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53. Atteindre le 4ème niveau du freelancing sans game over – avec Julia Coudert

Social Media Manager depuis 2013, Julia Coudert est la créatrice du blog I don't think, une référence pour de nombreux indépendants. Dans cet épisode, elle retrace sans filtre son parcours, de ses débuts en totale improvisation à la création de son entreprise avec son associée Julie. Elle raconte comment elle a tâtonné pendant des années pour trouver ses clients, fixer ses tarifs et définir ses offres. Un témoignage sincère sur les doutes, les paliers à franchir et les coups de pression qui poussent à se réinventer pour construire une activité pérenne et alignée avec ses envies, loin des discours des « vendeurs de rêves ».

Julia Coudert, les quatre niveaux du freelancing sans game over

Des débuts à l’instinct

Julia Coudert se lance en freelance en 2013 dans une « pure insouciance », sans rien connaître à ce statut. Frustrée par une première expérience salariée chez Michelin, elle aspire à plus de liberté et décide de créer son propre job. Une première mission en post-production pour un photographe agréé Google lui fait prendre conscience d’un besoin : les entreprises, notamment les restaurants, veulent être plus visibles sur internet et sur Facebook, alors en plein essor. Sans compétence particulière mais avec l’envie d’aider, elle se positionne comme community manager. « Je ne me suis même pas demandé ce que c’était que ce job », confie-t-elle.

Pour trouver ses premiers clients, elle investit toutes ses économies, soit 800 euros, dans un publi-rédactionnel pour un magazine en ligne. Une stratégie audacieuse et un peu désespérée qui lui rapporte ses cinq premiers contrats, dont une carrosserie et un service de livraison de repas.

Trouver sa voie et ses tarifs

Les deux premières années sont une phase de tâtonnement intense. Sans modèle ni ressource, Julia Coudert avance au feeling, teste des offres, et surtout, passe un temps considérable à recalculer ses tarifs, qu’elle jugeait « scandaleux ». Elle raconte avoir facturé 99 euros par mois pour publier quotidiennement le menu d’un restaurant sur Facebook. Elle avoue avoir perdu près de trois ans à cause de ce manque de repères, réécrivant ses offres chaque semaine. « Le fait d’avancer sans connaître tout ça, finalement, ça m’a fait faire plein d’erreurs, mais justement, ça m’a fait construire tout ça à mon rythme », analyse-t-elle avec le recul.

Le déclic viendra de la validation par ses pairs. Une directrice d’une agence de communication belge la contacte pour lui sous-traiter des missions. Lorsque celle-ci accepte son taux horaire sans discuter, Julia Coudert comprend qu’elle est enfin au bon endroit. Cette collaboration lui apportera une stabilité financière et la confiance qui lui manquait.

Le blog, un journal de bord devenu business

En 2015, ressentant le besoin de partager son quotidien de freelance et de trouver d’autres indépendants avec qui échanger, Julia Coudert lance son blog, I don’t think. À l’origine, il s’agit d’un simple journal de bord où elle se « plaint » et raconte ses expériences. « Je me suis dit : s’il n’y a rien, moi au moins je vais l’écrire et peut-être qu’un jour il y aura d’autres freelances qui tomberont là-dessus », explique-t-elle. Sans aucune stratégie de contenu ni de référencement, elle publie deux à trois articles par semaine pendant deux ans.

Ce n’est qu’en 2017 qu’elle prend conscience de l’ampleur du phénomène. Grâce à Pinterest et à un bon référencement naturel involontaire, le blog atteint les 10 000 visiteurs uniques par mois. Ce qui n’était qu’un exutoire se transforme alors en une deuxième activité, avec la création de produits digitaux et de formations, devenant une source de revenus majeure et un puissant levier d’acquisition de clients pour son activité de social media management.

Les paliers de la croissance

Julia Coudert identifie plusieurs « marches » dans son évolution. La première a été d’atteindre une stabilité financière, un combat qui a duré deux ans pour ne plus avoir à se demander si elle pourrait payer son loyer. La deuxième étape a consisté à choisir ses clients pour ne travailler qu’avec des entreprises dont le secteur d’activité l’intéressait vraiment. Le troisième palier a été celui de la délégation. Arrivée à un stade où elle gérait 17 clients en simultané avec son associée Julie, elle sentait qu’elle n’avait « plus la flamme » pour certaines tâches opérationnelles.

Après une première tentative infructueuse pour trouver des personnes à qui déléguer, elles décident de faire le tri dans leur portefeuille de clients. Elles choisissent de réduire leur chiffre d’affaires pour se concentrer sur les missions qu’elles préféraient et mieux faire leur travail. Une décision qui leur a permis de se ménager et de se recentrer sur l’essentiel.

S’associer pour mieux grandir

La dernière étape majeure de son parcours est son association officielle avec Julie. Alors qu’elles collaboraient déjà, chacune avec son statut de micro-entrepreneur, un événement va précipiter leur décision. En septembre 2019, le lancement d’une formation sur son blog fait exploser ses ventes et la rapproche dangereusement du plafond de la micro-entreprise. Face à l’obligation de changer de statut, la question de s’associer se pose sérieusement. Après une semaine de réflexion intensive, elles décident de tout regrouper au sein d’une même structure, la SAS G&G.

