Dompter son arachnophobie par la photo
Connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « EnjoyNatureWithMe », Léa Collober s’est fait remarquer par ses superbes clichés d’araignées sauteuses, aussi appelées saltiques. Elle raconte comment cette pratique photographique lui a permis de soigner sa propre arachnophobie. En apprenant à connaître ces animaux, en observant leurs comportements et en cherchant à les sublimer par l’image, la peur a laissé place à la fascination. Pour elle, c’est une démarche qu’elle étend à tous les animaux qui n’ont pas bonne réputation, comme les serpents ou les insectes, afin de « casser les préjugés ».
Techniquement, elle explique utiliser un boîtier Nikon D5300 avec un objectif macro Sigma 105 mm, auquel elle ajoute une bonnette ou des bagues-allonges. La clé, selon elle, est la patience et une connaissance fine du sujet pour anticiper les pauses de ces animaux très vifs.
L’école du cinéma animalier
Léa Collober détaille son parcours au sein de l’Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier de Ménigoute (IFFCAM), une école de référence pour le documentaire animalier. Elle y apprend la polyvalence nécessaire aux métiers de l’image : cadre, réalisation, son, montage, étalonnage. L’un des apprentissages les plus importants est l’écriture. Contrairement à une idée reçue, un film animalier n’est pas une simple succession de belles images capturées au hasard. Il repose sur un véritable scénario, une histoire construite pour emporter le spectateur.
Cette formation a changé son regard sur les documentaires qu’elle voit à la télévision. Elle décrypte désormais les techniques utilisées, comme le montage qui suggère des interactions qui n’ont pas eu lieu ou l’utilisation d’animaux imprégnés dans les grandes productions. « Ça casse un peu la magie qu’on croyait au début tellement naturelle », confie-t-elle, tout en reconnaissant que cette scénarisation permet de toucher un large public et de le sensibiliser à la beauté de la nature.
De la photo à la vidéo : mode d’emploi
Forte de son expérience, Léa Collober donne des conseils concrets pour les photographes tentés par la vidéo. Le premier indispensable est un bon trépied vidéo, stable et doté d’une rotule fluide, bien plus adapté qu’un trépied photo. Le deuxième point crucial est le son, souvent négligé par les débutants. Un simple micro externe sur le boîtier, protégé par une bonnette anti-vent, améliore déjà radicalement la qualité. Côté réglages, elle insiste sur le mode manuel, la désactivation de l’autofocus et de la stabilisation de l’objectif. La vitesse d’obturation doit être le double de la cadence d’images par seconde (par exemple, 1/100s pour 50 i/s).
Enfin, elle revient sur l’importance de la narration au montage. Pour éviter une simple compilation de plans, elle utilise une astuce enseignée par un de ses professeurs, le principe « bout de ficelle, selle de cheval » : chaque plan doit contenir un élément qui le relie au précédent, créant ainsi une continuité logique et fluide qui construit un véritable récit.
Les références de l’épisode
- Personnes : Léa Collober, Régis Moscardini, Marc Pillet, Vincent Minier.
- Organisations et événements : IFFCAM (Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier de Ménigoute), Festival de Ménigoute, Festival de Montier-en-Der.
- Œuvres et médias : chaîne YouTube « EnjoyNatureWithMe », le documentaire « Un hiver de barge », les documentaires de la BBC, les émissions « Le plus beau pays du monde » (France 2) et « Océan ».
- Matériel et logiciels : Nikon D5300, objectif Sigma 105mm f/2.8, objectif Sigma 150-600mm, microphones Rode, DaVinci Resolve, Adobe Premiere Pro, Final Cut Pro, Camtasia.
- Lieux : Baie de l’Aiguillon (Vendée), Deux-Sèvres.
- Espèces animales : araignée sauteuse (saltique), Héliophanus, barge à queue noire, hibou des marais, loup, renard, chevreuil.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Léa Collober, photographe et étudiante en première année à l’IFFCAM.
- L’origine de son pseudonyme « EnjoyNatureWithMe » et le choix de l’anglais.
- Sa passion pour les animaux mal-aimés comme les araignées et les serpents.
- Comment la photographie des araignées sauteuses l’a aidée à guérir de son arachnophobie.
- Le matériel qu’elle utilise pour la macrophotographie : Nikon D5300, Sigma 105mm et bonnettes.
- L’importance de la connaissance du sujet pour anticiper le comportement des animaux.
- Présentation de l’IFFCAM, l’école de cinéma animalier de Ménigoute.
