Un naturaliste devenu photographe
Originaire des Ardennes belges, Walter Barthélémi explique avoir été un amoureux de la nature bien avant de devenir photographe. Pour lui, l’appareil photo est « la cerise sur le gâteau », un outil pour partager sa vision et les émotions ressenties sur le terrain. Venu à la photographie avec l’explosion du numérique il y a une dizaine d’années, il se définit comme un photographe qui ne déclenche pas beaucoup, privilégiant la qualité et la démarche à la quantité. Son travail se concentre sur la faune de proximité, celle qu’il peut observer à quelques minutes de chez lui, une approche qui, selon lui, touche particulièrement le public.
Il évoque également la forte concentration de photographes animaliers de talent en Belgique, comme Michel Doutremont ou Marc Costermans, qu’il attribue à la richesse de la faune des Ardennes, une région qui inspire et facilite la pratique.
Les concours photo, un jeu d’initié
Récompensé par de nombreux prix prestigieux (Asferico, BBC Wildlife Photographer of the Year, Montier-en-Der…), Walter Barthélémi possède une solide expérience des concours. Il insiste sur un point essentiel : il faut les aborder comme un jeu et ne pas en faire une finalité. S’il reconnaît leur utilité pour entretenir une certaine notoriété, il met en garde contre les droits d’entrée parfois exorbitants et les règlements qui peuvent bafouer le droit d’auteur. Participer est une « bonne école » pour apprendre à accepter la critique et à juger son propre travail, mais il ne faut jamais oublier la subjectivité d’un jury. « C’est une réunion de sensibilité, de gens d’horizons différents, qui vont devoir faire un choix. Parfois, c’est hyper cruel. »
Selon lui, une image qui se démarque est une image qui « attire l’œil », qui sort de la production classique en suscitant une émotion. La maîtrise technique est un prérequis, mais c’est la vision de l’artiste et sa culture visuelle qui priment sur le matériel.
Au-delà de l’image fixe
Walter Barthélémi ne se limite pas à la photographie. Il explore également la vidéo depuis 2011, un médium qu’il juge complémentaire pour raconter des histoires et capturer des comportements animaliers. Il est notamment l’auteur du court-métrage « Trois-Pattes », un film poignant qui suit le quotidien d’une renarde amputée d’une patte, mais qui parvient à élever sa portée. Ce travail lui permet de communiquer en douceur sur le renard, un animal victime de nombreuses idées reçues. Il cherche, à travers ses images, à « remettre un peu l’église au milieu du village ».
Son actualité est aussi marquée par la sortie d’un calendrier perpétuel aux éditions Weyrich, un projet réunissant 365 de ses images pour une balade au fil des saisons dans sa région. Enfin, il partage sa passion et son savoir-faire lors de stages individuels consacrés à l’observation et à la photographie du renard, une expérience sur mesure où l’éthique et le respect de l’animal sont primordiaux.
Les références de l’épisode
- Personnes : Marc Costermans, Philippe Mouès, Michel Doutremont, Alain Ponce, Olivier Weyrich.
- Concours et prix : Wild Wonders of Europe, Asferico, Festival de Namur, BBC Wildlife Photographer of the Year, concours de Montier-en-Der, Golden Turtle.
- Lieux : les Ardennes, la Wallonie.
- Éditeur : éditions Weyrich.
- Films : « Trois-Pattes », « Land of Fox ».
- Organisations : NASA.
Au fil de l’épisode
- Le parcours de Walter Barthélémi : de la passion pour la nature à la photographie animalière.
- La particularité des photographes belges et l’influence du terroir des Ardennes.
- L’importance de photographier la faune de proximité.
- Son palmarès et son expérience des grands concours photo internationaux.
- Sa vision des concours : un jeu formateur mais pas une finalité.
- Les aspects financiers et les pièges à éviter (droits d’entrée, droits d’auteur).
- Faut-il participer aux concours, même en tant que débutant ?
- La difficulté d’obtenir un retour constructif des jurys.
- Qu’est-ce qui fait qu’une photo est sélectionnée par un jury ?
- L’importance de l’émotion et de l’originalité pour se démarquer.
- Le débat sur le matériel : la vision prime sur la technique.
- L’importance de se nourrir d’autres formes d’art pour développer son œil.
- La complémentarité de la photo et de la vidéo dans sa pratique.
- L’histoire de « Trois-Pattes », son court-métrage sur une renarde handicapée.
- Son travail pour déconstruire les idées reçues sur le renard.
- La sortie de son calendrier perpétuel de 365 photos aux éditions Weyrich.
- L’organisation de ses stages photo individuels sur le thème du renard.
- Sa démarche éthique et personnalisée pour accompagner les stagiaires.
FAQ
Qui est Walter Barthélémi ?
Walter Barthélémi est un photographe animalier belge originaire de la région des Ardennes. Passionné par la nature depuis son adolescence, il pratique la photographie depuis plus de dix ans. Il est particulièrement reconnu pour son travail sur la faune de proximité, notamment le renard roux. Son travail a été primé dans de nombreux concours internationaux prestigieux.
Quels conseils donne Walter Barthélémi pour les concours photo ?
Il conseille de considérer les concours comme un jeu et une bonne école pour progresser, mais pas comme une finalité. Il recommande de sélectionner des images qui sortent de l’ordinaire et suscitent une émotion. Il invite également les photographes à être vigilants sur les conditions de participation, notamment les frais d’entrée élevés et les clauses concernant les droits d’auteur, pour ne pas se faire déposséder de son travail.
Pourquoi Walter Barthélémi s’est-il mis à la vidéo ?
Il considère la vidéo comme un complément naturel à la photographie. Elle lui permet de capturer des aspects du comportement animal que l’image fixe ne peut pas toujours retranscrire. C’est un moyen pour lui de raconter des histoires plus complètes, comme il l’a fait avec son court-métrage « Trois-Pattes » sur une renarde, et de partager différemment les émotions vécues sur le terrain.
Qu’est-ce que le calendrier perpétuel de Walter Barthélémi ?
Il s’agit d’un calendrier publié aux éditions Weyrich qui présente 365 photographies de Walter Barthélémi, soit une pour chaque jour de l’année. Comme il est perpétuel, il n’est pas lié à une année spécifique et peut être réutilisé. Il met en valeur la faune et la flore de sa région, les Ardennes, au fil des saisons, avec des images souvent prises à la date même où elles apparaissent.
