La pression de l’indépendance
Pierre Vandekerckhove raconte les débuts de son parcours de freelance, une aventure démarrée en septembre 2018. Il explique que la transition du salariat à l’indépendance s’accompagne d’une perte de repères : sans manager ni cadre horaire imposé, c’est au freelance de fixer ses propres règles. Cette liberté peut vite devenir un piège. S’ajoute à cela une forme de pression sociale et personnelle, un « besoin de prouver » à soi-même et à son entourage que ce choix de vie est le bon. Pour Pierre, ce désir de réussite s’est traduit par une charge de travail intense, au point de s’oublier personnellement.
Il souligne une différence fondamentale avec le salariat : « En entreprise, même quand c’est de ta faute, tu peux dire que ton manager c’est un con. Sauf qu’en fait là, quand tu fais ça, c’est toi que tu blâmes. »
Le jour où tout s’arrête
Moins de neuf mois après ses débuts, en mai 2019, le corps de Pierre dit stop. Il décrit son burnout non pas comme une baisse de moral, mais comme un effondrement physique et nerveux. Le déclencheur a été un matin où, à la simple pensée de devoir travailler, il s’est mis à pleurer de manière incontrôlable. Il avait déjà observé des signes de fatigue les mois précédents, notamment après un voyage de travail en Thaïlande, mais les avait ignorés. Malgré la prise de conscience, il lui a fallu plus d’un mois pour accepter de s’arrêter vraiment, continuant à travailler pour honorer ses engagements, avançant sur une « crête » psychologique fragile.
Pour s’en sortir, il a dû couper complètement pendant plusieurs mois, aidé par une thérapeute et un coach professionnel, et soutenu par ses proches, notamment son associée Sophia.
Reconstruire un équilibre durable
Cette expérience a forcé Pierre à redéfinir en profondeur son rapport au travail. Il a compris que sa vision de la réussite, associée à un volume horaire énorme, ne lui correspondait pas. Aujourd’hui, il se protège en se connaissant mieux et en étant plus à l’écoute de ses propres cycles d’énergie. Il a mis en place des rituels pour préserver son équilibre, comme la méditation quotidienne, qui lui sert de « soupape ». Il a aussi appris à mieux compartimenter sa vie professionnelle et personnelle, tout en s’autorisant la flexibilité qui fait la richesse du freelancing.
Sa conclusion est un conseil à tous les indépendants : « Essaye d’être bien conscient de quelles sont tes vraies valeurs. Pas celles que tu crois avoir ou que la société te demande d’avoir, mais les tiennes vraiment. »
Les références de l’épisode
- Sophia Lambrou, son associée chez Bulk
- Bulk, studio de design
- Webflow, outil de création de sites web
- James Clear, auteur américain sur les habitudes
- Thaïlande
- Lyon
Au fil de l’épisode
- La difficulté de déconnecter quand on est freelance.
- Le parcours de Pierre : du growth marketing à la création de sites sur Webflow avec son studio Bulk.
- [05:05] — La charge mentale en freelance comparée à celle du salariat : l’absence de garde-fous.
- Le sentiment de solitude et la difficulté à demander de l’aide.
- [08:35] — Le besoin de validation et de prouver la pertinence de son choix de carrière en se lançant.
- [11:30] — Le récit de son burnout, survenu moins d’un an après son lancement.
- Les symptômes et le moment du déclenchement : un réveil en pleurs à l’idée de travailler.
- L’enchaînement des événements : fatigue accumulée, vacances reportées, vol de son ordinateur.
- [18:00] — Le signal d’alerte ultime qui lui a fait comprendre qu’il était allé trop loin.
- La difficulté à accepter la situation et à vraiment arrêter de travailler.
- [20:05] — Le processus pour sortir du burnout : l’aide d’une thérapeute, d’un coach et une coupure totale de plusieurs mois.
- [21:30] — Comment il se protège aujourd’hui d’une éventuelle rechute en se connaissant mieux.
- [23:28] — Ses nouveaux rituels pour maintenir un équilibre, notamment la méditation.
- La redéfinition de ses objectifs, davantage axés sur son style de vie.
- L’importance de mettre en place des habitudes saines et des bilans réguliers.
- [30:50] — Pourquoi entreprendre exige de bien se connaître et d’écouter son propre rythme.
- [32:40] — Le danger de la comparaison avec les autres freelances et l’illusion du succès permanent.
- Accepter que la productivité ne soit pas linéaire et qu’il est normal d’avoir des jours moins productifs.
FAQ
Qui est Pierre Vandekerckhove ?
Pierre Vandekerckhove est un entrepreneur et freelance. Après une première expérience en growth marketing, il s’est spécialisé dans la création de sites web avec l’outil Webflow. Il a co-fondé le studio de design Bulk avec son associée Sophia Lambrou. Dans cet épisode, il partage son expérience personnelle du burnout, survenu moins d’un an après s’être lancé à son compte, et les leçons qu’il en a tirées pour sa vie d’indépendant.
Qu’est-ce qui a déclenché son burnout ?
Le burnout de Pierre Vandekerckhove a été le résultat d’une accumulation de plusieurs facteurs. Une charge de travail très élevée, des objectifs nombreux et peu priorisés, et une difficulté à déconnecter ont créé un surmenage progressif. À cela s’est ajoutée une pression personnelle pour prouver la réussite de son projet. Un événement stressant, le vol de son ordinateur, a été l’un des derniers éléments qui ont contribué à son effondrement physique et nerveux.
Comment s’est manifesté le burnout de Pierre Vandekerckhove ?
Son burnout s’est manifesté par un épuisement nerveux et physique total. Le symptôme le plus marquant a eu lieu un samedi matin : en se réveillant, la simple pensée de devoir travailler l’a fait fondre en larmes de manière incontrôlable. Il décrit un état où le corps refuse de suivre, même si la tête essaie de continuer. Il évoque aussi le cas d’une proche qui, dans une situation similaire, n’arrivait littéralement plus à sortir de chez elle pour aller travailler.
Comment a-t-il réussi à s’en sortir ?
Pour sortir du burnout, Pierre Vandekerckhove a dû accepter de s’arrêter complètement de travailler, ce qui lui a pris plusieurs semaines. Il a entrepris un travail sur lui-même avec l’aide d’une thérapeute et d’un coach professionnel. La solution a été une coupure radicale : il n’a quasiment pas touché à son ordinateur pendant tout l’été, lui permettant de se reposer et de se reconstruire avant de reprendre son activité progressivement en septembre.
Quelles habitudes a-t-il mises en place pour éviter une rechute ?
Pour se préserver, Pierre a appris à mieux se connaître et à respecter ses propres cycles d’énergie. Il a intégré des rituels dans son quotidien, comme une séance de méditation chaque matin pour se recentrer. Il a également revu son organisation pour mieux compartimenter vie professionnelle et vie personnelle, et il s’efforce d’être plus bienveillant avec lui-même concernant ses objectifs, en acceptant de ne pas toujours les atteindre.
