Repérer avant de déclencher
Pierre-Luc commence rarement par le déclencheur. Il raconte qu’il part souvent le matin avec une simple région en tête, sans recherche préalable, pour sillonner routes et rangs, s’arrêter sur une ferme, une carrière ou un sentier de marche repéré sur son téléphone. Le repérage — la reconnaissance des lieux avant la prise de vue — représente selon lui une grande part du travail : il conseille de prendre des notes sur place, puis de fouiller Google Maps une fois rentré pour préparer la vraie sortie.
Il s’appuie aussi sur un petit drone DJI Mavic de 249 grammes, sous la limite réglementaire, comme simple outil de repérage aérien, et échange sur les forums photo et sur Facebook pour dénicher des lieux méconnus, moins vus que ceux qui saturent Instagram.
Courir après la lumière et la météo
Le cœur du dossier, c’est la lumière. Pierre-Luc insiste sur l’heure dorée, cette lumière chaude et rasante juste après le lever ou avant le coucher du soleil, et sur l’heure bleue, l’instant crépusculaire où le ciel prend une teinte bleutée. Il recommande des applications qui indiquent la position du soleil selon le lieu et l’heure, afin de planifier son itinéraire et de savoir si un spot rendra mieux le matin ou en fin de journée. Il cite la méthode de Mathieu Dupuis, photographe de paysage québécois publié par National Geographic : réveil à quatre heures, un coup d’œil au ciel, et retour au lit si la lumière ne sort pas.
Il invite surtout à oser le mauvais temps. Sortir « à moins 25 avec de la pluie verglaçante » donne, dit-il, des images qu’on n’aura « pas vues mille fois sur Instagram ». Attention toutefois au filtre polarisant, qui supprime les reflets : il ne sert à rien si le soleil n’est pas dans le bon angle.
L’équipement : deux objectifs, un bon trépied, des filtres
Côté matériel, Pierre-Luc se veut rassurant : le boîtier, récent ou non, importe peu, car « il y a de la lumière dehors » — un Nikon D3200 ou un Canon T5i font, selon lui, « quelque chose de très, très bien ». L’essentiel tient en deux objectifs : un grand-angle (un zoom 14-24 ou 16-35 mm) pour embrasser large, et un téléobjectif (un 70-200 ou 70-300 mm) pour isoler un détail depuis un sommet. Il conseille aussi deux trépieds : un modèle léger de voyage — son Gitzo en carbone, « un excellent investissement » — et un plus lourd, un Manfrotto, pour la longue exposition par grand vent.
Les filtres sont son autre marotte. Un filtre ND (densité neutre) assombrit l’image pour allonger le temps de pose ; il recommande au minimum un polarisant et un ND de 10 diaphragmes, idéalement complété d’un 6 diaphragmes. Combinés, ils permettent des poses de 45 secondes en plein jour à f/11, et en ville de faire disparaître les passants. Il distingue les filtres circulaires vissés (il cite les marques B+W et Breakthrough) des filtres carrés en verre, dont les filtres dégradés qu’on aligne sur la ligne d’horizon.
Patience et expérimentation
« On voit des photos incroyables et on se dit : comment il fait ? Souvent, c’est de la patience », résume Pierre-Luc. Il encourage à varier sans cesse : poser le trépied au ras du sol, jouer la contre-plongée au grand-angle, refaire le même cadre à l’heure dorée puis en pleine lumière de midi, et systématiquement photographier une scène « en portrait et en paysage ». La nuit, près de son chalet, il s’amuse au light painting, en dessinant la roche à la lampe frontale sur une longue pose.
En ville, après la pluie, il exploite les flaques et les réflexions, ou les traînées lumineuses de la circulation en longue exposition. Son conseil de méthode : juger ses images sur un grand écran à la maison, et en prendre peu, « comme si je faisais de la photo au film ». Car, conclut-il, « ce n’est pas en restant dans le salon à prendre des photos de chat que vous allez devenir de bons photographes de paysage ».
Les références de l’épisode
- Mathieu Dupuis — photographe de paysage québécois publié par National Geographic, cité pour sa méthode du réveil à quatre heures.
