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L’éco hameau « Terre Azil »

Sur un plateau ariégeois, l'écolieu Terr'Azïl est né d'une ambition : « Grandir ensemble naturellement ». Ce projet collectif, porté par plusieurs familles, s'articule autour de la permaculture humaine, de l'éducation libre et du respect des rythmes de chacun. Dans cet épisode, Blaise, Jade et Noémie, membres fondateurs, partagent les étapes de cette aventure : de la rencontre à la recherche d'un lieu de 74 hectares, en passant par le montage financier et la mise en place d'une gouvernance partagée. Ils racontent comment leur vision d'une vie plus sobre et solidaire prend forme, avec l'enfance au cœur de leurs préoccupations.

Terr'Azïl, grandir ensemble naturellement dans un écolieu en Ariège

La naissance d’un rêve collectif

Le projet Terr’Azïl est né de la rencontre de deux familles lors d’un rassemblement estival dédié à la non-scolarisation. Portés par une envie commune de vie proche de la nature, d’inclusion de leurs enfants dans le quotidien et de soin du vivant, ils ont décidé de s’unir. Blaise et Noémie, après une première expérience de collectif qui n’avait pas abouti, cherchaient un lieu pour un accouchement à domicile. Jade et son compagnon Grégory leur ont proposé une maison. De cette cohabitation est née une amitié et une évidence : celle de construire ensemble un projet plus grand, fondé sur des valeurs partagées.

L’élan initial, centré sur une vision alternative de l’éducation, s’est rapidement élargi. « On est arrivé à la conclusion avec Noémie qu’on voulait aller plus loin, on voulait que les enfants puissent participer aussi à l’école de la vie », explique Blaise. L’idée d’une école démocratique a ainsi évolué vers celle d’un lieu de vie collectif et inclusif.

Bâtir sur des valeurs communes

Au cœur de la philosophie de Terr’Azïl se trouve une approche permaculturelle appliquée à l’ensemble du vivant, y compris aux relations humaines. Il s’agit d’abolir les rapports de domination et de violence, en particulier envers les enfants. Ces derniers ne vont pas à l’école et sont libres de choisir leurs activités, dans une logique d’apprentissage autonome et informel. Les adultes se positionnent comme des accompagnateurs disponibles, sans intention pédagogique directive, convaincus que chaque enfant a la capacité de faire ce qui est bon pour lui. Cette confiance en l’humain est le socle de leur vision éducative.

Leur mantra, « grandir ensemble naturellement », résume cette volonté de créer un environnement où chacun, quel que soit son âge, peut s’épanouir en lien avec les autres et la nature. Le projet se veut un lieu de vie, d’accueil et de transmission, où l’on revisite les notions de pouvoir, d’argent et de coopération.

Un modèle, du financement à la gouvernance

Pour concrétiser leur rêve, les membres de Terr’Azïl ont fait un choix structurel fort : ne pas être propriétaires du lieu. Ils ont créé une association, qui a acheté la ferme de 74 hectares, tandis que les habitants en sont locataires. Ce montage a été rendu possible par un financement multiple, combinant un apport des cofondateurs (moins de 10 % du total), un prêt bancaire, le soutien de la Coopérative Oasis et des prêts de particuliers touchés par le projet. La communication via les réseaux sociaux et un site internet a été cruciale pour mobiliser ce réseau de confiance et faire connaître leur démarche.

L’organisation interne repose sur une gouvernance partagée, inspirée de la sociocratie. Les décisions importantes sont prises au consentement, un processus qui ne vise pas l’unanimité (consensus) mais l’absence d’objection motivée. Chaque objection est vue comme une opportunité d’améliorer la proposition initiale. Des réunions hebdomadaires et un système de rôles permettent de fluidifier le fonctionnement et d’éviter que toutes les décisions ne pèsent sur l’ensemble du groupe.

Vivre et grandir à Terr’Azïl

La vie quotidienne s’organise autour d’espaces privés et communs. Les familles résident dans des habitats légers et réversibles, comme des yourtes ou des dômes, installés sur le terrain. La grande bâtisse du XVIe siècle est, elle, dédiée aux espaces collectifs et à l’accueil. Le collectif, parti de deux familles, a vocation à s’agrandir pour atteindre une quinzaine de foyers. Un processus d’inclusion en deux phases (découverte puis cohabitation) est mis en place pour intégrer les nouveaux arrivants en douceur, en s’assurant de l’alignement des visions.

