Des terrains de foot à la photo professionnelle
Mickaël Bonnami raconte ses débuts en photographie, initiés en 2005 avec l’arrivée des appareils numériques accessibles. Passionné de sport, il commence par photographier les entraînements des Girondins de Bordeaux pour tester son matériel. C’est sur le tas, en autodidacte, qu’il apprend à anticiper le mouvement et à maîtriser la technique. Les premières demandes d’achat de ses photos sont une surprise, car il n’avait jamais envisagé d’en faire un métier. Il prend alors un statut pour vendre ses clichés en toute légalité, mais décide de conserver son emploi salarié dans l’industrie. Ce choix lui permet de garder la photographie comme une activité complémentaire, guidée par le plaisir et non par la nécessité économique, et d’éviter la pression commerciale qu’il a découverte en travaillant brièvement pour une agence.
Cette distance lui offre la liberté de développer une approche plus personnelle, loin des impératifs de la presse qui privilégie souvent la rapidité à la qualité artistique.
Au cœur de l’action
Pour Mickaël Bonnami, la photographie de sport ne se résume pas à documenter une performance. Il cherche à y insuffler une dimension artistique, à créer une image différente de celle que l’on voit habituellement dans les journaux. Il confie détester « jouer des coudes » avec les autres photographes et préfère s’isoler pour se concentrer et trouver un angle unique. Son expérience la plus marquante reste le record du monde de Kevin Mayer au Décastar de Talence. Il décrit l’intensité de l’événement, vécu de l’intérieur, et l’émotion palpable qui l’a submergé. « J’ai vécu un record du monde en direct et c’est quelque chose d’exceptionnel. Finalement, presque la photo, on s’en fiche à côté de ça », confie-t-il.
Cette approche se traduit par une technique basée sur l’anticipation plutôt que sur la rafale. Il préfère préparer sa photo en amont, observer l’athlète et déclencher au moment précis où il sent qu’une émotion ou une action décisive va se produire.
La technique au service de l’émotion
Mickaël Bonnami explique sa nette préférence pour les focales fixes plutôt que les zooms. Loin d’être un simple choix technique, c’est une véritable philosophie de travail. La contrainte d’une focale unique l’oblige à se déplacer, à réfléchir à son cadrage et à se concentrer sur un type d’action précis, ce qui, selon lui, mène à des images plus fortes. Gérer ses propres émotions lors d’un événement aussi intense que le sacre de Kevin Mayer est un défi. Il raconte avoir parfois posé son appareil pour simplement vivre l’instant, s’imprégner de l’atmosphère, conscient que certaines photos ne rendraient pas justice à la force du moment. Il a ainsi choisi de « faire une vidéo avec ses yeux et son cerveau ».
Fort de son expérience, il a créé son entreprise de formation et de voyages photo, VP23, pour transmettre sa passion. Il conseille d’ailleurs aux photographes amateurs de s’entraîner sur des compétitions locales ou des jeux d’enfants pour s’habituer à saisir l’instant sans la pression des grands événements.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Kevin Mayer
- Michael Jordan
- VP23 (entreprise de formation de Mickaël Bonnami)
- Les Girondins de Bordeaux
- Le journal L’Équipe
- Le journal Sud-Ouest
- Le journal Ouest-France
- Le journal Le Parisien
- Le Décastar de Talence
- Les Jeux Olympiques
- Nikon (Nikon D5)
- Stanley Leroux
- Laurent Baheux
- Usain Bolt
- Tigana
- Joel Marklund
- Corinne Dubreuil
- Vincent Munier
- Michel d’Oultremont
Au fil de l’épisode
- La rencontre entre Mickaël et Régis au salon de la photo à Paris.
- Les trois domaines de prédilection de Mickaël : sport, nature et animalier.
- Ses débuts en photographie en 2005 avec l’arrivée du numérique.
- Comment il a commencé par photographier les entraînements des Girondins de Bordeaux.
- Le passage au statut professionnel, vécu comme une opportunité et non un objectif initial.
- Pourquoi il a conservé un emploi salarié pendant 10 ans tout en développant son activité photo.
- La création de son entreprise de formation et de voyages photo, VP23.
