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Photographier les chevreuils avec Jérémy Provoost

À seulement 20 ans, Jérémy Provoost a déjà cinq ans de pratique de la photographie animalière. Passionné par la faune de nos campagnes, il a développé une affinité particulière pour le chevreuil, son animal de cœur. Dans cet entretien avec Régis Moscardini, il revient sur son parcours, du déclic de sa première rencontre à son ambition de devenir professionnel. Il partage avec générosité sa vision du métier, ses astuces pour concilier passion et revenus, et surtout, sa méthode complète pour observer et réussir ses photographies de chevreuils : repérage, affût, matériel et respect de l'animal.

photographe animalier, sa méthode pour approcher et photographier les chevreuils

Un déclic en forêt

Jérémy Provoost raconte ses débuts en photographie, une passion née au lycée. D’abord attiré par le portrait et le paysage, sa pratique prend un tournant décisif lors d’une rencontre inattendue avec un chevreuil. Armé d’un simple 50 mm, la photo est inexploitable mais le déclic est là. Cette expérience fondatrice le pousse à s’équiper et à retourner sur le terrain, transformant une simple curiosité en une véritable vocation pour la photographie animalière.

Cet amour pour la nature puise ses racines dans son enfance et les vacances familiales en Ardèche. Pour lui, partir en affût, même près de chez lui, est un moyen de se couper du quotidien et de se reconnecter à l’essentiel.

De la passion au métier

À 20 ans, Jérémy Provoost ambitionne de vivre de sa photographie animalière. Conscient des difficultés du secteur, il a fait le choix pragmatique de diversifier ses activités pour générer des revenus : reportages de mariage, portraits et photos de sport. Loin de voir cette partie de son travail comme une simple contrainte « alimentaire », il la considère comme une excellente école pour maîtriser la technique photographique.

« Ça t’aide à avoir une meilleure maîtrise de ton appareil », explique-t-il. Cette rigueur acquise sur des shootings exigeants se révèle ensuite précieuse sur le terrain, lui permettant de réagir plus vite et sans stress face aux situations imprévisibles de la faune sauvage.

La rencontre qui change tout

Le parcours de Jérémy a été marqué par une rencontre providentielle. Alors qu’il partait en affût un soir à Cassel, un autre photographe, Régis Han, l’interpelle et lui propose de participer à une exposition cinq mois plus tard. Jérémy n’a alors quasiment aucune image présentable, mais il accepte le défi. Cette échéance devient un puissant moteur de motivation qui le pousse à photographier sans relâche.

Cette première exposition, bien qu’imparfaite, est une expérience fondatrice. Il y reçoit le soutien de ses proches et, surtout, les conseils constructifs d’autres photographes plus expérimentés. C’est en osant montrer son travail qu’il a pu progresser et commencer à se créer un réseau.

Ambassadeur de la nature

La démarche de Jérémy Provoost est guidée par une phrase qu’il affiche sur son site : « Mon but est de vous faire voir la beauté de la nature ». Il cherche à capturer et partager des instants merveilleux qui se déroulent près de chez nous, mais que nous n’avons pas toujours la chance de voir. Pour lui, la photographie permet de figer des moments uniques et de révéler des détails invisibles à l’œil nu.

Conscient du paradoxe du photographe animalier, qui aime la nature mais risque de la déranger, il met un point d’honneur à être le plus discret possible : ne laisser aucune trace, privilégier les chemins balisés et masquer son odeur pour ne pas alerter les mammifères.

Le chevreuil, une évidence

Parmi tous les animaux de nos campagnes, le chevreuil occupe une place particulière pour Jérémy. C’est sa première rencontre, celle qui a tout déclenché. Il est fasciné par la « grâce » et l’allure de cet animal. Il apprécie particulièrement les cervidés en général, pour leur port et leur vie sociale complexe, qui se révèle à qui prend le temps de les observer.

Il rappelle les bases pour bien l’identifier : le chevreuil est bien plus petit que le cerf, n’a pas de queue visible, et ses bois sont plus courts. Le mâle est appelé brocard, la femelle chevrette. C’est un animal plutôt nocturne, dont le comportement est fortement influencé par la pression humaine, notamment la chasse.

L’art de l’affût

Pour photographier le chevreuil, Jérémy Provoost privilégie l’affût à l’approche. Cette dernière, selon lui, génère trop souvent du stress chez l’animal, ce qui se lit dans son regard. La clé d’un bon affût est un repérage minutieux, réalisé à un moment où les animaux ne sont pas actifs, comme en milieu de journée. Il faut chercher les indices de présence : empreintes, crottes, ou encore les « frottis » (traces laissées par les brocards sur les arbres).

Une fois le lieu idéal trouvé, l’installation doit se faire au moins une heure avant l’heure présumée d’arrivée de l’animal, pour laisser la nature « oublier » sa présence. La patience et la persévérance sont essentielles : « Je reviens chaque jour, chaque jour, chaque jour, jusqu’à avoir une image. »

Matériel et regard

Nul besoin d’un équipement hors de prix pour débuter. Jérémy Provoost le prouve en rappelant que ses premières belles photos ont été faites avec un boîtier d’entrée de gamme et un objectif 55-300 mm. Il conseille un 300 mm comme focale minimale pour ne pas être frustré. Aujourd’hui, il utilise un Sigma 150-600 mm, un objectif qu’il recommande pour son rapport qualité-prix, tout en mettant en garde contre le piège de rester bloqué à 600 mm.

Côté réglages, il n’a pas de formule magique. Tout est une question d’adaptation à la lumière et à l’intention créative du moment. Il insiste sur l’importance de s’entraîner en amont, sur des sujets faciles, pour être parfaitement à l’aise avec son matériel le jour J.

