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Interview du photographe Philippe Moës

Photographe belge spécialiste des milieux forestiers, Philippe Moës est l'invité de Régis Moscardini. Plus naturaliste qu'animalier, il explique sa démarche immersive, où la connaissance intime de la nature prime sur la technique pure. Il raconte son terrain de jeu, la forêt belge, avec ses contraintes spécifiques comme la faible luminosité et la présence des chasseurs. Philippe Moës partage en détail sa méthode de préparation pour chaque sortie, de l'étude méticuleuse de la météo au choix du matériel. Il évoque également sa collaboration avec le photographe Fabrice Caez et livre de précieux conseils aux débutants qui souhaitent se lancer.

la photographie naturaliste au cœur des forêts

Plus naturaliste qu’animalier

Philippe Moës se définit avant tout comme un photographe naturaliste, une approche qu’il juge plus vaste et plus immersive que celle du photographe purement animalier. Pour lui, être naturaliste implique de s’intéresser à l’ensemble d’un écosystème — paysages, plantes, insectes — et de consacrer un temps considérable à l’apprentissage et à l’imprégnation du milieu avant même de déclencher. Sa formation en sylviculture et en agronomie constitue un atout majeur, car la connaissance du terrain et des espèces est, selon lui, plus déterminante que la maîtrise technique. « Si on demande à un naturaliste de faire des images en lui expliquant le minimum de base en photographie, il va très vite ramener quelque chose d’intéressant », explique-t-il.

Cette philosophie se nourrit d’une passion pour la nature qui précède celle de la photographie. Il estime que pour photographier des animaux sauvages dans nos régions, où ils sont souvent craintifs et discrets, la connaissance de leurs mœurs, de leur biotope et de leurs réactions est la clé du succès.

La forêt, un terrain de jeu exigeant

Le terrain de prédilection de Philippe Moës est la forêt, qu’il considère comme le « dernier espace vaguement sauvage » en Belgique, un pays où chaque mètre carré est géré par l’homme. Ce milieu présente des défis techniques importants, à commencer par le manque de lumière. Pour y remédier, il choisit des endroits moins sombres, utilise systématiquement un trépied et profite des avancées du numérique permettant de monter en sensibilité ISO. L’autre contrainte est la cohabitation avec les chasseurs, qui le pousse à être un « saisonnier de la photo », privilégiant les périodes où la chasse n’est pas ouverte et où les animaux sont moins farouches. Il insiste sur le fait de toujours obtenir l’accord du propriétaire avant de pénétrer sur un terrain.

Chaque sortie est préparée avec une extrême minutie. Il consulte plusieurs sites météo, se fixe un objectif très précis et ne part jamais au hasard. Cette préparation rigoureuse, alliée à une connaissance parfaite du terrain, lui permet de maximiser ses chances de réaliser les images qu’il a en tête, que ce soit pour le renard ou une autre espèce.

Les références de l’épisode

  • Le livre « Sous l’aile du temps », co-écrit avec Fabrice Caez
  • Fabrice Caez, photographe
  • Le Festival de Namur

Au fil de l’épisode

  • La distinction fondamentale entre photographe « naturaliste » et « animalier ».
  • Comment sa formation en agronomie et sylviculture nourrit sa pratique photographique.
  • Pourquoi la connaissance de la nature est plus importante que la technique pour réussir ses photos.
  • La forêt belge, son terrain de jeu favori malgré son artificialisation.
  • Les deux contraintes majeures en forêt : la faible lumière et la présence des chasseurs.
  • Sa méthode pour préparer une sortie : étude de la météo, repérage et objectif précis.
  • Le matériel indispensable pour une séance photo dédiée au renard.
  • Sa collaboration avec le photographe Fabrice Caez sur le livre « Sous l’aile du temps ».
  • Ses conseils pour un jeune de 15 ans qui débute en photographie animalière.
  • Ses prochaines expositions prévues en Ardennes, à Tigné-Cours et à Namur.

FAQ

Qui est Philippe Moës ?

Philippe Moës est un photographe belge reconnu comme un grand spécialiste de la photographie d’animaux sauvages en forêt. Se définissant comme photographe naturaliste, il a une approche immersive basée sur une connaissance approfondie de la nature, aidée par sa formation en sylviculture et agronomie. Il est l’auteur d’ouvrages sur le sujet, a été primé dans de nombreux concours et a notamment collaboré avec le photographe Fabrice Caez.

Quelle différence fait-il entre un photographe naturaliste et un photographe animalier ?

Selon Philippe Moës, le terme « naturaliste » est plus large. Il englobe non seulement les animaux, mais aussi les paysages, les plantes et l’écosystème dans son ensemble. L’approche naturaliste demande une longue période d’immersion et d’apprentissage du sujet avant la prise de vue. Il estime que le photographe animalier peut avoir une démarche plus directe, parfois moins ancrée dans la connaissance globale du milieu.

Comment se préparer pour une séance de photo en forêt selon Philippe Moës ?

Une bonne préparation est essentielle. Il recommande de consulter plusieurs sites météo pour connaître précisément la direction du vent et l’ensoleillement. Il faut avoir un objectif très précis et ne jamais partir au hasard. La connaissance parfaite du terrain est indispensable pour choisir le bon emplacement en fonction de la lumière, du fond et des habitudes des animaux. Enfin, le matériel doit être adapté au sujet, comme une housse anti-bruit pour ne pas effrayer un renard.

Quels conseils donne Philippe Moës à un photographe débutant ?

Pour un jeune qui débute, il conseille de profiter des ressources en ligne comme les forums pour apprendre. Pour la pratique, il suggère de commencer par un sujet facile et accessible. Installer un affût dans son jardin près d’une mangeoire pour oiseaux en hiver est un excellent exercice. Cela permet de se familiariser avec son matériel, d’apprendre à connaître les différentes espèces, leurs comportements et de réaliser de belles images sans déranger la faune.

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