Cette association est pour elle une évidence et une nécessité. « Je ne sais pas si j’aurais continué si je n’avais pas Julie », avoue-t-elle. Le soutien mutuel et la complémentarité de leur duo sont devenus essentiels pour gérer la pression et continuer à développer leurs deux activités, qu’elle considère aujourd’hui comme deux business distincts.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Julie (associée de Julia), Caroline Receveur, Ben Névert, Lena Situations, Thomas Burbage, Sarah de Lavredoz.
  • Marques et entreprises : Michelin, Google, Facebook, Instagram, Pinterest, G&G SAS, Freebie.
  • Médias et œuvres : le blog I don’t think, la série YouTube « Entre Mecs », le livre « Toujours plus » de Lena Situations.
  • Outils : Notion, WhatsApp, Twitch.

Au fil de l’épisode

  • Le contexte de son lancement en freelance en 2013, par frustration du salariat.
  • La découverte du métier de community manager grâce à une mission pour un photographe.
  • [07:35] — Le publi-rédactionnel à 800 euros, son tout premier investissement pour trouver des clients.
  • [10:30] — Se lancer sans positionnement ni client idéal : une approche naïve mais qui lui a permis d’avancer.
  • [12:30] — Ses premiers tarifs : 99 euros par mois pour gérer la page Facebook d’un restaurant.
  • La difficulté de construire ses offres et de fixer ses prix sans aucun modèle de référence.
  • Le déclic provoqué par une directrice d’agence belge qui valide son taux horaire.
  • L’évolution de ses offres, de l’opérationnel pur à des prestations plus stratégiques.
  • Sa méthode de calcul de tarifs, toujours basée sur le temps passé mais ajustée avec un pourcentage.
  • [28:35] — Sa relation client idéale : un maximum de confiance et un minimum de contacts.
  • [34:15] — La naissance du blog I don’t think, un journal de bord personnel devenu un business.
  • L’explosion du trafic de son blog en 2017 grâce à Pinterest et au référencement naturel.
  • La gestion de ses deux activités : le social media management et les formations.
  • Les quatre « marches » de son parcours : la stabilité financière, le choix des clients, la délégation et l’association.
  • [54:45] — La gestion de 17 clients en simultané et la première tentative de délégation.
  • Le choix de réduire son nombre de clients pour préserver la qualité et son énergie.
  • [59:40] — La décision de s’associer avec Julie après avoir explosé le plafond de la micro-entreprise.
  • La répartition des parts dans leur SAS, proportionnelle à leurs chiffres d’affaires respectifs.
  • [1:08:05] — Son approche pour trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
  • L’importance vitale de son duo avec Julie pour gérer la pression et les doutes.
  • [1:14:15] — Ses inspirations, de Caroline Receveur à la youtubeuse Lena Situations.
  • La newsletter de Sarah de Lavredoz, sa ressource du moment.

FAQ

Qui est Julia Coudert ?

Julia Coudert est une entrepreneure, Social Media Manager depuis 2013. Elle est également la fondatrice du blog I don’t think, sur lequel elle partage son expérience et aide les autres indépendants à développer leur activité. Après plusieurs années en solo, elle s’est associée à Julie pour créer leur société, au sein de laquelle elles gèrent des clients en production de contenu et développent des formations en ligne.

Comment Julia Coudert a-t-elle trouvé ses premiers clients ?

À ses débuts, sans réseau ni expérience, Julia Coudert a fait un choix audacieux : elle a investi l’intégralité de ses économies, soit 800 euros, dans un article sponsorisé (un publi-rédactionnel) pour un web-magazine local. Cette unique action de prospection lui a permis de décrocher ses cinq premiers clients dans des secteurs très variés, comme une carrosserie ou un service de livraison de repas.

Quelles sont les grandes étapes de son parcours de freelance ?

Julia Coudert décrit son parcours en quatre grands paliers. Le premier a été d’atteindre la stabilité financière après deux ans de difficultés. Le deuxième a été de pouvoir choisir ses clients pour travailler sur des projets qui la passionnent. Le troisième a été la nécessité de déléguer pour ne plus être submergée. Enfin, le quatrième palier a été son association avec Julie pour structurer et faire grandir son activité.

Pourquoi Julia Coudert s’est-elle associée avec Julie ?

La collaboration avec Julie était déjà en place, mais la décision de créer une société commune a été accélérée fin 2019. Le succès d’une de ses formations en ligne a fait exploser son chiffre d’affaires, la poussant à sortir du statut de micro-entrepreneur. Plutôt que de passer en société seule, elles ont décidé de regrouper toutes leurs activités (clients, blog, formations) au sein d’une même SAS pour mutualiser leurs forces.

Qu’est-ce que le blog « I don’t think » ?

Lancé en 2015, « I don’t think » était à l’origine un journal de bord personnel pour Julia Coudert, un espace où elle racontait son quotidien de freelance. Sans stratégie initiale, le blog a gagné en popularité et est devenu une référence pour de nombreux indépendants. Aujourd’hui, c’est une part importante de son activité, qui héberge des articles de conseil, des produits digitaux et des formations en ligne.

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