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#40 Catherine Painvin – Tartine et Chocolat – entrepreneur depuis 50 ans et toujours à FOND!

Entrepreneure instinctive et infatigable, Catherine Painvin est la fondatrice de la célèbre marque de luxe pour enfants « Tartine et Chocolat ». Dans cet épisode, elle retrace un parcours hors du commun, commencé à 17 ans avec un premier enfant et une première entreprise lancée à 19 ans. Elle raconte sans filtre les succès planétaires, comme ses sets de table vendus par millions ou l'empire Tartine et Chocolat, mais aussi les épreuves : les trahisons personnelles et professionnelles, la perte de son entreprise et la maladie. Un témoignage puissant sur la résilience, la force de l'intuition et la capacité à se réinventer, même à 70 ans.

créatrice de Tartine et Chocolat, 50 ans d'entrepreneuriat et de résilience

Premiers pas d’une entrepreneure née

Catherine Painvin raconte une vocation pour les affaires qui remonte à l’enfance. Dès l’âge de 7 ans, elle confectionne et vend des milliers de poupées en coquillages pour aider ses parents, propriétaires de grands magasins en difficulté. Frustrée de ne pas pouvoir participer aux discussions familiales sur le commerce, elle apprend l’allemand en secret pour les comprendre. Cette détermination précoce la caractérisera toute sa vie. Mariée à 17 ans et mère de trois enfants avant ses 20 ans, elle se retrouve ruinée et sans soutien. C’est ce besoin de prouver sa valeur qui devient son moteur. Elle lance sa première entreprise en fabriquant des pense-bêtes, puis des boîtes d’allumettes et des tabliers, réinvestissant chaque sou gagné.

Le succès arrive avec des sets de table en plastique en forme de fruits, qui s’exportent dans le monde entier par centaines de milliers. En quelques années, elle bâtit une usine de 3000 m² dans son jardin et emploie plus de 120 personnes, le tout en autodidacte, mue par une énergie de survie et une créativité débordante.

Plaquer l’empire pour une vie de bohème

Malgré la réussite professionnelle fulgurante, sa vie personnelle est marquée par les absences et les infidélités de son mari. Le soir de ses dix ans de mariage, en 1974, elle prend une décision radicale. Au milieu d’une fête, elle réveille ses trois enfants, abandonne sa maison, son entreprise et sa vie confortable pour partir en pleine nuit avec une simple Volkswagen. Elle laisse derrière elle une société prospère qu’elle a entièrement créée. Cette fuite la mène à Cadaqués, en Espagne, où elle embrasse une vie de hippie, loin du luxe et des responsabilités.

Cette période de rupture est pour elle un acte de courage et de libération. Elle vit simplement, parfois en volant des légumes pour nourrir ses enfants, mais se sent enfin maîtresse de son destin. C’est une étape cruciale qui la prépare, sans qu’elle le sache, à sa prochaine grande aventure.

La vision de Martha’s Vineyard

Son chemin la conduit ensuite aux États-Unis, sur l’île de Martha’s Vineyard. Un jour de 1976, en observant sur la plage Jackie Kennedy avec ses deux enfants, elle a une révélation. Elle réalise qu’il n’existe aucune marque mondiale de luxe dédiée à l’univers de l’enfant. En quelques instants, le concept de « Tartine et Chocolat » naît dans son esprit : une marque complète, raffinée, fabriquée en France, avec un univers rose et bleu décliné sur des vêtements, mais aussi du linge de lit, des bavoirs et des accessoires.

Cette vision est si claire qu’elle rentre immédiatement en France pour la concrétiser. Peu après, elle rencontre Bertrand Painvin, qui deviendra son second mari et le grand amour de sa vie. Portée par cette nouvelle énergie, elle dépose la marque et se lance, une fois de plus, avec les moyens du bord.

Tartine et Chocolat, la consécration

Le démarrage de Tartine et Chocolat se fait de manière artisanale. Catherine Painvin découpe elle-même les premiers patrons et fait fabriquer 25 exemplaires de chaque produit dans son ancienne usine. Elle dépose un exemplaire de chaque création dans une boutique parisienne. Le succès est immédiat : tout est vendu en une journée. L’aventure est lancée, suivant le même modèle que sa première entreprise : réinvestir systématiquement les bénéfices pour financer la croissance. Très vite, elle a l’idée d’afficher « Paris, Tokyo, New York » sur la devanture de sa boutique du Faubourg Saint-Honoré, alors qu’elle n’y est pas encore implantée.