Jérémy Provoost nous recommande…

  • « La vie secrète des animaux » — Peter Wohlleben, un livre qui explore le comportement des animaux de nos forêts.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Régis Han, Vincent Munier, Michel d’Oultremont, Peter Wohlleben.
  • Lieux : Cassel (Nord), Morvan, Ardèche, Orléans, Finlande, Vosges.
  • Marques et matériel : Instagram, Nikon (D3300, D7200), Sigma (150-600 mm), Tamron, Canon, Pentax (K100D).
  • Œuvres : La vie secrète des animaux de Peter Wohlleben.
  • Événements : Salon du body fitness.
  • Organismes : ONF (Office National des Forêts).

Au fil de l’épisode

  • Les débuts de Jérémy Provoost en photographie, du portrait au déclic animalier.
  • La première rencontre avec un chevreuil, armé d’un 50 mm.
  • L’importance de la nature dans son enfance.
  • La photographie comme moyen de s’évader du quotidien.
  • Son ambition de devenir photographe professionnel et la réalité du métier.
  • Comment il finance sa passion grâce à la photographie de sport, de portrait et de mariage.
  • La photographie « alimentaire » comme une école pour maîtriser la technique et les réglages.
  • Sa rencontre décisive avec le photographe Régis Han à Cassel.
  • Le défi de sa première exposition photo, un puissant levier de motivation.
  • L’importance des expositions pour recevoir des conseils et se créer un réseau.
  • Sa philosophie : « Mon but est de vous faire voir la beauté de la nature ».
  • Le rôle d’ambassadeur de la nature et la responsabilité du photographe.
  • Ses techniques pour minimiser son dérangement et ne pas stresser les animaux.
  • L’importance de masquer son odeur pour approcher les mammifères.
  • Son affinité particulière pour le chevreuil, son animal de cœur.
  • Comment différencier le chevreuil du cerf, et le brocard de la chevrette.
  • L’habitat et le rythme de vie du chevreuil.
  • Comment concilier photographie et période de chasse en se renseignant sur les plans de chasse.
  • La vie sociale du chevreuil, entre hardes de femelles et brocards solitaires.
  • Les indices de présence à rechercher sur le terrain : empreintes, crottes, frottis.
  • L’importance de séparer les temps de repérage et les temps d’affût.
  • Le matériel photo pour débuter : un boîtier d’entrée de gamme et un 300 mm suffisent.
  • Son avis sur le Sigma 150-600 mm et le piège de la plus longue focale.
  • Son objectif de rêve : un 300 mm f/2.8 pour ses flous d’arrière-plan.
  • Pourquoi il privilégie l’affût à l’approche pour des photos plus naturelles.
  • L’intuition, un guide pour savoir quand changer de poste d’affût.
  • Sa méthode pour s’entraîner aux réglages avant d’être sur le terrain.
  • Les comportements du chevreuil à photographier : nourrissage, tendresse entre mère et faon, portraits.
  • Une anecdote marquante : l’observation de deux jeunes renards en train de jouer.
  • Sa saison préférée pour photographier le chevreuil : l’hiver, pour ses lumières magnifiques.
  • Où suivre son travail : son site internet et son compte Instagram.

FAQ

Qui est Jérémy Provoost ?

Jérémy Provoost est un jeune photographe animalier de 20 ans. Passionné par la faune sauvage de nos régions, il a développé une expertise sur le chevreuil. Il partage son travail sur son site et les réseaux sociaux avec pour objectif de montrer la beauté de la nature qui nous entoure. En parallèle de sa passion, il réalise des prestations de portrait et de sport pour vivre de la photographie.

Comment débuter la photographie de chevreuils ?

Pour photographier les chevreuils, Jérémy Provoost conseille d’abord de bien connaître l’animal et son environnement. Il faut ensuite partir en repérage pour trouver des indices de sa présence (empreintes, crottes). Il recommande de privilégier l’affût, en s’installant discrètement et à bon vent au moins une heure à l’avance. La patience et la persévérance sont les clés pour réussir à faire des observations et des photos respectueuses.

Quel matériel photo pour photographier les animaux sauvages ?

Selon Jérémy Provoost, il n’est pas nécessaire d’investir dans un matériel très coûteux pour commencer. Il a lui-même réalisé de belles images avec un boîtier d’entrée de gamme et un objectif 55-300 mm. Il recommande une focale d’au moins 300 mm pour ne pas être frustré par la distance. L’essentiel est de bien maîtriser son équipement, quelle que soit sa gamme, pour être prêt lorsque l’occasion se présente.

Faut-il choisir l’affût ou l’approche pour le chevreuil ?

Jérémy Provoost privilégie très nettement l’affût. Il estime que l’approche, qui consiste à tenter de s’approcher de l’animal, est souvent une source de stress pour ce dernier. Un animal craintif ou en alerte n’offrira jamais une attitude naturelle. L’affût, en se cachant et en attendant que l’animal vienne de lui-même, permet d’obtenir des comportements authentiques et de réaliser des images plus fortes, tout en respectant la quiétude de la faune.

Comment Jérémy Provoost a-t-il appris la photographie ?

Jérémy Provoost a beaucoup appris sur le terrain, par la pratique et la persévérance. Son parcours a été accéléré par une rencontre avec un autre photographe, Régis Han, qui l’a poussé à participer à sa première exposition. Cet événement l’a énormément motivé et lui a permis de recevoir des conseils précieux d’autres photographes plus expérimentés, ce qui a été un véritable tremplin pour sa progression.

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