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Adjudant Eugénie : réussir, un poing c’est tout !

L'adjudant Eugénie est la première femme à devenir instructeur C4, une discipline de combat au corps à corps adaptée aux conflits de haute intensité. Dans cet épisode, elle raconte son parcours exceptionnel au sein de l'armée de Terre, de ses débuts comme auxiliaire sanitaire en Afghanistan à sa reconversion dans l'entraînement physique militaire. Elle partage sans filtre les épreuves traversées, la pression des stages commandos et la nécessité de prouver sa valeur dans un milieu exigeant. Un témoignage puissant sur le dépassement de soi, la force mentale et la conviction que le mérite prime sur le genre.

Adjudant Eugénie, première femme instructeur C4 et spécialiste du combat de haute intensité

La voie du combat

L’adjudant Eugénie raconte comment sa passion pour les sports de combat est née dès l’enfance, lorsque son père l’initie à la boxe à l’âge de huit ans. Une formation « à la dure » qui lui apprend très tôt à encaisser les coups et à les rendre. Cette appétence pour le combat ne la quittera plus, la menant à maîtriser plusieurs disciplines comme la boxe anglaise, la boxe française et surtout le Krav Maga, qu’elle considère comme son principal outil de défense face à toutes les situations du quotidien.

« Je prenais des grosses baffes et il fallait que j’esquive, sinon j’allais m’en prendre d’autres. »

Une place à conquérir

Son parcours dans l’armée est marqué par une détermination hors norme. En décembre 2020, elle devient la première femme à obtenir la qualification d’instructeur C4 (Combat Corps à Corps Adapté au Combat de Haute Intensité). Peu de temps avant, elle avait déjà réussi le très sélectif stage de moniteur commando au Centre National d’Entraînement Commando (SNEC). Elle explique avoir été « attendue au tournant » et n’avoir bénéficié d’aucun traitement de faveur, une exigence qu’elle a appréciée et pour laquelle elle s’était préparée pendant des mois.

« On m’a dit : “Eugénie, attention, ils ne vont pas te faire de cadeau. Tu veux être la première, mais il va falloir que tu le mérites.” Et effectivement, ils ne m’ont pas fait de cadeau. »

Du front afghan à la reconstruction

Avant de devenir une experte du combat et de l’entraînement physique, l’adjudant Eugénie a commencé sa carrière comme auxiliaire sanitaire. Une spécialité qui l’a conduite en Afghanistan en 2013, où elle a été affectée pendant six mois dans un bloc opératoire. Elle y a été confrontée à la réalité la plus brutale de la guerre : les blessures effroyables, la mort et la souffrance des populations, y compris des enfants. Cette expérience traumatisante, notamment une semaine où les décès étaient quotidiens, l’a profondément marquée et a été le déclencheur de son changement de voie.

« J’ai vu des choses incroyables en Afghanistan, en Bloc. […] Ça m’a forgé c’est sûr, ça m’a endurci, ça m’a appris la vie, mais ça m’a aussi fait prendre cette décision de changer de spécialité. »

Soldat, avant d’être une femme

Après l’Afghanistan, elle s’oriente vers l’entraînement physique militaire et sportif (EPMS). Elle y trouve une nouvelle façon de se sentir utile, en préparant les soldats aux exigences physiques du terrain. Elle partage sa philosophie : être un soldat, et non un « soldat féminin ». Concernant les barèmes sportifs différenciés, elle explique ne jamais s’en être contentée, visant toujours les performances de ses camarades masculins. Pour elle, le respect et la légitimité se gagnent par la compétence et le dépassement de soi, une conviction qui guide son commandement et son approche du métier.

« J’ai toujours cherché à être un soldat et non pas un soldat dit soldat féminin, un soldat tout court. »

Les références de l’épisode

  • Personnes : Capitaine Brault
  • Organisations et lieux : Armée de Terre, Centre National d’Entraînement Commando (SNEC) de Mont-Louis, Centre National des Sports de la Défense (CNSD), Régiment médical de La Valbonne, CRS, Légion étrangère
  • Théâtres d’opérations : Afghanistan
  • Techniques et disciplines : C4 (Combat Corps à Corps Adapté au Combat de Haute Intensité), Tior (Techniques d’Intervention Opérationnelle Rapprochée), Krav Maga, Boxe anglaise, Boxe française, MMA, EPMS (Entraînement Physique Militaire et Sportif)
  • Événements : Éruption du Piton de la Fournaise

