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Rencontre avec Pascal VILLENEUVE, photographe voyageur #9

Médecin épidémiologiste de formation, Pascal Villeneuve a passé près de trente ans à l'UNICEF avant de se retourner sur ses archives et de devenir, presque par surprise, photographe. Dans cet épisode, il raconte comment ses tournées de terrain au Bangladesh sont devenues le livre auto-édité Bangladesh, Defying the odds, imprimé chez Escourbiac. On y parle de Leica et de Fuji, du démantèlement des navires près de Chittagong, du long travail de séquençage des images et de ce doute tenace : peut-on vraiment se dire photographe ? Une conversation à bâtons rompus entre deux passionnés du livre photo.

Pascal Villeneuve, du terrain de l'UNICEF au livre photo Bangladesh

Un médecin de l’UNICEF derrière l’objectif

Avant d’être photographe, Pascal Villeneuve est médecin épidémiologiste, formé en Angleterre et aux États-Unis, et il a travaillé une trentaine d’années pour l’UNICEF, en Afrique, en Asie, à New York et à Genève. Il explique avoir été responsable de la santé de l’organisation à New York, puis représentant de l’UNICEF dans plusieurs pays, dont la République démocratique du Congo et le Bangladesh, où il est resté entre 2012 et 2014. C’est là, lors de ses tournées de terrain, qu’il emmène son Leica M9 et photographie un pays qu’il décrit comme très photogénique, entre milieu urbain et milieu rural, avec des habitants qui se prêtent volontiers à l’objectif : « c’est un peu le rêve pour tout photographe ». Ses fonctions lui ouvrent aussi des accès rares, comme les chantiers de démantèlement de navires près de Chittagong, où d’immenses pétroliers et porte-conteneurs sont désossés dans des conditions dangereuses.

Il raconte que le livre est né à rebours : il a d’abord fait les images, sans projet, avant de rouvrir ce fonds quelques années plus tard et de se dire qu’il y avait là « peut-être de la matière ».

Un livre fait à rebours, d’Escourbiac à l’Italie

Pour ce premier livre, Pascal Villeneuve choisit l’auto-édition, par rapidité et parce qu’il ne cherche pas à séduire une maison d’édition. Il retravaille d’abord ses images avec un retoucheur rencontré lors d’une formation à Santa Fe, puis constitue une série d’environ 75 photos et se tourne vers l’imprimeur Escourbiac, dans le Sud-Ouest. Il y est guidé par John Briens, qui l’accompagne notamment sur le séquençage, une étape qu’il juge décisive : construire un récit avec des images, « c’est un peu comme écrire un livre, sauf qu’on l’écrit avec des photos ». Il décrit les allers-retours sur le chemin de fer, le choix d’une couverture en toile avec une vignette, le mélange assumé de photos couleur et noir et blanc, le déplacement à l’imprimerie pour l’impression des planches, puis la reliure réalisée en Italie. Entre la première rencontre et la livraison, il compte cinq à six mois.

Le projet est préfinancé sur ses fonds propres. Il l’assume comme « un vrai plaisir personnel » plus que comme un calcul économique, une manière de se faire plaisir sans attendre de grandes retombées.

Se dire photographe, un seuil à franchir

Interrogé sur le moment où il a pu se sentir photographe, Pascal Villeneuve répond avec franchise : « je ne sais pas si je suis photographe. Je fais des photos. » Il situe une bascule au moment de l’achat de son Leica, un investissement conséquent qui l’a poussé à prendre la pratique plus au sérieux, après des débuts à l’argentique et un premier Leica M6 acquis en 1987. Depuis que son M9 est tombé dans l’eau de mer à Dinard, il travaille avec un Fuji moyen format d’une cinquantaine de mégapixels, tout en revendiquant une vraie complémentarité avec son iPhone, au point d’évoquer les ateliers de photographie au smartphone proposés par les Santa Fe Workshops. Il partage aussi ses projets à venir : un livre sur la République démocratique du Congo et une envie autour de la pêche artisanale au Sénégal, où vit sa femme.

