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#49 Joël Dicker – La vérité derrière l’affaire Harry Quebert – vendre 5 millions de livres avant 30 ans

Écrivain suisse au succès fulgurant, Joël Dicker est l'auteur du phénomène mondial « La vérité sur l'affaire Harry Quebert », vendu à plus de 5 millions d'exemplaires. Pourtant, la route a été longue. Dans cet entretien, il revient sur son parcours singulier : ses études de droit choisies par phobie des maths, ses cinq premiers romans tous refusés par les éditeurs, et sa discipline de fer qui le pousse à se lever à 4 heures du matin. Il partage sa définition du succès, héritée de son éditeur Bernard de Fallois, et raconte les coulisses d'un best-seller que personne, pas même lui, n'attendait.

Joël Dicker, du droit au succès littéraire, la discipline d'un écrivain à 5 millions d'exemplaires

Le feu sacré

Avant de devenir l’un des romanciers francophones les plus lus, Joël Dicker a cherché sa voie. Il raconte son passage par le Cours Florent à Paris, où il découvre qu’il aime jouer la comédie mais n’a pas « le feu sacré » pour être acteur. Il se lance alors dans des études de droit à Genève, une matière qui l’intéresse mais qu’il choisit aussi par « une horreur absolue des mathématiques ». Là encore, le même constat s’impose : il pourrait devenir un avocat correct, mais être simplement correct lui semble peu ambitieux. Parallèlement, il se passionne pour la musique et devient batteur dans un groupe prometteur. Mais le projet s’effondre face au manque d’engagement des autres membres, le laissant face à une évidence : l’écriture est la seule voie où il peut être seul maître de son destin.

« Ce que je faisais était bien mais je n’avais pas le feu sacré. Être correct, ce n’est pas assez ambitieux. »

La discipline et les échecs

Pendant ses cinq années de droit, Joël Dicker écrit un roman par an. Cinq livres qu’il envoie aux maisons d’édition et qui sont systématiquement refusés. Cette période de doutes ne l’arrête pas. Il développe une discipline de fer, se levant chaque jour à 4 heures du matin pour écrire. C’est pour lui le meilleur moment pour être créatif et mesurer son envie. Cette routine lui permet de se connecter à son plaisir d’écrire, qu’il considère, sur les conseils de son éditeur Bernard de Fallois, comme la véritable définition du succès, bien avant la reconnaissance commerciale. Il apprend à faire confiance à son instinct, celui qui lui dit d’arrêter le droit pour se consacrer à sa passion, malgré l’absence de résultats concrets.

« Le succès, qu’est-ce que c’est ? C’est le plaisir qu’on a à mener un projet. »

La rencontre qui change tout

Après ses études, Joël Dicker trouve un poste d’attaché parlementaire qui lui laisse ses journées pour écrire son sixième roman. C’est à cette période qu’une rencontre va tout changer. Grâce à un prix littéraire genevois, son cinquième manuscrit, « Les derniers jours de nos pères », arrive entre les mains du grand éditeur parisien Bernard de Fallois. Celui-ci décide de le publier. Le livre sort en janvier 2012 mais ne se vend qu’à 300 exemplaires. C’est un coup dur. À quelques mois de la fin de son contrat, sans perspective d’emploi, Joël Dicker est sur le point de tout abandonner, allant jusqu’à proposer ses services pour nettoyer les toilettes d’une banque.

« J’ai compris alors la différence entre le succès commercial et le succès personnel. »

Le phénomène Harry Quebert

Alors qu’il est au plus bas, il envoie sans grande conviction son nouveau manuscrit, « La vérité sur l’affaire Harry Quebert », à Bernard de Fallois. L’éditeur est immédiatement convaincu de tenir un chef-d’œuvre et lui promet un immense succès. Pas un succès commercial, qu’il ne peut garantir, mais le succès d’un projet mené avec un plaisir fou. Porté par cette énergie, Joël Dicker se lance. Le livre sort à la fin de l’été 2012 avec un premier tirage de 6 000 exemplaires. Contre toute attente, le succès est foudroyant. Le roman reçoit le Grand Prix du roman de l’Académie française, le Goncourt des Lycéens, et les ventes explosent pour atteindre 5 millions d’exemplaires dans le monde. Une consécration qui, selon lui, doit tout à la conviction d’un homme.