- L’origine du nom VP23 : un mélange de « Voyage Photo » et de son admiration pour Michael Jordan.
- Les raisons pour lesquelles il n’a pas cherché à vivre uniquement de la photo de sport : un milieu difficile et la volonté de préserver le plaisir.
- La part méconnue du métier de photographe : le démarchage commercial.
- Sa passion pour le sport depuis l’enfance, moteur de sa pratique photographique.
- Comment vivre les grands événements sportifs de l’intérieur, en tant que photographe.
- Son souvenir du record du monde de Kevin Mayer au Décastar de Talence.
- La réalité du terrain sur les grandes compétitions : la « ribambelle de photographes ».
- Sa démarche artistique pour se différencier de la photo de presse purement descriptive.
- Son expérience difficile avec une agence photo, entre pression de la vitesse et problèmes de paiement.
- L’importance de l’anticipation, de la connaissance du sport et de l’observation des athlètes.
- Pourquoi il n’utilise que très rarement le mode rafale.
- Sa technique pour rester concentré et « dans sa bulle » pendant une épreuve.
- Le parallèle entre la préparation en photo de sport et en photo animalière.
- Les photographes qu’il admire, comme Joel Marklund, Vincent Munier ou Michel d’Oultremont.
- Son matériel photo, notamment son Nikon D5 et son 300 mm.
- Pourquoi il préfère la contrainte créative des focales fixes à la polyvalence des zooms.
- L’émotion intense ressentie lors du sacre de Kevin Mayer.
- Comment gérer ses émotions pour ne pas rater la photo décisive.
- Le moment où il a choisi de poser son appareil pour vivre l’instant plutôt que de le photographier.
- Son conseil pour s’entraîner : commencer par photographier des sports amateurs et locaux.
- Son actualité : le développement de son entreprise VP23.
FAQ
Qui est Mickaël Bonnami ?
Mickaël Bonnami est un photographe professionnel spécialisé dans la photographie de sport, mais également passionné par la nature et la photo animalière. Connu pour son approche artistique, il a couvert de nombreuses disciplines et a été publié dans de grands quotidiens. Il a également fondé VP23, une entreprise à travers laquelle il propose des formations et des voyages photo pour partager son expérience et sa passion avec d’autres photographes.
Pourquoi Mickaël Bonnami préfère-t-il les focales fixes aux zooms ?
Il apprécie la contrainte créative qu’impose une focale fixe. Selon lui, ne pas pouvoir zoomer l’oblige à être plus réfléchi dans son placement et sa composition. Cette limitation le pousse à anticiper davantage l’action et à se concentrer sur un type d’image précis. Il estime que la polyvalence d’un zoom peut parfois mener à des photos moins percutantes, car on cherche à tout couvrir sans se focaliser sur une intention claire.
Comment s’entraîner à la photographie de sport ?
Mickaël Bonnami conseille de commencer par des événements de proximité et à faible enjeu. Photographier les matchs des clubs locaux, les compétitions départementales ou même les jeux de ses propres enfants est une excellente école. Cela permet de s’habituer à suivre un sujet en mouvement, à anticiper les actions et à maîtriser ses réglages dans des conditions réelles, mais sans la pression et les contraintes d’accès des grandes compétitions professionnelles.
Quelle est l’importance de l’anticipation en photo de sport ?
Pour Mickaël Bonnami, l’anticipation est plus importante que la technique pure. Il considère que 80 % du travail d’une photo réussie se fait en amont. Cela implique de bien connaître le sport, d’observer les rituels et les comportements des athlètes, et de visualiser l’image souhaitée avant même que l’action ne se produise. Cette préparation lui permet de déclencher au moment décisif, sans avoir à recourir à de longues rafales.
Qu’est-ce que VP23 ?
VP23 est l’entreprise de formation et de voyages photo créée par Mickaël Bonnami. Le nom est un clin d’œil à ses deux inspirations : « VP » pour « Voyage Photo » et « 23 », son chiffre fétiche, en hommage au basketteur Michael Jordan. À travers VP23, il propose des stages sur le terrain et des séjours pour aider les photographes amateurs à progresser, en partageant son expertise technique et sa vision artistique.
