Wave Storia se consulte en mode portrait sur téléphone.
Merci de retourner votre appareil.

Proposer un podcast Produire mon podcast
Wave Storia

#19 Christian Jorge – 1ere boîte à la fac, 100 millions d’euros de levés plus tard il repart de zéro

Christian Jorge est l'un des six cofondateurs de Vestiaire Collective, le leader de la mode d'occasion de luxe. Dans ce premier épisode d'une discussion en deux parties, il raconte son parcours d'entrepreneur. Il monte sa première entreprise sur les bancs de la fac, une web agency qui le pousse à abandonner ses études. Après une première liquidation et plusieurs expériences formatrices, il cofonde Vestiaire Collective en 2009. L'entreprise connaît un succès fulgurant, levant plus de 100 millions d'euros. Pourtant, au sommet de cette réussite, Christian a décidé de tout quitter pour repartir de zéro.

cofondateur de Vestiaire Collective, de la première boîte à la fac à une levée de 100 millions d'euros

Des débuts dans l’entrepreneuriat

Christian Jorge se définit comme un entrepreneur depuis toujours. Cofondateur de Vestiaire Collective, il précise d’emblée qu’ils étaient six à l’origine du projet, une configuration rare qui, selon lui, a apporté une grande richesse d’expertises. Né à Saint-Maur, il grandit dans une famille d’origine portugaise qui lui transmet une forte valeur travail. Dès l’adolescence, il multiplie les petits boulots, non par nécessité mais par envie de s’accomplir. Cette éthique le suit à l’université où, en deuxième année de fac d’économie, il monte sa première société avec des amis.

L’entreprise, une web agency, prend tellement de place qu’il abandonne ses études sans même le décider formellement. « Je ne suis jamais retourné sur les bancs de la fac. Et c’est la vie d’entrepreneur qui a commencé. »

Le premier échec, une leçon d’humanité

Cette première agence, initialement conçue pour créer des sites pour les mairies, pivote rapidement pour développer des sites et des logos pour les commerçants locaux. L’aventure dure plusieurs années et lui apprend les bases du métier, de la levée de fonds refusée à la gestion d’une petite équipe. Mais elle se termine par une liquidation judiciaire, une épreuve marquante à 27 ans. Cet échec est aggravé par le décès d’un de ses associés, qui ôte à l’équipe l’envie de continuer.

Christian Jorge raconte que cette période a radicalement changé sa vision du monde du travail et du chômage. Il réalise l’impact humain de ses décisions et la responsabilité qu’il a envers ses salariés, dont certains ont cru en lui jusqu’au bout. « J’ai compris en fait que le fondamental c’était même pas le business, c’était vraiment l’humain en fait. »

Rebondir et s’associer

Après cette épreuve, Christian enchaîne rapidement avec des missions en freelance, notamment comme directeur artistique pour une boîte de jeu vidéo. C’est en réalisant un logo pour une autre société, Réseau Local, qu’il rencontre une nouvelle équipe et une nouvelle opportunité. Il s’associe avec eux et y retrouve Alexandre Cognard, un développeur qui deviendra son partenaire de longue date. Ensemble, ils développent une activité de web agency au sein de Réseau Local pour financer la branche e-sport, plus déficitaire.

Après quelques années, des divergences de vision les poussent à scinder l’entreprise. Christian et Alexandre partent pour créer leur propre structure, RL Agency, en conservant leurs clients et leur savoir-faire.

L’ambition de voir plus grand

Avec RL Agency, Christian et Alexandre connaissent une période faste. L’agence est rentable, leur permet de bien gagner leur vie et de travailler dans une ambiance sereine. Ils développent un modèle où, en plus des prestations pour des clients, ils incubent des projets en prenant des participations contre du développement et un apport en capital. Ils capitalisent sur leur expertise technique, notamment en e-commerce, en créant un framework interne qui leur permet de réaliser des plateformes complexes sur mesure.