- Les conditions d’admission (Bac+3, dossier de film) et le profil des étudiants.
- Les débouchés après la formation : réalisateur, cadreur, chef opérateur, monteur, étalonneur…
- Le rôle du « directeur de la photographie » dans un film.
- L’importance de l’écriture et du scénario, même dans un documentaire animalier.
- La différence entre la réalité et la fiction dans les films de nature (ex: le suivi d’un seul loup).
- Le paradoxe entre vouloir montrer la nature telle qu’elle est et la nécessité de raconter une histoire.
- L’utilisation d’animaux imprégnés dans les grandes productions.
- Comment sa formation a changé son regard de spectatrice sur les documentaires.
- Le débat sur la scénarisation : la fin (sensibiliser) justifie-t-elle les moyens (artifices) ?
- L’IFFCAM peut-elle être une bonne formation pour un photographe animalier ?
- L’importance de l’émulation et de l’apprentissage entre étudiants.
- Conseils pour les photographes isolés : rejoindre des associations naturalistes locales.
- Son projet de fin de première année : un documentaire de 18 minutes sur la barge à queue noire.
- Les défis du tournage en baie de l’Aiguillon : le vent, les marées, la distance des oiseaux.
- La sortie de son film « Un hiver de barge » sur sa chaîne YouTube.
- L’importance capitale du son dans une vidéo.
- Les erreurs classiques à éviter en vidéo : trépied inadapté, son négligé, mauvais réglages.
- La règle de base pour la vitesse d’obturation en vidéo.
- Pourquoi il faut désactiver l’autofocus et la stabilisation de l’objectif.
- Le principe du « bout de ficelle, selle de cheval » pour un montage logique.
- L’équipement minimal pour se lancer : un reflex ou hybride, un bon trépied vidéo, un micro externe.
- Les logiciels de montage recommandés, dont la version gratuite de DaVinci Resolve.
- Ses futurs projets de films : un sur les araignées sauteuses et un autre sur le hibou des marais.
- L’habitude « bizarre » qu’elle avoue : emmener son ours en peluche partout.
FAQ
Qui est Léa Collober ?
Léa Collober est une photographe animalière et vidéaste connue sur les réseaux sociaux sous le nom « EnjoyNatureWithMe ». Spécialisée dans la macrophotographie d’espèces souvent mal-aimées comme les araignées, elle est également étudiante en première année à l’IFFCAM, l’Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier. Elle partage sa passion à travers ses clichés et ses vidéos, avec une approche à la fois pédagogique et artistique.
Qu’est-ce que l’IFFCAM ?
L’IFFCAM est l’Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier, situé à Ménigoute. C’est une école qui forme en deux ans aux différents métiers du documentaire animalier : réalisation, cadre, prise de son, montage, etc. L’admission se fait sur dossier après un Bac+3. L’école met l’accent sur la polyvalence, la connaissance de la faune sauvage et l’écriture de scénarios pour raconter des histoires sur la nature.
Comment Léa Collober photographie-t-elle les araignées ?
Pour photographier les araignées sauteuses (saltiques), Léa Collober utilise un boîtier reflex Nikon D5300, un objectif macro Sigma 105mm f/2.8, et y ajoute parfois une bonnette ou des bagues-allonges pour augmenter le rapport de grandissement. Elle souligne que la réussite de ses images repose moins sur le matériel que sur la patience et la connaissance du comportement de ces animaux, ce qui lui permet d’anticiper leurs mouvements et de capturer le bon instant.
Quels sont les conseils de Léa Collober pour débuter en vidéo animalière ?
Léa Collober recommande trois points essentiels. D’abord, investir dans un bon trépied vidéo stable avec une rotule fluide. Ensuite, ne pas négliger le son et utiliser au minimum un micro externe sur le boîtier. Enfin, maîtriser les réglages manuels : désactiver l’autofocus et la stabilisation, et régler la vitesse d’obturation au double de la cadence d’images par seconde (ex: 1/100s pour 50 i/s).
Faut-il écrire un scénario pour un documentaire animalier ?
Oui, absolument. Selon Léa Collober, c’est un des enseignements majeurs de sa formation à l’IFFCAM. Un bon documentaire animalier n’est pas une simple succession de belles scènes, mais une histoire construite avec un début, un développement et une fin. L’écriture d’un scénario en amont permet de donner une direction au film, de créer une narration cohérente et d’emporter le spectateur, même si le tournage oblige ensuite à s’adapter aux aléas de la nature.
