Un parcours d’aventurier
Loïc Lechelle se présente comme un photographe au parcours atypique. Chef de sa propre entreprise de production audiovisuelle, Megapixel, il se consacre à des projets documentaires sur la nature et l’aventure. Il évoque notamment son dernier projet, Rivière Zoubliée, un web-documentaire interactif qui plonge le spectateur dans une expérience active, loin de la passivité des formats télévisuels classiques. Cette passion pour l’image et la nature remonte à son enfance, lorsqu’il a découvert la photographie grâce à sa sœur, qui travaillait pour Médecins Sans Frontières et rapportait des clichés ethniques fascinants de ses voyages.
Dès l’âge de dix ans, animé par une volonté d’agir concrètement pour la faune, il crée sa propre association pour soigner les animaux sauvages blessés qu’il trouvait près de chez lui. Cette vocation précoce le mènera à une année d’études vétérinaires, qu’il abandonnera, frustré par le manque de terrain, pour se tourner vers une formation en sports. Son objectif : acquérir les compétences physiques nécessaires pour atteindre les milieux les plus reculés et y photographier la faune, comme le léopard des neiges, l’un de ses prochains défis.
La passion du Kenya
Parmi toutes ses destinations, le Kenya occupe une place particulière dans le cœur de Loïc Lechelle. Un attachement né, de son propre aveu, du dessin animé Le Roi Lion, qui a cristallisé son rêve de savane africaine. Ce rêve est devenu réalité à 23 ans, lors d’un premier voyage qui s’est transformé en une relation durable avec le pays. Il y a rencontré son mentor, le photographe Tony Croseta, et a commencé à collaborer avec son agence, Melting Pot Safari, pour laquelle il guide désormais des stages photo. Sa fascination se porte tout particulièrement sur les félins, pour leur intelligence et leur caractère solitaire et autonome, qui résonne avec son propre esprit d’aventurier.
Il explique que le parc du Maasai Mara est un lieu idéal pour la photographie animalière. Les animaux y sont habitués depuis des décennies à la présence des véhicules, qui font partie du décor. Il est ainsi possible de les approcher de très près sans les déranger, à condition de rester dans le 4×4. « Si vous sortez, vous êtes une proie », prévient-il, soulignant la différence de perception des animaux entre le véhicule, un objet métallique inoffensif, et un humain à pied, perçu comme une menace ou une proie potentielle.
Réussir son safari photo
Loïc Lechelle partage de nombreux conseils pratiques pour quiconque souhaite organiser un safari photo. Le premier point est le budget : il faut compter environ 80 euros par jour et par personne juste pour les droits d’entrée dans les grands parcs comme le Maasai Mara. Le choix du véhicule est également crucial : il déconseille les minibus bondés, inadaptés à la pratique de la photo, et recommande des 4×4 spécialisés où chaque photographe a un accès dégagé. Pour un photographe seul, se joindre à un stage photo est souvent la solution la plus économique et la plus enrichissante, car elle permet de partager les coûts et de bénéficier de l’expérience d’un groupe.
Le rôle du chauffeur-guide local est, selon lui, l’élément le plus déterminant pour la réussite d’un safari. Ces guides, souvent des Maasaï, possèdent une connaissance inégalée du terrain et une acuité visuelle leur permettant de repérer des animaux à des kilomètres. Ceux de Melting Pot Safari sont spécifiquement formés pour répondre aux exigences des photographes : placement du véhicule par rapport à la lumière, anticipation des comportements animaux, patience. Enfin, il conseille d’éviter les mois de juillet et août, surfréquentés, et de privilégier septembre ou octobre pour observer la grande migration des gnous dans de meilleures conditions.
L’art de l’observation
Au-delà des aspects techniques, le conseil le plus important de Loïc Lechelle est d’apprendre à observer. Il met en garde contre le piège de la surproduction d’images, où le photographe, obsédé par son viseur, en oublie de vivre l’instant présent et de s’imprégner de l’ambiance. « Mon premier conseil, c’est de se servir des jumelles et de ses propres yeux pour observer », insiste-t-il. Il raconte l’anecdote d’un stagiaire qui, focalisé sur une scène, n’a même pas remarqué le léopard qui se trouvait à cent mètres de là. Pour lui, une bonne photo se pense, elle naît d’une composition réfléchie et d’une compréhension de l’environnement.
Cette philosophie l’amène à explorer des territoires de plus en plus sauvages, comme la rivière Horton au Canada, où les animaux n’ont quasiment jamais vu l’homme. L’expérience y est radicalement différente de celle du Kenya : le rapport à l’animal est plus authentique, plus curieux, loin du stress de la faune européenne. C’est cette quête d’authenticité qui le pousse à organiser des expéditions en autonomie complète, où l’aventure humaine et la connexion à la nature priment sur la simple capture d’images.
Les références de l’épisode
- Personnes : Régis Moscardini, Vincent Munier, Philippe Bolle, Tony Croseta, Mathieu Pujol, Fabien Gréman.
- Organisations et entreprises : Megapixel, je-reussis-mes-photos.com, Médecins Sans Frontières, WWF, LPO, Athéna, Melting Pot Safari, Kenya Wildlife Service (KWS), Let’s Go Travel, Objectif Location, Objectif Bastille, Disney.
