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Plongeur du renseignement : la dernière infiltration indétectable ?

Plongeur au 2e régiment de hussards, le lieutenant Guillaume pratique un métier hors du commun. Sa spécialité : l'infiltration subaquatique pour le renseignement. Une mission qui le conduit dans les rivières, mais aussi dans les réseaux d'égouts sous les villes pour approcher l'ennemi en toute discrétion. Une fois sur la terre ferme, une autre facette de son travail commence : la recherche d'informations au contact de la population. Il raconte les exigences physiques et mentales de la plongée, les finesses du renseignement humain et un parcours de près de vingt ans au sein de l'armée de Terre.

lieutenant Guillaume, l'infiltration subaquatique au service du renseignement

Un métier hors-norme : l’infiltration par les égouts

Le lieutenant Guillaume est plongeur du renseignement au 2e régiment de hussards. Sa mission principale consiste à s’infiltrer sous l’eau pour recueillir des informations sur l’adversaire. Ce mode d’action permet de s’affranchir des axes routiers et d’opérer avec une discrétion maximale, les appareils de plongée à oxygène pur n’émettant aucune bulle. Si l’on pense spontanément aux rivières, son terrain d’action inclut aussi des milieux plus hostiles comme les réseaux d’égouts, un moyen efficace pour pénétrer une ville sans être détecté. Il se souvient de sa première expérience lors d’un stage à Angers, où il a dû entrer dans des canalisations de 80 cm de diamètre depuis la Maine pour ensuite progresser dans la partie sèche du réseau et commencer la mission de reconnaissance.

« Il faut avoir confiance au matériel, confiance au chef aussi. Non, là, il ne faut pas réfléchir. Il faut y aller. »

Capteur sur le terrain

Une fois l’infiltration réussie, le cœur de la mission est la recherche d’informations. Cela peut consister à poser des capteurs, à effectuer des prises de vue ou à insérer une équipe. Le lieutenant Guillaume a mené des missions de renseignement humain au Tchad et en République centrafricaine, où il a passé jusqu’à seize jours en autonomie complète. Le but est de comprendre l’environnement et les populations pour répondre aux questions du commandement : localisation d’un groupe armé, identification d’un chef, etc. Pour cela, il constitue des réseaux de contacts et mène des entretiens. Il explique l’importance des techniques de communication, comme l’art de poser des questions ouvertes ou de pratiquer l’écoute active en reformulant les propos de son interlocuteur.

L’expérience du terrain est primordiale, notamment pour déceler les contradictions dans un discours ou pour s’adapter à des cultures très différentes, où les réactions et les codes non-verbaux ne sont pas les mêmes que dans le monde occidental.

De la Légion aux Hussards

Engagé au 17e régiment de génie parachutiste, le lieutenant Guillaume a débuté sa carrière comme sous-officier. Sa première mission l’a conduit en Guyane, où il a été intégré pour quatre mois au 3e REI, découvrant le quotidien de la Légion étrangère. C’est après cette expérience qu’il choisit de devenir plongeur. Après plusieurs années, il demande sa mutation au 2e régiment de Hussard pour se spécialiser dans le renseignement. Il y déroule une carrière complète de sous-officier jusqu’au grade d’adjudant-chef.

Sentant le besoin de se relancer et attiré par de plus grandes responsabilités, il décide de passer le concours interne pour devenir officier. Un choix qui l’a obligé à « recommencer un peu à zéro » comme jeune lieutenant, mais qu’il ne regrette absolument pas.

Le cheval, une autre école du commandement

En parallèle de sa carrière de plongeur, le lieutenant Guillaume a découvert une autre passion : l’équitation. C’est son épouse, militaire elle-même et maître de manège, qui l’a initié il y a une vingtaine d’années. Il explique que la pratique de ce sport, au-delà de la tradition dans la cavalerie, est un formidable outil de formation. Monter un animal de plusieurs centaines de kilos exige une grande maîtrise de soi, une qualité essentielle pour un soldat. L’équitation apprend aussi la dissociation de l’attention — faire des actions différentes avec ses mains et ses pieds — une compétence utile, par exemple, pour les pilotes d’hélicoptère.

Il raconte également la vie d’un couple de militaires, où la compréhension mutuelle des contraintes du métier est un atout. Il évoque ainsi la naissance de son fils, qu’il a apprise alors qu’il était en mission dans le désert au Mali, recevant les photos du bébé par radio militaire.

Maîtriser le risque et soi-même

La plongée militaire comporte des risques spécifiques. Le lieutenant Guillaume détaille les dangers liés à l’utilisation d’un appareil à oxygène pur, comme l’hyperoxie (une crise s’apparentant à l’épilepsie) ou l’hypercapnie (intoxication au CO2 si le système de recyclage de l’air est défaillant). L’environnement lui-même est une menace : le courant, les obstacles immergés comme des arbres ou des carcasses de voiture peuvent piéger un plongeur. Il raconte s’être déjà retrouvé coincé sous l’eau, obligé de couper la sangle qui le reliait à son binôme pour se libérer.