Malgré ce confort, une nouvelle ambition naît : celle de monter un projet d’une tout autre envergure, un projet « go big or go home ». Ils rêvent de levées de fonds de plusieurs millions et d’une aventure internationale, inspirés par les succès de Google ou Facebook.

La genèse de Vestiaire Collective

En quête de la bonne idée, ils activent leur réseau. Un ami business angel, Thomas Delalande, leur présente Sébastien Fabre. Ce dernier a une idée qui séduit immédiatement Christian et Alexandre : un site de dépôt-vente de vêtements de luxe entre particuliers. Après quelques discussions et un projet avorté, Sébastien les rappelle pour lancer ce qui s’appellera d’abord « Vestiaire de Copine ». L’équipe des six cofondateurs se constitue, chacun apportant une expertise clé.

Pendant un an, le projet est incubé au sein de RL Agency, qui développe toute la plateforme technique. Le site est lancé en octobre 2009, avec le soutien du magazine L. Les premières ventes arrivent dès le premier jour, créant l’élan nécessaire pour boucler une première levée de fonds de 400 000 euros auprès de business angels.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Vestiaire Collective (initialement Vestiaire de Copine)
  • INSEAD
  • Medium
  • Saint-Maur
  • Coach Guitar
  • E-City / E-CityVox
  • Photoshop
  • Ubisoft
  • Réseau Local
  • Alexandre Cognard
  • RL Agency
  • Sarenza
  • Trepo
  • CosaVostra
  • autoactu.com
  • Unipress
  • Marc Dorcel
  • FDM
  • EDF
  • L’Oréal
  • CNP
  • Ourosystem
  • OS Commerce
  • PrestaShop
  • Magento
  • Shade Beauty
  • Google
  • Facebook
  • Thomas Delalande
  • Sébastien Fabre
  • Sophie Yersan
  • La Durée
  • L.fr
  • Leboncoin
  • Price Minister
  • eBay
  • Chanel
  • Hermès
  • Rolex
  • Vuitton
  • Jeff Jarvis

Au fil de l’épisode

  • Présentation de Christian Jorge, cofondateur de Vestiaire Collective.
  • L’importance d’être six cofondateurs : une richesse d’expertises.
  • Son enfance à Saint-Maur et l’héritage de la valeur travail de ses parents, immigrés portugais.
  • Ses premiers jobs d’adolescent, du marché au gardien de nuit.
  • Sa passion pour le graphisme, née du tag dans le RER et de Photoshop 2.
  • Le lancement de sa première entreprise, une web agency, en deuxième année de fac d’économie.
  • L’abandon de ses études pour se consacrer à l’entrepreneuriat.
  • Le pivot de sa première agence : des sites de ville aux sites pour commerçants.
  • La liquidation judiciaire de sa première boîte à 27 ans.
  • Une épreuve personnelle : le décès de son associé et la perte de motivation.
  • La leçon humaine tirée de cet échec et sa nouvelle vision du management.
  • Sa transition vers le freelance comme directeur artistique dans le jeu vidéo.
  • Sa rencontre avec l’équipe de Réseau Local et son futur associé, Alexandre Cognard.
  • Le modèle économique de Réseau Local : la web agency finançant l’activité e-sport.
  • La scission de l’entreprise et la création de RL Agency avec Alexandre.
  • Le succès de RL Agency, une agence rentable et un environnement de travail confortable.
  • Leur modèle d’incubation de startups en échange de participations.
  • Le développement d’un framework technique interne, futur atout pour Vestiaire Collective.
  • L’ambition de lancer un projet de plus grande envergure, un « go big or go home ».
  • La rencontre avec Sébastien Fabre, futur CEO de Vestiaire Collective, via un business angel.
  • La naissance de l’idée de « Vestiaire de Copine ».
  • La constitution de l’équipe des six cofondateurs.
  • L’incubation du projet au sein de RL Agency pendant un an.
  • Le lancement du site en octobre 2009.
  • Les premières ventes dès le premier jour et la première levée de fonds.
  • L’idée fondatrice de Vestiaire Collective : créer un tiers de confiance pour la mode d’occasion de luxe.
  • Le problème des contrefaçons et des transactions non sécurisées sur les plateformes existantes.
  • Le modèle opérationnel : un contrôle physique de chaque article pour vérifier l’authenticité et la qualité.
  • Le modèle économique basé sur une commission de 25% en moyenne pour financer ce service.