- Bernard Brault — photographe québécois, dont une série de couchers de soleil est donnée en suggestion de la semaine.
- Lozeau — boutique et laboratoire photo montréalais, où Pierre-Luc a donné une conférence sur la photo de paysage.
- Fujifilm X-S10 — hybride annoncé et commenté dans les actualités de l’épisode.
- DJI Mavic — drone léger utilisé comme outil de repérage.
- Trépieds Gitzo (carbone, voyage) et Manfrotto (longue exposition).
- Filtres B+W et Breakthrough — marques de filtres circulaires citées.
- Le lac Emerald (Colombie-Britannique) et Stonehenge — lieux évoqués parmi les suggestions.
Au fil de l’épisode
- Tour d’horizon des actualités photo : l’annonce du Fujifilm X-S10, le service Snappr présenté comme « le Uber de la photo », et la fin du stockage illimité chez Google.
- Segment « photo récente » des animateurs : sortie au bord du fleuve, photo de produit, et week-end aux couleurs d’automne au chalet en Mauricie.
- Le repérage des lieux : partir à l’aventure, prendre des notes, revenir fouiller Google Maps, utiliser le drone et les forums.
- Planifier la lumière : heure dorée, heure bleue, applications de position du soleil, et l’art d’oser le mauvais temps.
- L’équipement essentiel : deux objectifs, un boîtier qui importe peu, deux trépieds et une trousse de filtres.
- Les filtres en détail : ND 10 et 6 diaphragmes, polarisant, filtres circulaires contre filtres carrés dégradés.
- Patience et expérimentation : varier angles, heures et formats, light painting et photo urbaine après la pluie.
- Suggestions de la semaine autour du paysage et annonce du prochain épisode.
FAQ
Qu’est-ce que l’heure dorée en photographie de paysage ?
L’heure dorée désigne la période, juste après le lever ou avant le coucher du soleil, où la lumière est chaude et rasante. Dans l’épisode, Pierre-Luc la présente comme un moment clé pour le paysage, à anticiper grâce à des applications indiquant la position du soleil, aux côtés de l’heure bleue, plus crépusculaire.
Quels filtres utiliser pour la photo de paysage ?
Pierre-Luc conseille au minimum un filtre polarisant, qui supprime les reflets, et un filtre à densité neutre (ND) de 10 diaphragmes pour allonger le temps de pose. Un ND de 6 diaphragmes en complément permet, combiné au premier, des poses de 45 secondes en plein jour. Il cite aussi les filtres carrés dégradés.
Faut-il un appareil haut de gamme pour réussir ses paysages ?
Non, selon Pierre-Luc. Comme il y a de la lumière en extérieur et qu’on travaille souvent sur trépied, un boîtier d’entrée de gamme comme un Nikon D3200 ou un Canon T5i suffit pour obtenir de très bons résultats. Le matériel compte moins que le repérage, la lumière et la patience.
Quels objectifs choisir pour la photographie de paysage ?
Deux objectifs suffisent d’après lui : un grand-angle, comme un zoom 14-24 ou 16-35 mm, pour embrasser une large scène, et un téléobjectif, un 70-200 ou 70-300 mm, pour isoler un détail lointain ou cadrer serré depuis un point haut. Le reste est affaire d’accessoires et de trépied.
Comment repérer un lieu pour la photo de paysage ?
Pierre-Luc part avec une simple région en tête, sillonne les routes, s’arrête sur les sentiers et les points d’intérêt, et prend des notes sur place. De retour chez lui, il approfondit sur Google Maps et les forums photo. Un petit drone lui sert aussi de repérage aérien pour trouver des angles méconnus.
Pourquoi photographier un paysage par mauvais temps ?
Parce que la météo difficile crée des images originales. Pierre-Luc explique que sortir sous la neige, la pluie verglaçante ou un ciel orageux donne des photos « qu’on n’aura pas vues mille fois sur Instagram ». Cela demande un peu de courage et de bons vêtements, mais offre des ambiances dramatiques impossibles à obtenir par beau temps.