Face à ces situations, le calme est la meilleure des armes. Selon lui, la maîtrise de soi n’est pas innée mais s’acquiert par la multiplication des expériences difficiles. C’est en s’exposant à des situations inhabituelles et exigeantes, que ce soit en stage commando ou en opération, que le corps et l’esprit apprennent à résister et à ne pas céder à la panique.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : Capitaine Brault.
  • Unités et écoles militaires : 2e régiment de hussards, 17e régiment de génie parachutiste, 3e REI (Régiment Étranger d’Infanterie), École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Saint-Maixent, École de cavalerie de Saumur.
  • Lieux : Angers (la Maine), Alsace, Tchad, République centrafricaine, Guyane, Mali.
  • Série télévisée : « Lie to Me ».
  • Matériel : Véhicule Blindé Léger (VBL).

Au fil de l’épisode

  • Le métier de plongeur du renseignement : l’infiltration subaquatique.
  • L’exemple d’une mission d’entraînement dans les égouts d’Angers.
  • Les risques spécifiques aux interventions en milieu confiné et suburbain.
  • Le passage de l’équipement de plongée à la tenue de combat terrestre.
  • La rusticité et l’exigence des formations de plongeur militaire.
  • La pertinence de l’infiltration subaquatique à l’ère des drones.
  • Le récit d’une mission de 16 jours en autonomie en République centrafricaine.
  • La recherche de renseignement humain au Tchad : créer un réseau de contacts.
  • Les techniques de communication pour mener un entretien : questions ouvertes et écoute active.
  • La difficulté de travailler avec un interprète.
  • Comment détecter le mensonge et l’importance de l’adaptation culturelle.
  • L’exercice de l’« icebreaking » pour obtenir une information.
  • Son parcours : du génie parachutiste à la Légion, puis plongeur chez les hussards.
  • Sa rencontre avec son épouse, également militaire, à l’école des sous-officiers.
  • Sa découverte de l’équitation et les parallèles avec le métier de soldat.
  • Ce que l’équitation apprend sur la maîtrise de soi et la gestion du stress.
  • La vie d’un couple de militaires et la gestion des absences.
  • Le souvenir de la naissance de son fils, apprise en pleine mission au Mali.
  • Les autres missions des plongeurs, comme la reconnaissance de berges pour le franchissement.
  • Les risques techniques de la plongée à oxygène pur : hyperoxie et hypercapnie.
  • Les dangers du milieu : comment il s’est retrouvé piégé sous l’eau par un obstacle.
  • L’acquisition du sang-froid par la répétition d’expériences difficiles.
  • Sa décision de devenir officier après une carrière de sous-officier.
  • Ses conseils à un jeune sergent qui débute sa carrière.
  • La valeur qui le guide : l’honneur.

FAQ

Qui est le lieutenant Guillaume ?

Le lieutenant Guillaume est un officier de l’armée de Terre servant au 2e régiment de hussards. Avec près de 20 ans de service, il est spécialiste de l’infiltration subaquatique et du renseignement humain. Il a commencé sa carrière comme sous-officier au sein du génie parachutiste avant de devenir plongeur, puis de passer le concours interne pour devenir officier. Il a participé à de nombreuses opérations extérieures, notamment au Tchad, en République centrafricaine et au Mali.

En quoi consiste le métier de plongeur du renseignement ?

Le métier de plongeur du renseignement combine deux spécialités. La première est l’infiltration en milieu aquatique (rivières, lacs, mais aussi égouts) à l’aide d’équipements discrets qui ne produisent pas de bulles. L’objectif est d’approcher une zone ou un objectif sans être détecté. La seconde est la collecte de renseignement une fois à terre, par l’observation, la pose de capteurs ou le contact avec la population locale pour obtenir des informations d’intérêt militaire.

Quelles sont les techniques de renseignement humain évoquées ?

Le lieutenant Guillaume évoque plusieurs techniques de renseignement humain basées sur la communication. Il insiste sur l’importance de poser des questions ouvertes pour ne pas induire la réponse, et de pratiquer l’écoute active, qui consiste à reformuler les propos de son interlocuteur pour s’assurer de bien comprendre et l’encourager à développer. Il mentionne aussi l’analyse des contradictions dans un discours pour évaluer la fiabilité d’une information.

Quels sont les risques de la plongée militaire ?

La plongée militaire, surtout avec un appareil à oxygène pur, comporte des risques physiologiques comme l’hyperoxie (convulsions dues à un excès d’oxygène) ou l’hypercapnie (intoxication au CO2). S’y ajoutent les dangers de l’environnement, particulièrement en rivière : le courant, le manque de visibilité et les obstacles immergés (arbres, débris) qui peuvent piéger un plongeur et l’empêcher de remonter à la surface.

Pourquoi l’équitation est-elle pratiquée dans l’armée ?

L’équitation est pratiquée dans l’armée à la fois par tradition, notamment dans les régiments de cavalerie, et comme outil de formation. Selon le lieutenant Guillaume, ce sport est très révélateur des personnalités et enseigne des qualités essentielles pour un militaire : la maîtrise de soi face à un animal puissant, la gestion du stress et la confiance. Elle permet aussi de travailler des compétences techniques comme la dissociation de l’attention, utile aux pilotes.

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