Un ornithologue passé à la photographie
Frédéric Tillier est né et a grandi en Bresse louhannaise, à la campagne, et c’est là, raconte-t-il, qu’est née sa passion pour la nature et en particulier pour les oiseaux. L’ornithologie de terrain est venue d’abord ; la photographie a suivi, « en complément et en parallèle », comme deux chemins qui avancent côte à côte. Il tient le site Déclic Sauvage et fait partie de l’association Bourgogne Photonature. Installé en Saône-et-Loire, il vit à deux pas de la réserve naturelle de la Truchère-Ratenelle, mais y photographie peu : une réserve exige une autorisation très particulière. Il préfère le milieu qui l’entoure, la confluence de la Saône et de la Seille, riche en zones humides. Il a acheté son premier boîtier à 20 ans, pour des photos souvenirs et des paysages, avant de rencontrer un photographe voisin qui écrivait pour le magazine Chasseur d’Images. C’est lui qui l’a poussé à fabriquer son premier affût, l’abri camouflé d’où l’on observe les animaux sans être vu. À l’époque, il travaillait en diapositive : chaque déclenchement comptait, l’exposition était plus difficile et les déchets nombreux.
Face au flot d’images de qualité qui circulent aujourd’hui, il ne se décourage pas : « on ne fait pas la photo finalement pour le résultat seul », dit-il, c’est la démarche qui compte.
L’affût flottant, au ras de l’eau
Ses terrains de prédilection sont ceux qu’il connaît le mieux : le Val de Saône, la basse vallée du Doubs et le Val de Seille. Ces milieux lui permettent de pratiquer l’affût flottant, un affût posé sur l’eau qui permet d’approcher les oiseaux au plus près. Il l’utilise en étang, avec autorisation, en rivière, et dans les zones inondables au printemps, lors de fenêtres très courtes qui ne se présentent pas toutes les années. Il prépare ses sorties par des repérages aux jumelles et à la longue-vue, car une bonne photo, explique-t-il, se fait rarement sans préparation. Il reconnaît aussi avoir sous-estimé la photo à la mangeoire, qu’il juge aujourd’hui « une bonne école » pour apprendre à viser, cadrer et déclencher vite. Côté matériel, il assume une pratique d’amateur qui ne lui rapporte aucun revenu : il achète beaucoup d’occasion, a choisi Nikon dès le départ pour la compatibilité des anciennes optiques, et travaille surtout avec un 500 mm en mise au point manuelle qu’il possède depuis près de huit ans, complété par un affût tente qui se monte en quelques secondes. Il photographie en RAW et développe ses fichiers avec le logiciel de Nikon, sans passer beaucoup de temps en retouche.
Sur son site, il publie des carnets de terrain, des récits illustrés écrits à partir de notes prises sur le vif. Parmi ses souvenirs les plus forts : un renard lointain sur un étang complètement gelé, et un épervier d’Europe capturant un guêpier d’Europe presque sous ses yeux, qu’il a pu suivre depuis son affût flottant.
Les références de l’épisode
- Déclic Sauvage, le site de Frédéric Tillier
- Bourgogne Photonature, association de photographes naturalistes dont il est membre
- Chasseur d’Images, magazine de photographie dont un auteur a accompagné ses débuts
- Erwan Balança, photographe animalier, dont un livre est évoqué à propos des photos d’oiseaux à la mangeoire
- Réserve naturelle de la Truchère-Ratenelle, voisine de son lieu de vie
- Capture NX, logiciel de Nikon utilisé pour développer les fichiers RAW
- LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), citée pour ses comptages d’oiseaux
Au fil de l’épisode
- Une enfance en Bresse louhannaise et une passion précoce pour les oiseaux
- L’ornithologie de terrain, menée en parallèle de la photographie
- Vivre près de la réserve de la Truchère-Ratenelle, et pourquoi il y photographie peu
- Premier boîtier à 20 ans, rencontre d’un auteur de Chasseur d’Images et premier affût fabriqué
- De la diapositive au numérique : garder du sens face au flot d’images
- La photo à la mangeoire, une école du réflexe
- Zones humides et affût flottant : étangs, rivières et zones inondables
- Un portfolio consacré à la basse vallée du Doubs, un autre en projet sur la Saône
- Les carnets de terrain publiés sur son site
- Une pratique d’amateur, du matériel d’occasion et la fidélité à Nikon
- Un 500 mm en mise au point manuelle et un affût tente portable
- Un post-traitement léger à partir du RAW
- Les photographes naturalistes qui l’inspirent
- Deux images marquantes : un renard sur un étang gelé, un épervier et un guêpier
- Son conseil aux débutants : observer et rejoindre une association ornithologique
FAQ
Qui est Frédéric Tillier ?
Frédéric Tillier est un photographe amateur bourguignon, originaire de la Bresse louhannaise, passionné d’oiseaux depuis l’enfance. Ornithologue de terrain, il photographie surtout les zones humides du Val de Saône, de la basse vallée du Doubs et du Val de Seille. Il ne vit pas de la photographie et partage ses images et ses récits d’affût sur son site, Déclic Sauvage.
Qu’est-ce que l’affût flottant en photographie animalière ?
L’affût flottant est un abri camouflé posé sur l’eau, depuis lequel le photographe approche les oiseaux sans les déranger. Frédéric Tillier le pratique en étang avec autorisation, en rivière et dans les zones inondables au printemps. Ces dernières offrent des fenêtres très courtes, qui ne se présentent pas toutes les années et demandent d’être prêt.
Pourquoi photographier les oiseaux à la mangeoire ?
Pour Frédéric Tillier, la photo à la mangeoire est une bonne école : elle apprend à viser, à cadrer et à déclencher très vite. Il regrette de l’avoir pratiquée tard, après avoir longtemps vécu en appartement. Ce réflexe acquis sert ensuite face à une espèce plus rare, quand l’occasion ne se présente qu’une fois.
Faut-il du matériel neuf pour débuter en photo d’oiseaux ?
Selon Frédéric Tillier, le marché de l’occasion permet de trouver de bonnes affaires, surtout pour les trépieds et les téléobjectifs, via les forums ou des connaissances. Le boîtier demande plus de prudence, car c’est lui qui capte l’image. Lui-même travaille depuis près de huit ans avec un 500 mm en mise au point manuelle.
Quel conseil pour débuter la photographie d’oiseaux ?
Frédéric Tillier insiste sur l’observation et la connaissance des espèces et de leur comportement. Il conseille de se rapprocher d’une association ornithologique, présente dans chaque département, pour apprendre auprès de spécialistes. La LPO, qui réalise souvent des comptages d’oiseaux, est citée en exemple au cours de l’échange.