L’épisode se referme sur l’exposition qui accompagne la sortie du livre, à Initial Labo, à Boulogne-Billancourt, du 15 au 30 avril, avec une sélection resserrée d’une trentaine de tirages.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance)
  • Leica M6 et Leica M9
  • Fujifilm (appareil moyen format)
  • Escourbiac (imprimeur, Sud-Ouest)
  • John Briens (conseiller chez Escourbiac)
  • Yegan Mazandarani, auteur du livre « Parias »
  • Santa Fe Workshops (Nouveau-Mexique)
  • Initial Labo (laboratoire photographique, Boulogne-Billancourt)
  • Chittagong et ses chantiers de démantèlement de navires

Au fil de l’épisode

  • 00:00:16 — Présentation de Pascal Villeneuve et de son livre à paraître
  • 00:00:42 — Médecin épidémiologiste et trente ans à l’UNICEF
  • 00:01:41 — Responsable de la santé à New York, puis représentant de l’UNICEF
  • 00:02:19 — Le Leica M9 sur le terrain, un Bangladesh très photogénique
  • 00:03:35 — Les chantiers de démantèlement de navires près de Chittagong
  • 00:04:52 — Le choix de l’auto-édition et de l’imprimeur Escourbiac
  • 00:06:40 — La rencontre avec Yegan Mazandarani autour de la promotion
  • 00:09:32 — Le prochain livre : la République démocratique du Congo
  • 00:10:44 — Parcours photo : débuts à l’argentique et premier Leica M6 en 1987
  • 00:12:05 — Le M9 tombé à l’eau à Dinard, passage au Fuji moyen format
  • 00:15:06 — La complémentarité entre l’appareil et l’iPhone
  • 00:16:40 — La photographie au smartphone et les Santa Fe Workshops
  • 00:18:52 — « Se dire photographe » : le doute et l’investissement dans le Leica
  • 00:22:38 — Un futur projet autour de la pêche artisanale au Sénégal
  • 00:26:35 — Le processus du livre : sélection et séquençage avec John Briens
  • 00:30:26 — L’impression des planches dans le Sud-Ouest, la reliure en Italie
  • 00:34:11 — La couverture en toile et le mélange couleur / noir et blanc
  • 00:35:08 — Un livre financé sur fonds propres, le plaisir avant l’économie
  • 00:39:02 — L’exposition à Initial Labo, du 15 au 30 avril
  • 00:41:11 — Conseils aux photographes et mot de la fin

FAQ

Qui est Pascal Villeneuve ?

Pascal Villeneuve est médecin épidémiologiste de formation. Il a travaillé une trentaine d’années pour l’UNICEF, notamment comme représentant au Bangladesh entre 2012 et 2014. Passionné de photographie, il a auto-édité le livre « Bangladesh, Defying the odds », composé d’images prises lors de ses années sur le terrain.

De quoi parle le livre « Bangladesh, Defying the odds » ?

Le livre rassemble des photographies prises au Bangladesh entre 2012 et 2014 avec un Leica M9. Il mêle images couleur et noir et blanc, scènes urbaines et rurales, et donne notamment à voir les chantiers de démantèlement de navires près de Chittagong, auxquels l’auteur a pu accéder grâce à ses fonctions à l’UNICEF.

Pourquoi Pascal Villeneuve a-t-il choisi l’auto-édition ?

Il explique avoir opté pour l’auto-édition par rapidité et par plaisir, sans chercher à convaincre une maison d’édition, faute de réputation établie sur le marché du livre photo. Il a fait imprimer son ouvrage chez Escourbiac, dans le Sud-Ouest, et l’a préfinancé sur ses fonds propres.

Quel matériel photo utilise Pascal Villeneuve ?

Il a débuté à l’argentique, puis acquis son premier Leica M6 en 1987 et un Leica M9, avec lequel il a photographié le Bangladesh. Après la chute de ce boîtier dans l’eau de mer à Dinard, il travaille avec un Fuji moyen format d’une cinquantaine de mégapixels, complété par son iPhone.

Où voir les photographies du livre en exposition ?

Une exposition accompagne la sortie du livre à Initial Labo, laboratoire photographique situé à Boulogne-Billancourt, du 15 au 30 avril. Pascal Villeneuve y présente une sélection resserrée d’une trentaine de tirages, choisis parmi les 75 photographies retenues pour l’ouvrage.

Quels sont les prochains projets de Pascal Villeneuve ?

Il évoque deux pistes. La première est un livre consacré à la République démocratique du Congo, où il a longuement travaillé et accumulé un fonds photographique. La seconde, plus naissante, porterait sur la pêche artisanale au Sénégal, un sujet d’actualité qu’il observe depuis Dakar, où vit sa femme.

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