit vaisselle efficace et naturel.
- Conclusion de l’expérience : non, consommer local ne coûte pas plus cher grâce à la réduction du gaspillage.
- Le plaisir de rencontrer les producteurs et de se reconnecter à son alimentation.
- Les inconvénients : la nécessité de beaucoup se déplacer et le temps requis pour l’organisation des courses.
- La décision de continuer à privilégier les légumes locaux et de saison.
FAQ
Comment vivre sans supermarché sur la Côte d’Azur ?
L’expérience montre plusieurs alternatives aux grandes surfaces. Il est possible de se fournir dans des épiceries spécialisées dans le vrac et le zéro déchet, de s’abonner à des paniers de légumes via une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), ou encore de se rendre sur les marchés pour rencontrer les producteurs locaux. Des initiatives comme La Ruche qui dit oui permettent également de commander directement auprès des agriculteurs de la région.
Est-ce que faire ses courses en circuit court coûte plus cher ?
Selon le bilan tiré dans l’épisode, le budget final n’est pas plus élevé. Si certains produits à l’unité peuvent sembler plus chers que leur équivalent industriel, l’économie se fait sur deux plans. D’une part, l’achat en vrac permet de prendre uniquement la quantité nécessaire, ce qui évite les surplus. D’autre part, en cuisinant des produits frais et de saison, on réduit drastiquement le gaspillage alimentaire, ce qui compense le coût initial.
Quelles sont les alternatives pour les produits d’entretien ?
L’épisode explore la fabrication de produits maison. La lessive peut être réalisée très simplement en dissolvant des copeaux de savon de Marseille dans de l’eau chaude. Pour la vaisselle, des ingrédients comme le bicarbonate de soude, le savon noir ou le sel d’Epsom sont efficaces. Ces produits de base, disponibles en vrac, permettent de créer des nettoyants naturels, économiques et sans emballages superflus.
Qu’est-ce qu’une épicerie en vrac ?
Une épicerie en vrac est un magasin qui vend des produits sans emballage individuel. Les clients sont invités à venir avec leurs propres contenants (bocaux, sacs en tissu) qu’ils remplissent eux-mêmes. On y trouve de l’alimentaire sec (pâtes, riz, fruits secs), mais aussi des liquides (huile, vinaigre) et même des produits d’hygiène ou d’entretien. Le but est de réduire les déchets à la source et de lutter contre le gaspillage en n’achetant que la quantité désirée.
Quels sont les inconvénients d’une vie sans supermarché ?
Le principal obstacle est la gestion du temps. S’approvisionner en circuit court demande de se déplacer dans plusieurs endroits différents (marché, épicerie, point de collecte AMAP), ce qui peut être chronophage, surtout si l’on n’habite pas en centre-ville. Cela exige également une meilleure organisation, notamment pour planifier les repas et conserver les légumes frais d’un panier pour ne rien jeter.