FAQ

Qui est Christian Jorge ?

Christian Jorge est un entrepreneur français, principalement connu pour être l’un des six cofondateurs de Vestiaire Collective. Il a commencé sa carrière en créant une web agency alors qu’il était encore étudiant. Son parcours est marqué par plusieurs créations d’entreprises, dont RL Agency avec son associé Alexandre Cognard. Il a quitté Vestiaire Collective après neuf ans d’investissement dans l’entreprise.

Qu’est-ce que Vestiaire Collective ?

Vestiaire Collective est une plateforme en ligne spécialisée dans l’achat et la vente de vêtements et d’accessoires de mode de luxe d’occasion. Lancée en 2009 sous le nom « Vestiaire de Copine », son concept repose sur un modèle de tiers de confiance. L’entreprise contrôle physiquement chaque article pour garantir son authenticité et sa conformité avant de l’expédier à l’acheteur, sécurisant ainsi les transactions de haute valeur.

Pourquoi Christian Jorge a-t-il monté sa première entreprise ?

Alors étudiant en deuxième année de faculté d’économie, Christian Jorge a monté sa première entreprise avec une bande d’amis. L’envie de faire quelque chose en commun et de mettre en pratique leurs compétences naissantes en code et en graphisme était leur principale motivation. Ce projet, une web agency, a pris une telle ampleur qu’il l’a conduit à abandonner ses études pour se consacrer pleinement à l’entrepreneuriat.

Comment est née l’idée de Vestiaire Collective ?

L’idée est née du constat qu’il était difficile et risqué d’acheter des articles de mode de luxe d’occasion sur les plateformes généralistes comme eBay ou Leboncoin, à cause des contrefaçons et du manque de sécurité. Sébastien Fabre et Sophie Yersan ont eu l’idée de créer une plateforme dédiée. Christian Jorge et son associé Alexandre Cognard, qui cherchaient un projet ambitieux, ont été séduits et ont rejoint l’aventure pour construire la partie technique.

Quel est le modèle économique de Vestiaire Collective ?

Le modèle économique de Vestiaire Collective est basé sur une commission prélevée sur chaque transaction, d’environ 25% en moyenne. Cette commission, plus élevée que sur les marketplaces classiques, se justifie par le service de tiers de confiance fourni. Elle finance le travail des équipes qui réceptionnent, contrôlent physiquement l’authenticité et la qualité de chaque article, gèrent la logistique et sécurisent le paiement entre le vendeur et l’acheteur.

Épisodes similaires
Pochette de l'épisode de Génération Do It Yourself consacré à Édouard Philippe, candidat à la présidentielle 2027
Génération Do It Yourself #546 – Présidentielle 2027 – Édouard Philippe – Le courage politique et l’addiction française à la dépense publique
Édouard Philippe passe au crible la dette, l'école, l'IA et les retraites, à un an de la présidentielle 2027.
6 juin 2026 · 2 h 34
Épisode 546
Écouter l'épisode
Alice Bentinck, invitée du podcast Génération Do It Yourself, partage son expérience sur la création de startups.
Génération Do It Yourself #526 – VF – Alice Bentinck – Entrepreneurs First – Maîtriser l’art de s’associer
Alice Bentinck (Entrepreneurs First) révèle comment trouver le cofondateur idéal et éviter les erreurs qui tuent les startups. Indispensable.
28 février 2026 · 2 h 08
Épisode 526
Écouter l'épisode
Que souhaitez-vous écouter maintenant ?
Choisissez un mot-clé, appuyez sur Entrée pour parcourir les épisodes.