Le projet vise à terme une certaine autonomie, y compris économique. L’idée n’est pas de créer une cité-dortoir, mais de développer des activités sur place : stages de gouvernance, séjours pour familles, accompagnement en parentalité, projet de maraîchage… L’objectif est de faire vivre le lieu collectivement, en permettant à chacun de porter des projets qui font sens, tout en s’inscrivant dans la dynamique du territoire ariégeois.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Lieux : Ariège, Grotte du Mas d’Azil, Toulouse, Saint-Giron.
  • Organisations : Coopérative Oasis, Hameaux Légers, Kaizen Magazine, Colibris.
  • Concepts : IEF (Instruction En Famille), Homeschooling / Unschooling, Sociocratie, Permaculture, PLU (Plan Local d’Urbanisme), Pastille STECAL.
  • Pédagogies alternatives : École démocratique, École Steiner.

Au fil de l’épisode

  • La rencontre des familles fondatrices lors d’un rassemblement sur la non-scolarisation.
  • D’un projet d’école démocratique à la création d’un lieu de vie collectif.
  • La permaculture appliquée aux relations humaines comme philosophie centrale.
  • Le choix d’un modèle non-propriétaire : une association achète le lieu, les habitants sont locataires.
  • La stratégie de financement mêlant apport personnel, prêt bancaire, soutien de la Coopérative Oasis et prêts de particuliers.
  • L’importance de la communication pour créer un réseau et susciter la confiance.
  • La spécificité de Terr’Azïl : un lieu de vie, d’accueil et de transmission.
  • La place centrale des enfants et de l’apprentissage autonome (unschooling).
  • L’ambition de grandir jusqu’à une quinzaine de familles.
  • Le processus d’intégration des nouveaux membres, en deux phases.
  • Le choix des habitats légers (yourtes, dômes) pour préserver la bâtisse historique pour le collectif.
  • Le fonctionnement de la gouvernance par consentement.
  • Exemple concret d’une prise de décision : l’accueil de huit chevaux sur le domaine.
  • La distinction entre le consensus (tout le monde dit « oui ») et le consentement (personne ne dit « non »).
  • Les démarches légales pour l’installation d’habitats légers (pastille STECAL, PLU).
  • La volonté de s’inscrire dans le territoire et de créer du lien avec les acteurs locaux.
  • La vision économique du projet : développer des activités sur place pour faire vivre le collectif.
  • La légalité de l’instruction en famille (IEF) en France.
  • Un conseil aux porteurs de projet : croire en son rêve et s’appuyer sur la force du collectif.

FAQ

Qu’est-ce que l’écolieu Terr’Azïl ?

Terr’Azïl est un projet de vie collectif situé sur une ferme de 74 hectares en Ariège. Fondé par plusieurs familles, il repose sur des valeurs de permaculture humaine, de sobriété et de solidarité. Son objectif est de créer un lieu de vie, d’accueil et de transmission où les relations humaines et le soin du vivant sont au centre, avec une attention particulière portée à l’épanouissement des enfants en apprentissage autonome.

Comment le projet Terr’Azïl a-t-il été financé ?

Le financement de Terr’Azïl est multiple. Le lieu a été acheté par une association créée pour le projet. Les fonds proviennent d’un apport des membres fondateurs (représentant moins de 10% du total), d’un prêt bancaire, d’un soutien de la Coopérative Oasis et de prêts accordés par des particuliers qui ont cru au projet. Cette diversité de sources a permis de concrétiser l’acquisition du domaine.

Quelle est la place des enfants à Terr’Azïl ?

Les enfants occupent une place centrale. Le projet défend une vision d’apprentissage autonome et informel, souvent appelée « unschooling » ou instruction en famille (IEF). Les enfants sont libres de choisir ce qu’ils font de leurs journées, sans programme scolaire imposé. Les adultes sont des accompagnateurs bienveillants, disponibles pour répondre à leurs questions et les inclure dans la vie quotidienne du lieu.

Comment sont prises les décisions au sein du collectif ?

Le collectif de Terr’Azïl utilise un mode de gouvernance partagée basé sur la prise de décision par consentement. Contrairement au consensus qui exige que tout le monde soit d’accord, le consentement requiert qu’il n’y ait aucune objection argumentée qui mettrait en péril le projet. Ce processus, organisé lors de réunions régulières, permet de bonifier les propositions et d’avancer collectivement.

Qu’est-ce qu’un habitat léger ?

Un habitat léger est une construction réversible qui a un faible impact sur son environnement. Selon les définitions évoquées dans l’épisode, cela peut inclure des structures démontables comme les yourtes ou les dômes, des habitats mobiles sur roues comme les tiny houses, ou des constructions en matériaux naturels comme la terre-paille, à condition que leurs fondations ne soient pas en béton et permettent un retour du site à son état initial.

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