Un parcours scientifique au service de l’image
Manon Billard et Lucas Mugnier se sont rencontrés au Québec, lors d’un échange universitaire pendant leur licence de biologie. Tous deux passionnés par la nature, Lucas pratique la photographie depuis l’âge de dix ans, tandis que Manon a développé cette compétence à son contact. Ils expliquent comment leur formation scientifique, axée sur la compréhension du fonctionnement des écosystèmes, enrichit leur approche de la photographie animalière. Plutôt que de se concentrer uniquement sur l’aspect naturaliste d’identification des espèces, leurs études leur donnent des clés pour raconter des histoires complètes sur les menaces qui pèsent sur la faune et les enjeux de conservation. « On devient un spécialiste d’une espèce », précise Lucas.
Profitant du dispositif de l’année de césure, ils ont décidé de faire une pause entre leurs deux années de master pour monter un projet qui leur tenait à cœur, une expérience de terrain qui sort du cadre scolaire classique pour acquérir de nouvelles compétences.
Objectif Nouvelle-Zélande
Leur choix s’est porté sur la Nouvelle-Zélande, une destination qui les faisait rêver pour ses grands espaces et sa faune unique. Leur projet photographique vise à documenter les oiseaux endémiques de l’archipel, mais aussi à étudier les méthodes de conservation mises en place localement. Le pays mène en effet une politique drastique, parfois choquante, pour éradiquer les mammifères prédateurs introduits par l’homme, qui déciment les populations d’oiseaux natives. Manon et Lucas souhaitent rapporter cette expérience pour sensibiliser le public en France. Sur le terrain, ils ont dû s’adapter à une faune souvent peu farouche, une situation « complètement déroutante » qui les a poussés à varier les approches, entre la photo naturaliste pour « sécuriser » leur reportage et des compositions plus artistiques.
Pour ce voyage, ils travaillent avec du matériel Canon, notamment des boîtiers 7D et 7D Mark II, et des objectifs couvrant une large plage focale, du grand-angle au téléobjectif 100-400mm.
Financer et vivre l’aventure
Pour financer ce projet d’un an, le couple a combiné plusieurs sources : leurs économies personnelles, le soutien de leurs proches et une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule qui a dépassé leurs espérances, récoltant 3000 euros. Lucas souligne l’importance de proposer une finalité concrète au projet, comme une exposition ou un livre, pour convaincre les donateurs. Il rappelle aussi l’existence de nombreuses aides de l’État pour les projets étudiants, souvent méconnues. La préparation a duré un an, un délai nécessaire pour monter les dossiers et tout organiser.
Sur place, ils ont acheté un van pour se loger et se déplacer à moindre coût, profitant des nombreuses aires de camping gratuit. La gestion des données photographiques a été un défi, avec un système de sauvegardes multiples sur disque dur et clé USB pour ne rien perdre. Le volontariat dans des associations de conservation leur a aussi permis d’être logés et nourris tout en participant activement à la protection de la faune.
Les références de l’épisode
- Personnes : Grégory Paul, Sébastien Riou, Jonathan Loire.
- Lieux : Nouvelle-Zélande, Annecy, Chambéry, Québec (Rimouski), Montpellier, Saint-Pierre-et-Miquelon, Ulva Island, Stewart Island, parc de Monfragüe (Espagne).
- Organismes et plateformes : Revue La Salamandre, Ulule, FSDIE (Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Étudiantes), CROUS.
- Espèces mentionnées : Opossum, Kiwi, Nestor Kéa, Faucon de Nouvelle-Zélande, Moa, Manchot des antipodes, Kakapo, Léopard des mers.
- Matériel : Boîtiers Canon 7D et 7D Mark II, objectifs Canon 70-200mm f/4, 100-400mm, 17-40mm.
- Projets et médias : Objectifsauvages.wordpress.com, The Otter Photography (Instagram), Lucas Munier Photographer (Facebook), blog Aux aguets sois nature.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Manon Billard et Lucas Mugnier, en direct de Nouvelle-Zélande.
