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Paris en photos – Épisode 3 / Au coeur de la manifestation du 1er mai à Paris

Pour la première fois, Charles Cohen Boyer, animateur du podcast, a décidé de couvrir photographiquement un événement social majeur : la manifestation du 1er mai à Paris. Il livre un récit immersif de cette journée passée au cœur de l'action, entre les manifestants et les forces de l'ordre. Quel matériel emporter ? Comment se positionner et assurer sa sécurité sans carte de presse ? Au-delà des aspects techniques, il partage ses observations sur les différents cortèges, des syndicats aux Gilets jaunes et aux Black Blocs, et raconte les scènes de violence mais aussi les moments d'entraide et de solidarité qui échappent souvent aux caméras.

Manifestation du 1er mai à Paris, un photographe au cœur des cortèges et des tensions

Se préparer pour le chaos

Pour sa première couverture d’une manifestation parisienne, Charles Cohen Boyer raconte s’être préparé la veille, sentant que la journée du 1er mai serait tendue. Son objectif : réaliser des photos, des vidéos, et surtout ressentir l’atmosphère au cœur de l’événement. Côté matériel, il opte pour la polyvalence avec son boîtier Nikon D5500, un objectif 18-55mm et un téléobjectif 70-300mm, complétés par sa caméra Osmo Pocket pour des images prises sur le vif. Il insiste sur un point crucial : l’identification. Pour éviter d’être confondu avec un casseur, il utilise un gros sac photo et des stickers « presse » sur son casque, même si l’absence d’une carte de presse officielle lui fermera certaines portes.

La mobilité s’avère être sa meilleure alliée pour suivre les points chauds. Il raconte avoir parcouru 17 kilomètres dans la journée, alternant marche et usage de trottinettes ou scooters en libre-service pour suivre les escadrons de police et se repositionner rapidement là où « ça pète un petit peu ».

Entre violence et solidarité

Plongé au milieu des cortèges, Charles Cohen Boyer est frappé par le contraste entre la violence des affrontements et une forme d’entraide inattendue. Il décrit des scènes de manifestants distribuant des masques ou du sérum physiologique, et salue le travail des « street médics ». Il a été particulièrement marqué par un moment où des manifestants, a priori des Gilets jaunes, se sont mobilisés pour éteindre un début d’incendie sur une façade d’immeuble, provoqué par des Black Blocs. « Ils ont très vite fait tout le nécessaire pour essayer de mettre en sécurité tous les habitants », raconte-t-il, allant jusqu’à faire la courte échelle à l’un d’eux pour prévenir une personne âgée paniquée.

Il observe également la dynamique des différents groupes. Les cortèges syndicaux, très organisés, lui ont semblé rapidement « absorbés » par la masse des autres manifestants, avant de se disperser face à la montée des tensions. Il se retrouve très vite au milieu des gaz lacrymogènes, la police ayant, selon lui, voulu marquer les esprits dès le début pour éviter tout débordement.

Au plus près des points de friction

Le récit de Charles Cohen Boyer s’arrête sur deux points particulièrement médiatisés. Il se retrouve par hasard au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en même temps que les CRS. Son témoignage corrobore la version de manifestants venus s’y réfugier pour se protéger, et non pour attaquer le service de réanimation. « De mon point de vue, il n’y avait absolument pas de sujet sur une attaque », affirme-t-il. Il évoque aussi longuement les Black Blocs, qu’il décrit comme des « individus extrêmement déterminés », environ 200 à 300 personnes, mais qui restent en groupe compact, ce qui les rend facilement identifiables et la cible d’un « harcèlement policier » constant.

Il raconte avoir été lui-même pris à partie par certains d’entre eux, qui lui demandaient pour qui il travaillait. Cette expérience lui fait prendre conscience des risques, tant pour sa sécurité que pour son matériel. La journée se solde d’ailleurs par un coup de matraque reçu par erreur, qui brise l’écran de son iPhone dans sa poche.

Le regard du photographe

Au-delà du récit des événements, Charles Cohen Boyer livre une réflexion sur le rôle de l’image et des médias. Il confronte ce qu’il a vécu sur le terrain avec le traitement médiatique qu’il a pu voir le soir même, critiquant l’aspect « sensationnaliste » de certaines chaînes d’information. « Ça donne un peu malgré tout l’impression de charognard », lâche-t-il, sentant que les journalistes présents cherchaient avant tout « l’instant qui fera le buzz ». Cette première expérience, bien que difficile, s’est révélée très riche.

