Un parcours bien rangé
David Abiker retrace le début de sa carrière, qu’il qualifie lui-même de quête de « notabilisation ». Après des études à Sciences Po et son service militaire, il entre dans la vie active au début des années 90, une période difficile pour l’emploi. Il occupe d’abord un poste à Sciences Po, puis devient consultant et conseiller municipal, avant de rejoindre une société publique travaillant sur la culture du coton en Afrique. Il intègre ensuite la Monnaie de Paris, où il évoluera jusqu’au poste de directeur des ressources humaines. En parallèle, une envie d’écrire et de s’exprimer se fait de plus en plus sentir. Il commence à publier des tribunes dans la presse, notamment dans Libération, ce qui l’amène à faire ses premiers pas de chroniqueur à la télévision dans l’émission Arrêt sur image de Daniel Schneiderman.
Cette première partie de carrière est celle d’un homme qui suit une trajectoire en apparence classique, tout en cultivant un jardin secret, celui de l’écriture et de la chronique.
Le grand basculement
En 2005, la vie de David Abiker prend un tournant brutal. Alors qu’il est DRH à la Monnaie de Paris, qu’il publie son premier livre à succès, « Le musée de l’homme », et qu’il est chroniqueur en dilettante, on lui diagnostique un cancer. Cette épreuve agit comme un électrochoc. « Je ne vais quand même pas rester dans un bureau toute ma vie », se dit-il. La conscience de la précarité de l’existence le pousse à prendre le risque d’abandonner la sécurité d’un CDI pour se lancer pleinement dans le monde des médias. Grâce à Patrick Roger, qui devient patron de France Info, il saisit l’opportunité de rejoindre la station pour y tenir une chronique sur le phénomène naissant des blogs.
C’est le début d’une nouvelle vie, celle d’un chroniqueur professionnel qui, de contrats annuels en collaborations, va se faire une place durable à la radio et à la télévision.
L’électron libre et ses doubles
Installé dans son métier de chroniqueur, notamment sur Europe 1 où il présente la revue de presse matinale, et sur Canal+, David Abiker cultive sa liberté. Il explique sa discipline, avec un réveil à trois heures du matin, mais aussi la nécessité de préserver du temps pour lui, pour marcher et s’aérer l’esprit. Il s’est emparé des réseaux sociaux comme d’un terrain de jeu et d’expression. Sur LinkedIn, il devient le « DRH défroqué », partageant ses réflexions sur le monde du travail avec un ton décalé. Sur Instagram, il s’invente un alter ego, Franck François, un chanteur kitch en costume léopard. Pour lui, les réseaux sociaux sont un lieu de mise en scène où, « quitte à mentir, autant se mettre en scène ».
Il partage sa vision de la création de contenu : non pas porter une idée, mais « être porté par une idée », en allant chercher un détail pour en raconter l’histoire.
Pour aller plus loin
- La page Wikipédia de France Info
- La page Wikipédia de Canal+
- Le profil LinkedIn de David Abiker
- Le compte Instagram de David Abiker
- Le compte Twitter de David Abiker
- La page Facebook de David Abiker
- La revue de presse de David Abiker sur Europe 1
Les références de l’épisode
- Personnes : Daniel Schneiderman, Patrick Veil, Philippe Laurent, Dov Zerah, Jean-Michel Elvig, Alexandre Boussajon, Patrick Roger, Gilles Schneider, Laurent Guimier, Guy Birenbaum, Nikos Aliagas, Canteloup, Sacha Golberger, Joël Dicker, Chantal Jouanno, Emmanuelle Wargon, Louis Dumoulin, Jacob Abou, Bruno Fridlansky, Sandrine Sarroche.
- Personnages : Franck François, Mamika.
- Œuvres : « Le musée de l’homme » (livre de David Abiker).
- Médias et émissions : Arrêt sur image (France 5), Big Bang Blog, La Nouvelle Édition (Canal+), Portrait de familles (Gulli), Des clicks et des clacks (Europe 1), C’est arrivé cette semaine (Europe 1), La revue de presse (Europe 1), France Inter, France Info, Marie Claire, Libération, Le Parisien, Le Nouvel Obs, Management, Zéro 1 net, Courrier cadre.
- Institutions et entreprises : Sciences Po, Monnaie de Paris, groupe Dagris, Comédie-Française, Philips.