Au fil de l’épisode

  • Les mains de l’adjudant Eugénie, marquées par un récent stage de Krav Maga.
  • Son initiation à la boxe par son père dès l’âge de 8 ans.
  • Sa passion pour les sports de combat, du Krav Maga au MMA.
  • Son parcours pour devenir la première femme instructeur C4 de l’armée de Terre.
  • La différence entre le C4, une technique offensive, et le Tior, plus défensif.
  • Sa détermination à franchir toutes les étapes de qualification, sans traitement de faveur.
  • Son expérience au stage de moniteur commando au SNEC de Mont-Louis.
  • Les épreuves du stage : pistes d’audace, survie, manque de sommeil et de nourriture.
  • L’anecdote de ses panaris infectieux, où elle a failli perdre ses orteils en repoussant ses limites.
  • Sa vision de la place des femmes dans l’armée et sa réponse au sexisme.
  • Sa philosophie : s’entraîner pour être au niveau des hommes et être un « soldat tout court ».
  • Son avis sur les barèmes sportifs différenciés entre hommes et femmes.
  • L’origine de sa vocation : la vision d’une femme caporal lors de l’éruption du Piton de la Fournaise.
  • Ses débuts dans l’armée comme auxiliaire sanitaire au régiment médical.
  • Son déploiement en Afghanistan en 2013 et son travail au bloc opératoire.
  • Le témoignage poignant sur les horreurs de la guerre et le traumatisme vécu.
  • La décision de changer de spécialité pour devenir monitrice de sport (EPMS).
  • La description de son métier actuel : préparer physiquement les soldats pour le combat.
  • Ses conseils aux jeunes civils qui souhaitent s’engager et préparer les tests sportifs.
  • Son évolution de militaire du rang à sous-officier.
  • Ses réflexions sur le commandement et des conseils pour les jeunes chefs.
  • Le questionnaire final « affirmatif / négatif ».

FAQ

Qui est l’adjudant Eugénie ?

L’adjudant Eugénie est une sous-officier de l’armée de Terre, reconnue pour être la première femme à avoir obtenu la qualification d’instructeur C4, une technique de combat au corps à corps de haute intensité. Également monitrice commando, elle a commencé sa carrière comme auxiliaire sanitaire et a servi en Afghanistan. Aujourd’hui, elle est spécialiste de l’entraînement physique militaire et sportif (EPMS), où elle prépare les soldats aux exigences du combat.

Qu’est-ce que le C4 (Combat Corps à Corps Adapté au Combat de Haute Intensité) ?

Le C4 est une discipline de combat au corps à corps enseignée dans l’armée de Terre, spécifiquement conçue pour les situations de conflit de haute intensité. Contrairement à d’autres techniques plus défensives, le C4 est offensif. Il apprend aux soldats à se battre à très courte distance en utilisant tout leur équipement (gilet pare-balles, casque, armement) comme des armes pour neutraliser un adversaire sur un théâtre d’opérations.

Pourquoi l’adjudant Eugénie a-t-elle changé de spécialité dans l’armée ?

L’adjudant Eugénie a commencé sa carrière comme auxiliaire sanitaire. Son déploiement en Afghanistan en 2013, où elle a travaillé dans un bloc opératoire, a été une expérience très éprouvante. Confrontée quotidiennement à des blessures graves et à la mort, notamment d’enfants, elle a trouvé cette charge émotionnelle trop lourde. Cette expérience l’a conduite à demander un changement de spécialité pour se tourner vers le sport, un domaine qui la passionne.

Quelle est la vision de l’adjudant Eugénie sur la place des femmes dans l’armée ?

Pour l’adjudant Eugénie, la question n’est pas d’être un « soldat féminin » mais un « soldat tout court ». Elle estime que la compétence et le mérite doivent primer sur le genre. Plutôt que de se contenter des barèmes physiques féminins, elle s’est toujours efforcée d’atteindre le niveau de ses camarades masculins. Selon elle, c’est en prouvant sa valeur par l’effort et la performance qu’une femme gagne sa place et le respect au sein de l’institution.

Quels conseils donne-t-elle pour se préparer aux tests de recrutement de l’armée ?

Elle recommande une préparation physique polyvalente. Plutôt que de se concentrer sur un seul domaine comme la musculation en salle, elle conseille de varier les activités : course à pied sur différentes distances, natation et renforcement musculaire au poids du corps. L’objectif est de développer une endurance et une force fonctionnelle, car le métier de militaire exige d’être complet et adaptable à toutes les situations.

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