Sa principale frustration reste de ne pas avoir pu, faute de carte de presse, accéder à toutes les zones pour être au plus près de l’action. Mais il conclut : « si c’était à refaire, je le referais », conscient de la difficulté mais aussi de l’importance de couvrir de tels événements pour se forger sa propre opinion.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Phil à Paname (Philippe)
  • Organisations et groupes : Gilets jaunes, Black Blocs, Street Medics, syndicat Solidaires, CRS
  • Lieux : Paris, Tour Montparnasse, Place d’Italie, La Bastille, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Champ de Mars
  • Marques et outils : Nikon D5500, Tamron, Osmo Pocket (DJI), CityScoot, iPhone, Nikon Z7
  • Médias et plateformes : Instagram, IGTV, YouTube, Facebook, 500px, Flickr, BFM, CNews

Au fil de l’épisode

  • Introduction et remerciements suite à l’épisode précédent avec Phil à Paname.
  • Le contexte : sa première couverture de manifestation après un accident de scooter.
  • L’objectif de la journée : faire des images et ressentir l’ambiance au cœur de l’action.
  • Le matériel photo et vidéo emporté : Nikon D5500, objectifs 18-55 et 70-300, et la caméra Osmo Pocket.
  • L’importance de s’identifier en tant que photographe ou presse pour se distinguer des manifestants.
  • Les limites rencontrées en l’absence d’une carte de presse officielle pour accéder à certaines zones.
  • L’observation de la presse étrangère, parfois accompagnée de gardes du corps.
  • La nécessité d’être bien équipé, notamment en chaussures, pour une journée intense (17 km parcourus).
  • Sa stratégie de mobilité en utilisant trottinettes et scooters en libre-service pour suivre les événements.
  • L’entraide observée entre manifestants (distribution de masques, de sérum physiologique).
  • Le rôle des « street médics » sur le terrain.
  • Récit d’une scène de solidarité où des manifestants éteignent un incendie et sécurisent les habitants d’un immeuble.
  • Analyse de la physionomie des cortèges : syndicats, Gilets jaunes, casseurs.
  • Comment les syndicats, très organisés, ont été rapidement dépassés et se sont dispersés.
  • Sa première confrontation avec les gaz lacrymogènes et les affrontements.
  • Comment il a trouvé un point de vue en hauteur sur un muret pour faire des images en sécurité.
  • Son témoignage sur l’incident de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il a vu des manifestants se réfugier.
  • Ses observations sur les Black Blocs : leur détermination, leur nombre et leur mode d’action en groupe.
  • Une altercation avec des Black Blocs qui l’interrogent sur son travail de photographe.
  • Le bilan des dégradations vues : poubelles, véhicules, une devanture de boutique et une baraque de chantier incendiées.
  • Le bilan personnel : un coup de matraque reçu par erreur et son iPhone cassé.
  • Sa réflexion sur le décalage entre son expérience et le traitement sensationnaliste des médias.
  • Conclusion : une expérience très intéressante qu’il est prêt à renouveler, malgré la frustration de ne pas avoir de carte de presse.
  • Annonce d’un apéro photo (« Instapéro ») organisé le 7 juin au Champ de Mars.
  • Les sujets des prochains épisodes : une nouvelle interview et des tests de matériel (Osmo Pocket, Nikon Z7).

FAQ

Pourquoi Charles Cohen Boyer a-t-il couvert la manifestation du 1er mai ?

Après un accident de scooter qui l’a immobilisé plusieurs mois, il n’avait pas pu observer les manifestations des Gilets jaunes de fin 2018. La journée du 1er mai était pour lui l’occasion de voir les choses de ses propres yeux, de documenter l’événement en photo et en vidéo, et de ressentir ce qui se passe réellement au cœur de l’action, au-delà des images diffusées par les médias.

Quel matériel photo a-t-il utilisé pour cet événement ?

Pour cette journée, il a choisi un équipement polyvalent et mobile. Il était équipé de son boîtier habituel, un Nikon D5500, avec deux objectifs : un 18-55mm de Nikon et un 70-300mm de Tamron pour les sujets plus éloignés. Il avait également avec lui une petite caméra de poche, l’Osmo Pocket de DJI, pour réaliser des vidéos sur le vif de manière discrète et qualitative.

Quels sont les risques pour un photographe dans une manifestation ?

Selon son expérience, les risques sont multiples. Il y a le risque d’être confondu avec un manifestant violent par les forces de l’ordre, ou au contraire d’être pris à partie par des manifestants hostiles à la presse. Il a lui-même été interpellé par des Black Blocs. Il existe aussi un risque physique direct, au milieu des mouvements de foule et des affrontements, comme en témoigne le coup de matraque qu’il a reçu, endommageant son téléphone.

Qu’a-t-il observé concernant les Black Blocs ?

Il décrit les Black Blocs comme un groupe d’environ 200 à 300 individus très déterminés, qui restent groupés et sont donc facilement identifiables. Il note qu’ils ont été la cible d’un harcèlement constant de la part des escadrons de police à moto. Il a vu certains Gilets jaunes les encourager, non par adhésion à la violence, mais par frustration de ne pas être entendus. Il a également été témoin de leurs dégradations, comme l’incendie d’une devanture de boutique.

Quelle est sa vision de l’incident de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière ?

Présent sur les lieux au moment de l’intrusion, Charles Cohen Boyer livre un témoignage direct. Il affirme avoir vu des manifestants pacifiques se regrouper dans l’enceinte de l’hôpital pour se mettre en sécurité et échapper aux affrontements. Selon lui, il ne s’agissait en aucun cas d’une attaque du service de réanimation, contrairement à ce qui a pu être dit dans les premières heures suivant l’événement.

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