- Lieux : Bois de Boulogne, Suresnes, Normandie, Caen, Marseille, Paris, Draguignan, Saint-Tropez, Sceaux, Anières-sur-Seine, Versailles.
Au fil de l’épisode
- Le début de l’interview en pleine balade dans le bois de Boulogne.
- La présentation de David Abiker et de son alter ego, le chanteur Franck François.
- Sa vision des réseaux sociaux comme un lieu de mise en scène et de performance.
- Ses débuts sur Internet avec le « Big Bang Blog » en 2003, aux côtés de Daniel Schneiderman.
- Son enfance et son adolescence entre la Normandie et Marseille.
- Ses études à Sciences Po, son service militaire dans l’artillerie et ses débuts professionnels difficiles.
- Sa première carrière : attaché de direction, consultant, puis directeur de la communication et DRH à la Monnaie de Paris.
- Comment il a commencé à écrire des tribunes et a été repéré pour l’émission « Arrêt sur image ».
- Le tournant de sa vie en 2005 : un diagnostic de cancer en plein succès de son premier livre.
- La décision de tout quitter pour devenir chroniqueur à plein temps, en commençant par France Info.
- Son statut de chroniqueur indépendant, renouvelé par contrats annuels.
- Sa routine matinale pour la revue de presse d’Europe 1, avec un réveil à 3 heures du matin.
- L’importance de préserver du temps pour soi et de s’échapper de Paris.
- Sa réflexion sur le rapport à l’argent en France.
- Comment il a investi LinkedIn pour y créer son personnage de « DRH défroqué ».
- Sa philosophie de la création de contenu, basée sur l’émotion et le détail.
- Ses trois conseils pour ceux qui veulent changer de vie professionnelle : ne pas lâcher la proie pour l’ombre, questionner son désir et avoir un client.
- Son admiration pour le métier de comédien et son rêve d’être sociétaire de la Comédie-Française.
- Sa passion pour l’animation de séminaires.
- Le conseil qu’il donnerait au jeune David Abiker : partir à l’étranger sans hésiter.
FAQ
Qui est David Abiker ?
David Abiker est un journaliste et chroniqueur français. Connu pour sa revue de presse sur Europe 1 et ses interventions sur Canal+, il a eu une première carrière dans les ressources humaines, notamment comme DRH de la Monnaie de Paris. Il est également très actif sur les réseaux sociaux, où il commente l’actualité du monde du travail avec humour sous le pseudonyme de « DRH défroqué ».
Pourquoi David Abiker a-t-il changé de carrière ?
Le changement de carrière de David Abiker a été déclenché par un diagnostic de cancer en 2005. Cette épreuve l’a convaincu de quitter la sécurité de son poste de DRH pour se consacrer entièrement à sa passion pour l’écriture et les médias. Il a alors saisi l’opportunité de devenir chroniqueur à plein temps, d’abord sur France Info, pour ne plus avoir de regrets.
Qu’est-ce que le « DRH défroqué » ?
Le « DRH défroqué » est le personnage que David Abiker incarne sur le réseau social professionnel LinkedIn. Fort de son expérience passée en tant que directeur des ressources humaines, il utilise ce compte pour publier des chroniques et des réflexions décalées sur la vie en entreprise, le management, le recrutement et les angoisses professionnelles, en adoptant un ton libre et souvent humoristique.
Comment David Abiker utilise-t-il les réseaux sociaux ?
David Abiker utilise les réseaux sociaux comme une extension de son travail de chroniqueur et un laboratoire de création. Sur LinkedIn, il analyse le monde du travail. Sur Instagram ou Twitter, il partage son quotidien, ses lectures, et s’amuse à créer des personnages comme Franck François, un chanteur parodique. Pour lui, c’est un moyen d’élargir son audience et d’expérimenter de nouvelles formes de narration.
Quelle est la routine de David Abiker pour sa revue de presse sur Europe 1 ?
Pour sa revue de presse matinale, David Abiker suit une discipline stricte. Il se lève à 3h du matin, arrive à la station vers 4h, et prépare sa chronique pour une diffusion en direct. Après l’émission, il rentre chez lui pour dormir jusqu’à midi. L’après-midi est consacrée à ses autres activités, comme sa chronique sur Canal+, et à des moments de détente essentiels à son équilibre, comme sa promenade quotidienne au bois de Boulogne.
