Une rencontre inattendue
Michel d’Oultremont raconte les coulisses de son voyage de 25 jours en solitaire en Suède, au printemps 2015. Parti initialement pour photographier les tétras lyres et les grands coqs, son périple prend une autre tournure grâce à l’appel d’un ami qui lui signale la présence de chouettes lapones dans une zone où il se dirige. Sans connaissance naturaliste approfondie sur cette espèce, il passe trois jours à les observer et les photographier. Il explique que la faune des pays nordiques est souvent moins craintive, probablement en raison d’une pression de chasse moins forte, ce qui lui a permis de s’approcher à une distance respectueuse de 30 à 40 mètres.
Pour réussir ses clichés, il a su s’adapter et anticiper les réactions de l’oiseau. « Si je vois qu’il commence à être stressé, là je vais m’arrêter, je vais reculer de 5 mètres », confie-t-il, soulignant l’importance de laisser de l’espace à l’animal pour qu’il ne se sente pas menacé.
L’art de la basse lumière et de l’instinct
Une grande partie de ses séries suédoises a été réalisée dans des conditions de lumière difficiles, très tôt le matin ou tard le soir. Michel d’Oultremont partage ses astuces pour réussir ses photos en basse lumière : l’utilisation d’un bon trépied pour la stabilité, la maîtrise de sa respiration au moment du déclenchement, et la montée en ISO, qu’il limite généralement à 4000 sur son boîtier. Il n’hésite pas non plus à sous-exposer volontairement pour retranscrire une atmosphère sombre et dramatique, plus fidèle à ce qu’il perçoit. Quand l’autofocus ne suit plus, il passe en mise au point manuelle, s’aidant parfois du mode Live View pour assurer la netteté.
Connu pour ses photos d’ambiance, il surprend dans cette série avec des portraits très serrés, voire coupés, qui cassent les codes de la composition. Il explique cette démarche par l’opportunisme et l’instinct, cherchant à retranscrire la force et la puissance d’un grand tétras qui chargeait sa voiture. « À un moment donné, je me suis dit : pourquoi pas complètement s’en foutre de ça [des règles] et essayer de faire des images comme je le ressens sur le moment même. »
Les références de l’épisode
- Personnes : Michel Meunier
- Animaux : chouette lapone, tétras lyre (coq de bruyère), grand tétras, hibou des marais, loup, ours
- Lieux : Suède, Norvège, Laponie, Danemark, Vosges (France)
- Marques et outils : Canon, Facebook
Au fil de l’épisode
- Le contexte du voyage de Michel d’Oultremont : 25 jours seul en Suède en avril 2015.
- La rencontre imprévue avec la chouette lapone, sur les indications d’un ami.
- L’approche d’un animal peu connu : comment s’adapter sur le terrain.
- Pourquoi la faune nordique est souvent moins farouche que celle de nos régions.
- La distance de sécurité et les signes de stress à observer chez un oiseau.
- L’astuce pour masquer un élément disgracieux (un piquet) en changeant son angle de vue.
- Le trépied : un frein à la créativité mais un allié indispensable en basse lumière.
- Les techniques pour photographier lorsque la lumière est très faible.
- Gérer sa respiration et ses émotions pour éviter le flou de bougé.
- La montée en ISO : jusqu’où aller sans sacrifier la qualité de l’image.
- L’intérêt de sous-exposer pour renforcer une ambiance sombre et gagner en vitesse.
- Comment réussir sa mise au point quand l’autofocus ne fonctionne plus.
- Les possibilités créatives en basse lumière, comme le filé ou le flou de mouvement.
- La démarche artistique derrière ses gros plans de tétras, qui tranchent avec ses habituelles photos d’ambiance.
- L’anecdote du grand tétras agressif qui a attaqué sa voiture.
- Casser les règles de composition : portraits centrés, sujets coupés.
- L’évolution de son style, d’une composition classique à une approche plus instinctive.
- Le bilan de l’expérience de voyager et photographier seul pendant près d’un mois.
- Les avantages de la solitude pour une immersion totale dans son projet.
- Les projets futurs pour cette série de photographies : articles de magazine et expositions.
FAQ
Qui est Michel d’Oultremont ?
Michel d’Oultremont est un photographe animalier belge. Il est connu pour son approche artistique de la photographie de nature, privilégiant les ambiances et les lumières particulières. Comme il le raconte dans cet épisode, il n’hésite pas à partir seul pour de longues périodes, comme lors de son voyage de 25 jours en Suède, afin de s’immerger complètement dans son environnement et de vivre pleinement son aventure photographique.
Pourquoi la faune est-elle moins farouche dans les pays nordiques ?
Selon Michel d’Oultremont, la faune dans les pays nordiques comme la Suède est moins peureuse car elle rencontre moins d’êtres humains. Il pense que cela s’explique principalement par une pression de chasse moins importante que dans nos régions. Cette moindre méfiance des animaux lui permet de réaliser des approches plus sereines et d’obtenir des clichés à une proximité intéressante, sans pour autant déranger les sujets.
Comment Michel d’Oultremont photographie-t-il en basse lumière ?
Pour photographier en basse lumière, Michel d’Oultremont utilise plusieurs techniques. Il se sert d’un trépied pour garantir la stabilité, monte en ISO jusqu’à une limite qu’il juge acceptable pour la qualité d’image, et contrôle sa respiration en bloquant son souffle au moment de déclencher. Il utilise aussi la correction d’exposition pour sous-exposer et ainsi retranscrire une atmosphère sombre tout en gagnant en vitesse. Enfin, si l’autofocus peine, il n’hésite pas à passer en mise au point manuelle.
Pourquoi Michel d’Oultremont choisit-il de voyager seul ?
Partir seul est pour lui le meilleur moyen de vivre son aventure photographique à 100 %. Cette solitude lui offre une liberté totale : il n’a aucun compromis à faire et peut suivre son instinct, comme lorsqu’il a passé une demi-journée à pister un loup. Il explique que cela lui permet de trouver son propre rythme et de s’immerger pleinement dans la nature, une expérience qu’il recommande et qu’il souhaite renouveler plus souvent.