Le bluff fonctionne : des acheteuses japonaises des grands magasins Seibu la contactent, et elle signe son premier contrat de licence pour l’Asie. Cette stratégie géniale lui apporte des royalties considérables, de l’argent frais qui va financer une expansion mondiale fulgurante sans avoir à gérer la production et l’exportation.

L’art de la licence et une vie de paradoxes

Catherine Painvin développe un modèle économique basé sur les licences. Elle s’associe avec des fabricants reconnus comme Youpala pour les poussettes ou Nounours pour les peluches, leur permettant d’utiliser la marque Tartine et Chocolat en échange de royalties. Cette stratégie assure une visibilité immense et des revenus stables, qui lui permettent d’ouvrir des boutiques en propre et des franchises dans le monde entier. Elle devient une figure médiatique, récompensée par le prix Veuve Clicquot de la femme d’affaires de l’année en 1985.

Sa vie est alors un tourbillon de succès et de paradoxes. Elle mène une vie de château dans le Perche, mais passe plusieurs jours par semaine au Bristol à Paris, qu’elle transforme en bureau pour recevoir ses partenaires internationaux. Elle voyage en Concorde, habillée en Chanel pour lancer des produits Givenchy, et impose son style avec une assurance déconcertante. Malgré cette vie trépidante, elle reste une femme de clan, profondément attachée à sa famille.

La chute et la résilience

Après 23 ans de vie commune, son mari Bertrand la quitte en 1999. C’est un effondrement personnel qui va avoir des conséquences dramatiques sur ses affaires. Se sentant vulnérable, elle est trahie par son licencié coréen, qui représentait une part majeure de ses revenus. Il détourne la marque, ruinant sa réputation en Asie et provoquant un effet domino. Les royalties s’effondrent, et la société, autrefois florissante, se retrouve en grande difficulté. Contrainte de vendre, elle est flouée par un acheteur qui ne lui versera jamais la totalité de la somme convenue.

Elle perd presque tout. C’est à ce moment qu’on lui diagnostique une leucémie, conséquence du stress et du chagrin. Ruinée, seule et malade, elle doit à nouveau tout reconstruire. « C’était écrit », dit-elle avec une forme de fatalisme, persuadée que ce chemin faisait partie de son destin.

Renaître à Aubrac

Catherine Painvin trouve refuge à Aubrac, un village isolé où elle avait acheté deux maisons. Loin du tumulte parisien, elle se soigne et transforme les lieux en une maison d’hôtes, Le Comptoir d’Aubrac. Sans le chercher, le succès est de nouveau au rendez-vous. L’endroit devient une destination prisée, attirant des personnalités du monde entier. Elle se réinvente en aubergiste, trouvant dans l’accueil et le partage une nouvelle forme d’accomplissement. Elle y accueille gratuitement des milliers de pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, transformant l’amour perdu en générosité.

Aujourd’hui, à plus de 70 ans et malgré les épreuves de santé, son énergie créatrice est intacte. Elle a récemment lancé une boulangerie et prépare un nouveau projet d’envergure, animée par le désir de « venger » Tartine et Chocolat. Une leçon de vie incarnée par cette phrase d’une petite fille : « Vous vous rendez compte des millions d’enfants que vous avez rendus heureux avec vos doudous ? »

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Tartine et Chocolat, la marque de luxe pour enfants fondée par Catherine Painvin.
  • Une Vie et 5 minutes, le livre autobiographique de Catherine Painvin.
  • Everwood, une autre marque créée par Catherine Painvin, spécialisée dans le linge de maison.
  • Le Comptoir d’Aubrac, sa maison d’hôtes.
  • Martha’s Vineyard, l’île américaine où elle a eu l’idée de Tartine et Chocolat.
  • Cadaqués, ville espagnole où elle a vécu sa période hippie.
  • Jackie Kennedy, dont l’image avec ses enfants a inspiré la création de la marque.
  • Youpala, marque de puériculture avec qui elle a développé une licence.
  • Nounours, marque de peluches avec qui elle a développé une licence.
  • Bonpoint et Jacadi, autres marques de mode enfantine mentionnées.
  • Seibu, les grands magasins japonais.
  • L’hôtel Bristol à Paris.
  • Givenchy et le parfum Ptisenbon.
  • LVMH.