- Leur parcours d’étudiants en biologie et écologie, et leur rencontre au Québec.
- Le concept de l’année de césure, une pause dans les études pour monter un projet personnel.
- Le lien entre études scientifiques et photographie animalière : comprendre le « comment » plutôt que le « quoi ».
- Le partage des tâches photographiques au sein du couple et la complémentarité de leurs approches.
- Leurs inspirations artistiques et la recherche d’une signature visuelle.
- Leur matériel photo, entièrement chez Canon, et les objectifs qu’ils utilisent.
- Le projet en Nouvelle-Zélande : documenter les oiseaux endémiques et les méthodes de conservation.
- La problématique des espèces introduites et les mesures drastiques pour les éradiquer.
- La particularité de photographier des oiseaux très peu farouches, un défi créatif.
- Les espèces plus difficiles à approcher, comme le kiwi.
- Les coulisses du financement du projet : économies, campagne Ulule et aides pour les étudiants.
- Les clés pour réussir une campagne de financement participatif.
- L’organisation logistique sur place : l’achat d’un van et la vie nomade.
- La stratégie de sauvegarde des milliers de photos pour éviter toute perte.
- L’importance du volontariat pour s’immerger dans des projets de conservation à moindre coût.
- Anecdote : la rencontre inattendue avec un léopard des mers le jour de l’anniversaire de Lucas.
- Anecdote : la longue et patiente recherche du kiwi, finalement observé de très près.
- Où suivre leur travail sur leur site et les réseaux sociaux.
FAQ
Qui sont Manon Billard et Lucas Mugnier ?
Manon Billard et Lucas Mugnier sont deux photographes et étudiants français. Manon est spécialisée en océanographie et biologie marine, tandis que Lucas se concentre sur l’ornithologie et la conservation. Passionnés par la nature, ils ont mis à profit une année de césure dans leurs études pour mener un grand projet photographique en Nouvelle-Zélande, alliant ainsi leur formation scientifique à leur pratique de l’image.
Quel est le but de leur projet en Nouvelle-Zélande ?
Leur projet vise à documenter la faune aviaire endémique de Nouvelle-Zélande, c’est-à-dire les espèces d’oiseaux qui n’existent nulle part ailleurs. Au-delà de l’aspect photographique, ils étudient et souhaitent faire connaître les méthodes de conservation locales, notamment la lutte contre les espèces prédatrices introduites par l’homme. Leur objectif est de sensibiliser le public français à ces enjeux en rapportant des exemples concrets.
Comment ont-ils financé leur voyage photographique ?
Le financement de leur année en Nouvelle-Zélande repose sur trois piliers. Ils ont d’abord utilisé leurs économies personnelles, constituées en travaillant pendant leurs études. Ils ont ensuite lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule, qui a récolté 3000 euros. Enfin, ils soulignent l’importance des aides de l’État et des universités destinées à soutenir les projets des étudiants à l’étranger.
Quelles sont les particularités de la faune en Nouvelle-Zélande ?
La faune néo-zélandaise est unique car elle a évolué pendant des millions d’années sans mammifères terrestres. Les oiseaux y occupaient toutes les niches écologiques, et beaucoup d’espèces sont devenues peu farouches, voire incapables de voler. L’arrivée de l’homme a introduit des prédateurs (rats, opossums) qui ont décimé ces populations vulnérables, faisant de la conservation un enjeu national majeur pour le pays.
Quels conseils donnent-ils pour préparer un projet photo à l’étranger ?
Ils recommandent de s’y prendre très à l’avance, idéalement un an avant le départ, pour monter les dossiers et organiser la logistique. Pour le financement, ils conseillent de ne pas négliger les bourses et aides de l’État ou des universités pour les étudiants. Pour une campagne de crowdfunding, il est crucial de proposer une finalité claire (exposition, livre) et des contreparties attractives pour les donateurs.
