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FOCUS #1 – Tess Raimbeau (iconographe)

Comment les photographies qui illustrent l'actualité sont-elles choisies ? Tess Raimbeau, iconographe pour le journal Libération, nous ouvre les portes de ce métier de l'ombre, aussi passionnant qu'essentiel. Elle raconte son quotidien au sein d'une rédaction, un travail qui va bien au-delà de la simple recherche d'images. Entre la découverte de nouveaux talents, l'éditing des reportages et la défense de la vision des photographes, elle se définit comme une « passeuse » entre le créateur et le lecteur. Un témoignage précieux sur la place de l'image dans la presse et les défis du photojournalisme contemporain.

Tess Raimbeau, le métier d'iconographe au cœur de la presse quotidienne

Passeuse d’images

Après des études en sciences politiques et en journalisme, Tess Raimbeau s’est tournée vers le photojournalisme, une passion qui l’a menée au poste d’iconographe pour le journal Libération. Sans formation spécifique, qui n’existe pas réellement dans le parcours classique, elle a appris sur le terrain, notamment au sein de collectifs et d’agences photo. Pour elle, être iconographe dans un quotidien, c’est être « en charge de l’image ». Son rôle ne se limite pas à trouver des visuels ; il consiste à être une sorte de passeur entre le photographe et le lecteur. Ce travail implique un dialogue constant pour valoriser la production d’un auteur, notamment à travers l’éditing, ce processus de sélection drastique où 50 images peuvent être réduites à deux pour la publication.

À Libération, la photographie n’est pas considérée comme une simple illustration, mais comme un contenu qui enrichit l’article, avec son propre regard. « Le photographe ne va pas accompagner le journaliste, il a son propre regard, son propre œil », explique-t-elle.

Au cœur de la rédaction

La journée d’une iconographe à Libération est rythmée par les réunions et l’actualité. Tout commence à 10 heures avec le comité de rédaction, où les sujets du journal du lendemain sont débattus. S’ensuivent des réunions plus spécifiques pour construire les pages, où maquettistes, journalistes et iconographes négocient la place accordée au texte et à l’image. Tess Raimbeau raconte devoir parfois se battre pour qu’une belle production photographique obtienne l’espace qu’elle mérite. La journée est aussi faite de contacts directs avec les photographes, pour lancer des commandes ou défendre leur travail. Ce rythme peut être totalement bouleversé par l’actualité, comme lors de l’incendie de Notre-Dame ou des élections américaines de 2016, des moments de « branle-bas de combat total » où toute la rédaction se mobilise dans l’urgence.

Tess Raimbeau évoque aussi la précarité croissante du métier de photographe de presse, se voyant un peu comme « le pôle emploi des photographes ». Si le journal reste fidèle à ses collaborateurs historiques, elle aime aussi dénicher de nouveaux talents, souvent grâce à des coups de foudre lors d’expositions ou via Instagram.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : Henrike Stahl, Julia & Vincent, Sam Stoich, Matt Jacob, Laurent Geoffrin, Hillary Clinton, Donald Trump.
  • Médias et institutions : Libération, Six Mois, The New York Times.
  • Collectifs et agences : MIOP, Soub, Hans Lucas, Tendance Floue.
  • Événements et lieux : Festival d’Arles, Fashion Week.
  • Écoles : Les Gobelins.

Au fil de l’épisode

  • Le métier d’iconographe : une profession de l’ombre, indispensable au monde de la presse.
  • Le parcours de Tess Raimbeau, des sciences politiques au service photo de Libération.
  • La définition de son rôle : une « passeuse » entre le photographe et le lecteur.
  • La culture de l’image à Libération, où la photo n’est pas une simple illustration.
  • Le déroulé d’une journée type à la rédaction, entre comités et bouclages.
  • La gestion des imprévus et de l’actualité chaude, comme l’incendie de Notre-Dame.
  • L’anecdote de la nuit des élections américaines de 2016 et la victoire inattendue de Donald Trump.
  • La précarité du métier de photographe de presse et la responsabilité des iconographes.
  • La découverte de nouveaux talents, entre les expositions à Arles et les repérages sur Instagram.
  • Les photographes « coups de cœur » de Tess Raimbeau : Henrike Stahl, Julia & Vincent, et Sam Stoich.
  • L’avenir de la photographie dans la presse face à la montée de l’illustration.
  • L’importance pour les photographes de se syndiquer pour défendre leurs droits.

FAQ

Qui est Tess Raimbeau ?

Tess Raimbeau est iconographe au sein du journal Libération. Après des études de sciences politiques et de journalisme, elle s’est spécialisée dans le photojournalisme. Son rôle consiste à rechercher, sélectionner et éditer les photographies qui paraissent dans le quotidien. Elle se décrit comme un lien essentiel entre les photographes et la rédaction, chargée de valoriser leur travail et de défendre la place de l’image dans le journal.

En quoi consiste le métier d’iconographe dans un journal comme Libération ?

Le métier d’iconographe à Libération va au-delà de la simple illustration d’articles. Il s’agit de participer activement à la narration visuelle du journal. Cela inclut la sélection des images (l’éditing), la commande de reportages à des photographes, la négociation de l’espace alloué aux photos dans la maquette et la défense du regard de l’auteur. L’iconographe est l’avocat du photographe au sein de la rédaction et un garant de la culture visuelle du titre.

Comment se déroule une journée type à la rédaction de Libération ?

Une journée type commence par le comité de rédaction où les sujets du lendemain sont discutés. Ensuite, des réunions par service permettent de construire les pages, en définissant la place du texte et des photos. L’iconographe y défend ses choix visuels. Le reste de la journée est consacré aux commandes, aux recherches, à l’archivage et au bouclage, qui peut être bousculé à tout moment par une actualité imprévue, exigeant une grande réactivité.

Comment Tess Raimbeau découvre-t-elle de nouveaux photographes ?

Tess Raimbeau ne fait pas de recherche active systématique, mais se laisse guider par ses « coups de foudre ». Elle découvre de nouveaux talents en visitant des expositions, comme au festival d’Arles, ou en étant très attentive à ce qui est publié sur les réseaux sociaux, notamment Instagram. Elle apprécie particulièrement les photographes qui proposent des écritures singulières, à la frontière entre le documentaire, la mode et une approche plus conceptuelle.

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