Au fil de l’épisode

  • Les débuts d’entrepreneure à 7 ans avec la vente de poupées en coquillages.
  • Le mariage précoce à 17 ans et la naissance de trois enfants avant 20 ans.
  • La création de sa première entreprise à 19 ans, par nécessité, en fabriquant des pense-bêtes.
  • Le succès mondial des sets de table en forme de fruits.
  • La construction d’une usine et la gestion de plus de 120 ouvrières avant 23 ans.
  • La décision de tout quitter – mari, entreprise, confort – pour une vie de hippie à Cadaqués.
  • Le séjour à Martha’s Vineyard et la vision de Tartine et Chocolat en voyant Jackie Kennedy.
  • La rencontre avec son second mari, Bertrand Painvin, et le début d’une nouvelle vie.
  • Le lancement artisanal de la marque et la première vente fulgurante.
  • L’audace d’afficher « Paris, Tokyo, New York » sur sa vitrine pour attirer les acheteurs internationaux.
  • La stratégie des licences (poussettes, peluches, etc.) qui a financé la croissance mondiale.
  • La reconnaissance médiatique et le prix de la femme d’affaires de l’année en 1985.
  • Une vie de paradoxes entre châteaux dans le Perche et suites au Bristol.
  • Le divorce en 1999, un choc qui marque le début des difficultés.
  • La trahison du partenaire coréen qui ruine la valeur de la marque en Asie.
  • La vente forcée de Tartine et Chocolat dans des conditions difficiles.
  • Le diagnostic d’une leucémie et la perte de sa fortune.
  • La renaissance à Aubrac avec la création d’une maison d’hôtes de renommée mondiale.
  • Sa philosophie de vie, entre intuition, spiritualité et travail acharné.
  • L’importance de la règle « Marge ou crève ».
  • Ses nouveaux projets à plus de 70 ans, dont une boulangerie.
  • L’anecdote émouvante de la petite fille et de son « doudou ».

FAQ

Qui est Catherine Painvin ?

Catherine Painvin est une entrepreneure française, principalement connue pour avoir fondé en 1977 la marque de luxe pour enfants « Tartine et Chocolat ». Autodidacte, elle a commencé sa première entreprise à 19 ans et a connu plusieurs succès mondiaux. Son parcours est marqué par une grande créativité, une forte intuition des affaires, mais aussi par des épreuves personnelles et professionnelles qui l’ont conduite à se réinventer plusieurs fois, notamment en créant une célèbre maison d’hôtes à Aubrac.

Quelle est l’histoire de la création de Tartine et Chocolat ?

L’idée de Tartine et Chocolat est née en 1976 sur une plage de Martha’s Vineyard, aux États-Unis. En observant Jackie Kennedy avec ses enfants, Catherine Painvin a réalisé qu’il n’existait pas de marque mondiale de luxe dédiée à l’univers de l’enfant. Elle a alors eu la vision d’un concept global alliant vêtements et accessoires raffinés, dans des teintes rose et bleu emblématiques. De retour en France, elle a concrétisé cette idée, qui est rapidement devenue un succès international.

Pourquoi Catherine Painvin a-t-elle vendu Tartine et Chocolat ?

La vente de Tartine et Chocolat a été la conséquence d’une série de difficultés. Après son divorce, elle a été trahie par son principal licencié en Corée, qui a ruiné l’image de la marque en Asie. Cette situation a provoqué un effondrement des revenus issus des royalties, qui constituaient le moteur financier de l’entreprise. Face à ces difficultés et affaiblie personnellement, elle a été contrainte de vendre la société dans des conditions défavorables, ne touchant qu’une fraction de sa valeur.

Comment Catherine Painvin a-t-elle rebondi après avoir tout perdu ?

Après la vente de son entreprise et un diagnostic de leucémie, Catherine Painvin s’est retirée à Aubrac. Loin de s’avouer vaincue, elle a transformé deux maisons qu’elle possédait en une maison d’hôtes, Le Comptoir d’Aubrac. Grâce à son sens de l’accueil et son univers unique, l’établissement est devenu une destination de renommée mondiale. Cette nouvelle activité lui a permis de se reconstruire et de prouver une nouvelle fois sa capacité à entreprendre et à réussir.

Quelle est la philosophie d’entrepreneure de Catherine Painvin ?

La philosophie de Catherine Painvin repose sur une intuition très forte, qu’elle suit presque aveuglément, et une immense capacité de travail. Elle incarne l’esprit « Do It Yourself », testant elle-même ses idées et s’impliquant dans chaque détail au démarrage. Son parcours montre une résilience exceptionnelle face à l’échec. Elle applique également un principe pragmatique hérité de son beau-père : « Marge ou crève », soulignant l’importance de la rentabilité pour la survie d’une entreprise.

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