Une passion née en famille
Teddy Bracard est un jeune photographe de 21 ans qui concilie sa passion pour la nature avec ses études en gestion et protection de l’environnement. Il doit son amour pour le monde sauvage à son père, un excellent naturaliste qui lui a transmis les bases de l’observation. C’est ensemble qu’ils ont décidé de se lancer dans la photographie, afin de mettre des images sur les histoires et les rencontres qu’ils vivaient sur le terrain. Loin des écoles, Teddy a appris la technique sur le tas, au fil des longues heures d’affût, en testant les réglages de son boîtier et en écoutant les conseils de photographes plus expérimentés.
Conscient de la déconnexion d’une partie de sa génération avec la nature, il s’efforce de partager son expérience pour encourager les jeunes à sortir et à observer ce qui les entoure.
Le temps du naturaliste
Pour Teddy Bracard, une photographie réussie est avant tout le fruit d’un long travail en amont. Il estime que le repérage et l’observation représentent plus de 60 % de son temps, la prise de vue n’étant que la finalité. Son travail sur le renard, qui a donné lieu à une exposition de 17 images, est l’aboutissement de six années d’études naturalistes pour seulement deux ans de photographie intensive. Chaque année, avec son père, il repart de zéro pour localiser les animaux et comprendre leurs habitudes. Ils ont ainsi pu suivre jusqu’à 40 terriers sur un périmètre de 15 km autour de chez eux en Lorraine, pour finalement n’y trouver qu’une seule portée de renardeaux.
« Pour faire une photo, bien généralement, je la pense quand même avant de la faire », confie-t-il, soulignant l’importance de la préparation et de la connaissance de l’espèce.
L’art de l’affût et de la persévérance
La technique de prédilection de Teddy est l’affût. Il n’utilise pas de construction fixe, mais un simple filet de camouflage qui lui permet de rester mobile et de s’adapter aux déplacements des renards. Il privilégie une position couchée, au ras du sol, pour être à hauteur de l’animal et ainsi créer des images plus intenses et immersives. S’il reconnaît qu’un facteur chance existe, il insiste sur le fait que la persévérance est la clé. Être sur le terrain, matin et soir, jour après jour, est le seul secret pour provoquer la rencontre et capturer l’instant unique. Cette présence constante s’accompagne d’une démarche éthique forte : il prend toutes les précautions pour minimiser son dérangement, notamment en faisant attention au sens du vent, un facteur essentiel pour ne pas être détecté par les mammifères.
« Le secret, c’est d’être dehors », résume-t-il simplement.
Changer le regard sur le renard
Au-delà de l’esthétique, le travail de Teddy Bracard porte une ambition : réhabiliter l’image du renard, un animal souvent mal-aimé et encore classé comme « nuisible » en France. À travers son exposition, il cherche à dépasser les préjugés en montrant l’intelligence et l’expressivité de l’animal. Pour lui, tout passe par le regard. « C’est un animal qui est très très expressif. Donc on le ressent sur plusieurs des photos où il y a vraiment un contact. C’est ça que je voulais faire ressentir. » Il analyse l’une de ses photos préférées, où un renard se tient près de fils barbelés dans le Jura. L’image offre une double lecture : une partition musicale poétique, mais aussi le symbole de l’emprise de l’homme sur la nature, où l’animal semble emprisonné.
Son travail vise à créer une connexion émotionnelle entre le spectateur et l’animal, pour que l’on voie au-delà du cliché.
Les références de l’épisode
- Le renard
- Le chat sauvage
- Le blaireau
- Festival de Montier-Ander
- Région Lorraine (Meurthe-et-Moselle)
- Plateaux du Haut-Doubs (Jura)
- Oxo à Nature
Au fil de l’épisode
- Présentation de Teddy Bracard, 21 ans, étudiant en gestion et protection de la nature.
- Comment il organise son temps entre ses études et sa passion pour la photographie.
- L’influence de son père, naturaliste, qui lui a transmis le virus de la nature.
- Un apprentissage de la photo en autodidacte, sur le terrain, pendant les affûts.
- La difficulté à sensibiliser les jeunes de sa génération à la nature.
- Son terrain de jeu principal : la Lorraine, en Meurthe-et-Moselle.
- Les autres animaux qu’il aime photographier, comme le très discret chat sauvage.
- Son exposition sur le renard à Montier-Ander, composée de 17 images.
- Le travail préparatoire : six années d’observation naturaliste pour deux ans de photos.
- L’importance de la collecte de données et du repérage, qui constitue 60% de son activité.
- L’anecdote des 40 terriers de renards repérés pour une seule portée exploitable.
- Sa technique d’affût : un simple filet de camouflage et une position couchée au sol.
- La persévérance comme principal secret de la réussite en photographie animalière.
- Les précautions éthiques pour ne pas déranger la faune, notamment la gestion du vent.
- L’objectif de son travail : changer l’image du renard, animal mal-aimé et classé nuisible.
- L’importance du regard pour créer une connexion émotionnelle avec le spectateur.
- Analyse d’une de ses photos préférées : un renard devant des barbelés dans le Jura.
- La double signification de cette image, entre poésie et critique de l’emprise humaine.
- Où retrouver le travail de Teddy Bracard sur son site internet et sa page Facebook.
FAQ
Qui est Teddy Bracard ?
Teddy Bracard est un jeune photographe animalier français originaire de Lorraine. Spécialiste du renard, il allie sa passion à ses études en gestion et protection de la nature. Il a appris la photographie en autodidacte avec son père, naturaliste, en passant d’innombrables heures sur le terrain. Son travail vise à changer la perception du public sur des animaux mal-aimés comme le renard, en capturant l’émotion de leur regard.
Comment Teddy Bracard a-t-il appris la photographie ?
Teddy Bracard est un photographe autodidacte. Il n’a pas suivi d’école de photographie. Sa formation s’est faite directement sur le terrain, aux côtés de son père. C’est pendant les longues heures d’affût qu’il a expérimenté les réglages de son boîtier et affiné sa technique. Il a également bénéficié des conseils d’autres photographes pour perfectionner son approche et son art de la composition.
Quelle est la méthode de travail de Teddy Bracard pour photographier les renards ?
Sa méthode repose sur une connaissance approfondie de l’espèce et une patience immense. Avant toute prise de vue, il consacre une grande partie de son temps (environ 60%) au repérage et à l’observation naturaliste avec son père. Pour la photographie, il pratique principalement l’affût, en utilisant un simple filet de camouflage et en se positionnant au ras du sol pour être à la hauteur de l’animal et créer des images plus immersives.
Pourquoi Teddy Bracard photographie-t-il principalement le renard ?
Il a choisi de se consacrer au renard pour réhabiliter l’image de cet animal, qui souffre de nombreux préjugés et est encore classé comme espèce nuisible en France. À travers ses photographies, il cherche à montrer une autre facette du renard, en mettant en avant son intelligence et son expressivité. Il se concentre sur le regard pour créer une connexion émotionnelle forte entre l’animal et le spectateur.
Où Teddy Bracard réalise-t-il ses photographies ?
Teddy Bracard réalise la majorité de ses clichés dans sa région d’origine, la Lorraine, et plus précisément dans le département de la Meurthe-et-Moselle. Il y trouve une grande diversité de milieux naturels. Cependant, il n’hésite pas à se déplacer pour des projets spécifiques, comme lorsqu’il s’est rendu sur les plateaux du Haut-Doubs, dans le Jura, pour réaliser une série de photos de renards dans des paysages enneigés.