« L’inspiration c’est comme un muscle, plus tu t’entraînes, plus tu le nourris, plus il grandit. »

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : Bernard Werber, Jean-Jacques Annaud, Patrick Dempsey, Bernard de Fallois, Winston Churchill, Charles de Gaulle, Cristiano Ronaldo, Zlatan Ibrahimović, Paolo Coelho, Christopher Nolan.
  • Œuvres : « La vérité sur l’affaire Harry Quebert », « Les derniers jours de nos pères », « Le Livre des Baltimore », « La Disparition de Stephanie Mailer », les films Dunkerque et The Darkest Hour.
  • Institutions et entreprises : Cours Florent, Universal Music, MySpace, Parlement du canton de Genève, Éditions de Fallois, Académie française, Prix Goncourt, SOE (Special Operations Executive).
  • Publications : La Gazette des animaux, Tribune de Genève, Le Figaro.

Au fil de l’épisode

  • Sa formation de juriste à Genève et son passage au Cours Florent à Paris.
  • La prise de conscience de ne pas avoir le « feu sacré », ni pour le droit, ni pour le métier d’acteur.
  • Sa passion pour la musique et l’échec de son groupe, qui le pousse vers l’écriture en solitaire.
  • Sa discipline d’écriture : un réveil à 4 heures du matin pour être créatif et au calme.
  • Sa définition du succès, inspirée par son éditeur : le plaisir que l’on prend à mener un projet.
  • L’écriture de ses cinq premiers romans, tous refusés par les éditeurs.
  • La difficulté d’obtenir des retours honnêtes de son entourage sur ses manuscrits.
  • Sa décision d’arrêter le droit après son master pour suivre son instinct, malgré les échecs.
  • L’importance du travail acharné, illustrée par l’exemple du footballeur Cristiano Ronaldo.
  • Son poste d’attaché parlementaire qui lui a offert deux ans pour écrire.
  • La rencontre décisive avec son éditeur, Bernard de Fallois, qui publie son premier roman, « Les derniers jours de nos pères ».
  • Les coulisses de ce roman historique sur les services secrets britanniques (SOE) pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Son expérience de « plus jeune rédacteur en chef de Suisse » avec sa « Gazette des animaux », fondée à 10 ans.
  • L’échec commercial de son premier livre publié et sa recherche désespérée d’un travail.
  • Le moment où il envoie le manuscrit de « L’affaire Harry Quebert » à son éditeur, sans y croire.
  • La conviction et l’enthousiasme de Bernard de Fallois, qui lui promet un projet formidable.
  • Le succès phénoménal et inattendu du livre, qui a changé sa vie.
  • Son rapport aux lecteurs et l’importance qu’il accorde à chaque rencontre, même pour un seul livre vendu.
  • Son processus créatif : il ne connaît pas la fin de ses romans en commençant et coupe d’énormes passages.
  • L’importance du sport et de la déconnexion pour se ressourcer et échapper à l’hyper-connexion.

FAQ

Qui est Joël Dicker ?

Juriste de formation né à Genève, Joël Dicker est un écrivain suisse. Il est devenu mondialement célèbre avec son roman « La vérité sur l’affaire Harry Quebert », vendu à 5 millions d’exemplaires et traduit en 40 langues. Avant de connaître le succès, il a écrit cinq romans qui ont tous été refusés par les maisons d’édition.

Quel a été le parcours de Joël Dicker avant de devenir écrivain ?

Avant de se consacrer à l’écriture, Joël Dicker a exploré plusieurs voies. Après une année au Cours Florent à Paris, il a entrepris des études de droit à Genève, en partie pour éviter les mathématiques. Parallèlement, il se passionnait pour la musique et a été batteur dans un groupe. Il a aussi travaillé comme attaché parlementaire avant que sa carrière d’écrivain ne décolle.

Comment Joël Dicker a-t-il connu le succès ?

Le succès est arrivé après de nombreux échecs. Ses cinq premiers romans ont été systématiquement refusés. C’est son sixième livre, « La vérité sur l’affaire Harry Quebert », qui a changé son destin. Porté par la conviction de son éditeur Bernard de Fallois, le roman, sorti discrètement, est devenu un immense succès critique et commercial, recevant notamment le Grand Prix du roman de l’Académie française.

Quelle est la routine d’écriture de Joël Dicker ?

Joël Dicker s’impose une discipline de travail très stricte. Il se lève généralement vers 4 heures du matin pour profiter du calme et de sa créativité. Pour lui, l’inspiration est comme un muscle qui se travaille et se nourrit par l’effort quotidien. Il peut passer des journées entières à écrire, considérant que le plaisir qu’il prend dans ce processus est la vraie définition du succès.

Pourquoi le livre « Les derniers jours de nos pères » est-il particulier ?

C’est le premier roman de Joël Dicker à avoir été publié, mais le cinquième qu’il a écrit. D’abord refusé par tous, il a finalement été édité par Bernard de Fallois. C’est un roman historique qui se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale et s’intéresse au SOE, les services secrets britanniques. Son échec commercial initial a failli pousser Joël Dicker à abandonner l’écriture.

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