- Œuvres citées : le web-documentaire « Rivière Zoubliée », les films « Le Roi Lion », « La Reine des Neiges » et « Frères des Ours ».
- Lieux : Kenya, Maasai Mara, Canada, Cordillère des Andes, les Rocheuses, les Alpes, Spitsberg, Namibie, Botswana, Tanzanie, Serengeti, Rivière Horton.
- Marques : Sigma, Tamron, Canon, Nikon.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Loïc Lechelle, photographe, vidéaste et chef d’entreprise.
- Sa société de production Megapixel et son web-documentaire interactif « Rivière Zoubliée ».
- Ses débuts en photographie, inspirés par sa sœur qui travaillait pour Médecins Sans Frontières.
- La création, à 10 ans, de sa propre association pour soigner les animaux blessés.
- Son parcours d’études, d’une année en école vétérinaire à une faculté de sport pour accéder aux milieux naturels les plus exigeants.
- L’importance de la condition physique pour le photographe animalier d’expédition.
- Son attachement particulier pour le Kenya, né de sa passion pour le film « Le Roi Lion ».
- Sa fascination pour les félins, leur intelligence et leur autonomie.
- Conseils pratiques pour organiser un premier safari photo : budget, droits d’entrée dans les parcs.
- L’importance de choisir un véhicule adapté à la photographie, et non un minibus de tourisme.
- Pourquoi le Maasai Mara est un lieu privilégié où les animaux sont habitués à la présence des 4×4.
- Le rôle absolument crucial du chauffeur-guide local, sa connaissance du terrain et sa vision.
- L’avantage de se joindre à un stage photo, notamment pour une personne seule.
- La spécificité des guides de Melting Pot Safari, formés aux besoins des photographes.
- Les meilleures périodes pour partir au Maasai Mara, en évitant la foule de juillet-août.
- Le matériel photo à privilégier : des longues focales entre 300 et 500 mm.
- L’intérêt de la location de matériel pour un voyage ponctuel.
- Le conseil d’utiliser deux boîtiers pour éviter de changer d’objectif dans la poussière.
- Son principal conseil : arrêter de photographier pour prendre le temps d’observer avec ses yeux et ses jumelles.
- L’importance de la composition et de la recherche d’une image qui raconte une histoire.
- Ses autres projets d’expéditions, notamment en Namibie et sur la rivière Horton au Canada.
- La différence fondamentale entre photographier des animaux habitués à l’homme et des animaux totalement sauvages.
- Présentation de son expédition en canoë sur la rivière Horton, en autonomie complète.
FAQ
Qui est Loïc Lechelle ?
Loïc Lechelle est un photographe animalier, vidéaste et réalisateur français. Passionné par la nature depuis l’enfance, il a fondé sa propre société de production audiovisuelle, Megapixel, spécialisée dans les documentaires d’aventure. Il est particulièrement attaché à la faune du Kenya, où il guide des safaris et stages photo. Aventurier, il organise également des expéditions sportives en autonomie complète dans des régions reculées comme le Canada.
Comment préparer un safari photo au Kenya ?
Selon Loïc Lechelle, il faut d’abord prévoir un budget conséquent, incluant environ 80 euros par jour juste pour les droits d’entrée dans les parcs. Il est crucial de choisir une agence spécialisée pour photographes, qui utilise des 4×4 adaptés plutôt que des minibus. Il recommande de privilégier les saisons intermédiaires comme septembre-octobre pour éviter la foule estivale. Pour une personne seule, se joindre à un stage photo est la meilleure option.
Quel matériel photo faut-il pour un safari ?
Loïc Lechelle conseille d’emporter une longue focale, idéalement entre 300 mm et 500 mm. Des zooms comme les 150-600 mm de Sigma ou Tamron sont de bonnes options. Pour un usage ponctuel, il recommande de louer un objectif de qualité plutôt que d’investir. Il suggère aussi de partir avec deux boîtiers : un avec la longue focale et un second avec un grand-angle pour les paysages, afin d’éviter de changer d’optique dans la poussière.
Pourquoi le guide local est-il si important pour un safari photo ?
Le guide-chauffeur local est la clé d’un safari réussi. Il possède une connaissance intime du terrain, des habitudes des animaux et une capacité à les repérer que personne d’autre n’a. Un guide formé pour les photographes saura comment placer le véhicule pour obtenir la meilleure lumière, anticiper une action et faire preuve de la patience nécessaire, ce qui fait toute la différence par rapport à un touriste classique qui souhaite juste voir un animal.
Quel est le principal conseil de Loïc Lechelle pour réussir ses photos animalières ?
Son conseil fondamental est de privilégier l’observation à la prise de vue compulsive. Il invite les photographes à poser leur appareil, à utiliser leurs jumelles et leurs yeux pour s’imprégner de l’ambiance, comprendre le comportement des animaux et l’environnement. C’est en observant d’abord que l’on peut ensuite construire une image forte et bien composée, plutôt que de simplement accumuler des souvenirs sans avoir réellement vécu l’instant.
